Chap 160 : Rennes , la ville chaude . Le caporal épinglé.
28.09.2009
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Par marc morvillers
Quand arrivèrent les dates fatidiques des concours, il fallut, bien entendu,
s' organiser pour les inscriptions et la logistique, notamment le logement sur place car rien ne se passait à Saint-Brieuc.
Il faisait affreusement chaud cet été-là, ce qui ajoutait à l' angoisse normale due aux examens proches.
Par chance, Jacques Frangeul, (celui dont la soeur fumait la pipe...) s' était proposé pour m' héberger pendant cette période car son autre soeur habitait Rennes.
Rennes, ville universitaire par excellence, où l' on pouvait passer à peu près tous les concours que l' on voulait.
Je débarquais un dimanche soir chez la dite soeur et j' y retrouvai Jacques. Elle était mariée et avait une petite fille.
L' appartement était joliment installé et très bien exposé au soleil. Elle était beaucoup plus"dans les normes" que la fumeuse de pipe, très vive, très enjouée. Son mari aussi était un
gai luron, un commercial itinérant.
Et le bébé ? A vrai dire je ne m' en souviens plus tellement, mais je sais
qu' elle existait, en tous les cas, elle ne nous a pas empêché de dormir. Ce qui nous a plutôt gêné, c' est de dormir à deux dans un canapé avec la chaleur environnante.
Il y eut un problème pendant ce court séjour à Rennes, c' est le manque
d' eau potable. Rennes est une ville qui a subit une forte croissance de sa population en peu de temps et le manque d' eau se faisait sentir pendant les périodes chaudes. L' eau était ouverte deux
heures le matin et deux heures le soir. A quatre grandes personnes dans l' appartement, cela était assez compliqué.
Mais finalement, grâce à la jovialité du couple qui nous accueillait, cet inconvénient fût plutôt transformé en partie de rigolade. Ce fût une expérience pour moi que de vivre dans une famille où
le couple s' entendait bien, ils étaient jeunes et très à l' unissons, ils riaient ensemble et communiquaient leur joie. Je n' avais connu que des couples qui s' entendait pas ou mal et souvent
entouré de personnes très agées comme au Mans, des maris qui lisaient leur journal à table. Les deux ou trois soirées que je passai à Rennes sont à marquer d' une pierre blanche car il me fallut un
certain nombre d' années avant de me retrouver dans un foyer joyeux. C' est la première fois aussi que je vivais en appartement, je n' ai pas eu vraiment le temps de me faire une opinion. Je me
souviens avoir été frappé par le système des poubelles que l' on jetait dans une trappe et qui provoquait un bruit infernal en glissant d' étage en étage jusqu' à la poubelle centralisée au
sous-sol....
Le beauf était un acharné de Jacquet. Il nous entraîna dans des parties d' anthologie. Comme les jours étaient longs et l' appartement bien exposé, nous jouions jusqu' aux derniers rayons de
soleil.
Un soir, Jacques et moi, nous nous sommes décidés à aller au cinéma.
C' était la sortie du "Caporal épinglé", un film de Renoir en noir et blanc, que l' on revoit de temps en temps à la télé. Nous pensions qu' il s' agissait d' un film comique puisqu' il y
avait Jean Carmet. Ses partenaires étaient Jean-Pierre Cassel, Claude Brasseur, Claude Rich. Effectivement, on rit un peu, mais vraiment peu. C' est un grand film, mais ce soir-là, angoissé à
outrance par le concours, je suis passé à côté...
Je ne suis pas certain d' avoir passé d' autres épreuves.De toute façon, ce ne fût
pas glorieux et j' avais hâte de regagner les plages de la côte d' opale...