Overblog Tous les blogs Top blogs Maison, Déco & Bricolage Tous les blogs Maison, Déco & Bricolage
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité

Publicité

chap 155 : Le rallye du 1° mai

Traditionnellement le lycée St-Louis au Mans organisait un rallye-charade le 1° mai. Le maître d' oeuvre de cette aventure était notre prof de sciences nat : M. Tardiff, celui qui arrivait toujours en retard, voir chapitre 104. Ce rallye était ouvert aux anciens élèves, parents et amis.
En 1961, j' étais un ancien élève, je reçus donc l' invitation et forçai la main à l' oncle et la tante pour qu' ils nous inscrivent tous les trois, moi, en tant que pilote évidemment. Mon oncle décréta qu' on prendrait la petite Dauphine de la tante qui conviendrait mieux à un parcours fait de petites routes de campagne. Il était dit dans l' invitation que les organisateurs nous réservaient une surprise pour l' après-midi. Le rallye devait se dérouler essentiellement le matin et se terminer  par un repas sous chapiteau. Mais quelle était cette surprise ?
Nous partîmes sous un soleil radieux dans l' efferversence bon-enfant de ce genre de manifestattion. Je remarquai qu' il y avait un participant pas comme les autres , Fernand Tavano, gentleman-driver de l' époque, dont j' ai déjà parlé comme concurrent des 24 heures du Mans, il était aussi champion de France de la montagne. Il pilotait l' Alfa-Roméo Gulietta TI, la meilleure voiture de tourisme de ces années-là, qui appartenait à Treille, un ancien élève. Manifestement, il ne venait pas là pour faire de la figuration.
Très vite le soleil nous abandonna pour faire place à des giboulées. L' oncle et la tante s' amusaient comme des fous à résoudre les énigmes et moi je conduisais...cela m' allait bien car je ne suis pas un fana des charades. Nous progressions par à coup et tant bien que mal nous nous sommes retrouvés vers midi, sous la pluie et sous une tente dans les jardin de Sablé sur Sarthe (chers aujourd' hui à François Fillon)
Restait à découvrir la surprise. Il y avait bien eu quelques réflexions dans les groupes concernant la présence de Fernand Tavano, mais rien de certain. Vers la fin de repas, Tardiff prit un micro et fit l' annonce suivante : "Exceptionnellement, notre manifestation se terminera par une épreuve chronométrée, en fait une petite course de côte,  dans le jardin de Sablé . " Hourra de la foule en délire ! C' est à ce moment-là que j' ai commencé à avoir des tremblements nerveux dans la jambe droite, celle qui sert à accélérer...
Le parcours consistait en quelques lacets sur une piste bombée, fortement humide, et se terminait par un vaste virage en cercle entouré d' arbres. Le tout était extrêmement glissant. Je n' arrivais pas à domininer mon trac. L' attente avant le départ qui se donnait toutes les 30 secondes était insoutenable. Fernand Tavano a réalisé le meilleur temps sans problème, c' était de loin le meilleur pilote sur la meilleure voiture.
Je me souviendrai toujours de cette montée. Je donnais trop de gaz, la Dauphine patinait, montait en crabe, faisait du sur-place. Arrivé dans le grand virage final, je me mis en travers et finalement la voiture fît un tête-à-queue non pas magistral, mais chanceux. J' eus la présence d' esprit d' enclancher la marche arrière pour passer la ligne d' arrivée. J' eus alors l' impression de redescendre sur terre, j' allais voir mon temps, il était lamentable...
Dans l' hilarité générale qui faisait suite à un repas bien arrosé, les participants et leurs familles, massés sur le parcours; ne se sont pas rendu compte qu' ils étaient passé à côté d' une catastrophe. Si la Dauphine avait fait un tonneau à la place d' une glissade, ce ne sont pas les quelques ballots de paille disposés dans le virage qui auraient pu protéger les spectateurs. Mon ange gardien a bien travaillé ce jour-là. Ce souvenir est vraiment très amer pour moi car je pensais jusqu' à ce jour-là que je pourrais faire un pilote honnête, or, j' avais nettement manqué de self-contrôle.


NB : Quelques années plus tard, la Dauphine , conduite par ma tante, est partie en tonneau et a trouvé sa fin. Ma tante
s' en est sortie sans une égratignure....
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article