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ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité

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chap 159 : Retour de flamme

Pour bien comprendre ce chapitre, il faut revenir au tout début de mon blog.
Je ne numérotais pas encore les chapitres. L' article concerné s' appelle "Premier Baiser" et il date d' août 2007.
Eh oui ! Déjà plus deux ans que j' essaie d' intéresser quelques lecteurs avec les histoires qui ont émaillé ma jeunesse!
Pendant les vacances de 1961, j' avais donc rencontré Frédérique à Fort-Mahon. De retour à St-Brieuc et elle à Douai, nous avions évidemment correspondu. Elle m' envoyait des lettres très parfumées, ce qui me faisait chambrer, non seulement par le vaguemestre de service, mais par tous mes camarades, tellement le parfum se répandait dans la salle d' études.
Les échanges avec toutes les participantes au concours qui m' avait valu le voyage en Afrique, avaient plus ou moins cessés sauf avec Andrée Dumortier qui était fidèle et régulière et dont j' aurai l' occasion de reparler.
Avec Frédérique, nous échangions nos "épîtres" à peu près une fois par semaine.
Les vacances de la Toussaint furent les bienvenues et de retour à Moreuil, je questionnai mon père sur la possibilté d' aller à Douai pendant ma semaine de congés. Je lui avouai pourquoi évidemment, ma mère était contre ce voyage mais mon père voyait ça d' un bon oeil.
Mon père pratiquait avec certains confiseurs du Nord des livraisons que je qualifierais  de "spéciales".  D' habitude, il livrait lui-même, mais en l' occurence je pouvais faire office de chauffeur-livreur. Comme la cellophane à emporter ne dépassait pas deux cents kilos, il me confia le break ID et me voilà parti à Douai, sous le regard noir de ma mère, où par le plus grand des hasards  se tenait le confiseur et l' habitation de Frédérique.
Délesté des rouleaux de papier transparent, je sonnai à la porte de mon amie. Il s' agissait d' un appartement dans un HLM. Outre Frédérique, je fus accueilli par sa maman et sa petite soeur. Le père travaillait en équipe et j' aimais autant car il parlait le français avec difficulté, étant émigré hongrois.
Je me sentis tout de suite assez mal à l' aise. Etait-ce Frédérique que je ne retrouvais pas telle que je l' avais laissée à Fort-Mahon, toute bronzée ? Etait-ce d' être un peu confiné dans ce petit appartement ? Je ne sais pas. En tous les cas mon malaise grandit quand la maman me demanda d' ouvrir une bouteille de champagne. Chez nous, à Moreuil, on ouvrait peut-être une bouteille dans l' année au jour de l' an, au Mans c' est sûr, c' était plus souvent car ma tante aimait ça.
Mais cela m' a paru déplacé d' ouvrir cette bouteille en pleine semaine, sans le père de famille. 
Le repas aussi, fût comme un repas de cérémonie et pour clore, un gâteau confectionné par Frédérique comme me le souligna la maman...Un air de me dire que sa fille ainée, déjà très douée en couture ( elle travaillait en confection), savait aussi faire la cuisine. En moi-même je me disais :" ils m' attendaient comme un fiancé, et moi je ne suis pas prêt du tout, et encore moins depuis que je suis entré dans cet appartement." Je dûs me rendre à l' évidence que les amourettes de vacances ne sont pas faites pour durer. Plus rien ne subsistait en moi de l' engouement que j' avais éprouvé sous le soleil de Fort-Mahon.

Je pris la route après le repas sans un moment d' intimité avec Frédérique, je ne l' ai pas cherché non plus.
Nous avons encore échangé quelques lettres puis je décidai de rompre,
c' était plus correct. J' ai reçu une lettre pas gentille du tout en retour. C' était la moindre des choses.
Un an ou deux après, j' ai croisé Frédérique un jour où il y avait une course de karting à Moreuil. Elle était venue avec des amis et sa petite soeur. Nos regards se sont rencontrés une seconde et ce fût tout.  Dans la semaine suivante, je reçus une dernière lettre me disant qu' elle n' était surtout pas venue à Moreuil pour me revoir et que c' était tout à fait par hasard que nous nous étions croisés.



DOUAI

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