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ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité

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chap 126 : Prix d' Honneur !

Avec deux enterrements la semaine du bac, on ne peut pas dire que l' ambiance était à la décontraction dans la maison. Par la force des choses, j' ai été dispensé des cérémonies.
L' examen s' est relativement bien passé. Je me souviens seulement des deux anecdotes concernant mon collègue Nutte que je vous ai racontées il y a quelques jours. Le fait qu' il ait copié son devoir de math sur moi, m' a en fait rassuré, car je le savais bon dans cette matière. Je me suis dis :" Ce que j' ai fait a dû lui plaire, j' ai une chance que ce soit juste."
A cette époque, le seul moyen de savoir si on était reçu était de faire la queue devant les listes affichées au lycée. Je fus bien content d' y voir mon nom. Pas de mention. Les mentions, même " Assez Bien" étaient très rares en ce temps-là. Ce n' est pas que les élèves étaient nuls, c' est que les correcteurs notaient très sévèrement.
De retour à la maison, j' annonçais le résultat à ma tante, qui fût bien contente de cette bonne nouvelle au cours d' une semaine plus que sombre. J' allais ensuite au bureau de mon oncle qui se trouvait à 200 m.
Il eût l' air de celui qui n' est pas étonné. Comme nous n' avions pas le téléphone à la maison, mon oncle appela mon père et me le passa.
Celui-ci avait toujours beaucoup de mal à contenir ses émotions. Dans ce cas, ce fût un torrent de larmes. J' essayais de ne pas y ajouter les miennes. Il faut se rendre compte qu' en 1960, avoir son bac nous faisait rentrer dans une catégorie de jeunes privilégiés auxquels l' avenir devait sourire, ce qui s' avérait faux la plupart du temps, mais donnait au moins 
l' espoir de s' élever dans la société. Donc mon père était content, très content.
Cette semaine-là, il eût aussi la remise des prix.
Je ne vous ai jamais parlé de cette cérémonie qui n' existe plus maintenant, du moins je suppose. Depuis mes premières années d' école, tous les ans, quelques jours avant la fermeture de l' été, on nous réunissait sous le préau, on sortait toutes les chaises, on montait une estrade. Les parents étaient conviés. Les mamans mettaient leur plus belle tenue et leur plus beaux chapeaux. Les papas n' étaient jamais là, ou très rarement à cause de leur travail. C' est ma tante qui venait évidemment. Tous les ans, je ramenais un paquet de livres que je ne lisais jamais. C' était les invendus des libraires...La pile était plus ou moins grosse, cela dépendait du nombre de premières places dans chacune des matières.
Je ne raffolais pas de ce genre de cérémonie car c' était très long...il fallait se "coltiner"  les résultats de toutes les classes...interminable.
En 1960, St-Louis mit "les petits plats dans les grands" et invita parents et élèves au Cinéma ABC, qui était tout neuf. Au moins, nous avions la climatisation et des sièges confortables...J' étais seul pour cause d' enterrements.
On commençait le palmarès par les petits, il fallut donc attendre un bon moment avant d' en venir enfin aux résultats des terminales.
J' ai été souvent nominé, mais je récoltais très peu de premières places, et même pas du tout peut-être.
Le dernier prix remis était le "Prix d' Honneur" de St-Louis.
Quelle ne fût pas ma surprise de me voir appeler pour recevoir un énorme volume que j' ai gardé précieusement jusqu' à ce jour. 
Le Supérieur qui me l' a remis, expliqua à la salle que ce prix récompensait chaque année l' élève qui s' était distingué par sa gentillesse, son humanité, ses résultats scolaires, ses bons rapports avec le corps professoral et avec ses camarades. Aujourd' hui encore, j' ai l' outrecuidance d' en être fier alors que je sais au fond de moi,  qu' il
s' agissait d' avoir tout bonnement la meilleure cote d' amour auprès des profs. Et ça, je n' y suis pour rien : "on plaît ou on ne plaît pas".
En tous les cas, cela me fît beaucoup de bien moralement, me donna comme un bol d' air, alors que sentais venir le temps des grandes décisions qui m' angoissaient par avance : où serais-je dans deux mois ?
Le fait de me savoir aimé, au moins à St-Louis, me donna beaucoup de courage pour la suite. Tout compte fait, ces trois années, de la seconde à la terminale furent pour moi des années de bonheur au travail. Je préférais être au lycée qu' à la maison ou l' atmosphère était souvent lourde.
Mais cette décade n' est pas terminée...
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E
Je devais donc avoir 8 ans et je garde le souvenir de ces 2 enterrements...surtout celui de notre arrière-grand-mère, DUBOIS, qui s'est déroulé à EPLESSIER. Après la mise en terre, tout le monde est allé manger dans le petit café du coin. Faut dire que c'était une circonstance, pour les parents, de se réunir...presque comme pour une communion ou un mariage !
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