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ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité

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chap 124 : Les 24 heures du Mans à Vélo (2)

Le grand jour est arrivé.
Premier point positif : il faisait beau et doux, ce qui me fait penser que l' épreuve a dû se dérouler à la Pentecôte et non à Pâques comme je l' ai indiqué dans la première partie.
Nous étions tous réunis sur la piste pour prendre le départ à 16 H. Notre équipe comprenait Alexis Bertrand 16 ans, Alain, mon frère, 14 ans, et moi-même. C' était certainement l' équipe la plus jeune. Nous étions inconscients et fiers de l' être. Nous avions deux vélos pour trois et avions convenus de faire deux tours d' affilé soit 27 km avant de passer le relais, ce qui devait donner un temps de repos de deux heures environ entre les relais.
Bien entendu, mordu comme je l' étais, et le suis toujours des 24 Heures autos, nous avons pris un départ type Le Mans. Vous connaissez ce type de départ que l' on voit encore lors des épreuves d' endurance motos .
Les coureurs se mettent d' un côté de la piste, les véhicules sont de l' autre côté. Au signal, les coureurs piquent un sprint à pied vers leurs montures.
C 'était un peu ridicule avec des vélos, mais le ridicule ne tue pas et tous, nous nous sommes fait un plaisir de le faire, du moins ceux qui prenaient les premiers le départ, en l' occurence, pour notre équipe, c' était Alexis.
Il y avait quelques parents, Le Maine Libre était venu faire une photo, un prêtre de St-Louis était venu jeter un coup d' oeil.
Et puis nous avons attendu. Une demie-heure, c' est long quand on attend...Après ce laps de temps, nous vîmes quelques petits points remuer du côté de Maison Blanche, la célèbre courbe où tant de pilotes se sont tués. C 'était très drôle, nous qui avions l' habitude de voir débouler des bolides à près de 300 à l' heure, dans un bruit d' enfer, là, il nous fallait attendre 7-8 minutes pour voir passer les vélos dans un silence remarquable. Il y eut quelques "hourras" pour ce premier passage.
Alexis devait enchaîner un second tour, Alain et moi, nous étions sereins.
Patatras ! Alexis s' arrête, exténué !! c' est à peine s' il peut articuler :" ils sont fous, ils ne tiendront jamais à ce rythme, je ne peux pas faire deux tours de suite!" Effectivement, il fallait être costaud et avoir suffisamment d' entraînement pour avaler ce faux-plat devant les stands. Nous avions complètement sous-estimé la difficulté. Alain prend la relève et surtout la queue du petit peloton d' une dizaine de coureurs.

Wallet avait eu la sagesse de venir avec des soeurs et des copines qui assuraient le pointage. Tout allait bien de ce côté-là.
Quand Alain s' arrêta après 1 tour, lui-aussi, je pris la piste et la montée de la passerelle Dunlop fût un vrai calvaire ! Je me suis dit, tout au long de ce premier tour que j' étais un imbécile d' avoir emmené tout ce joli monde dans une galère pas possible. Il fallait tenir bon !
La soirée se passa sans incident majeur et la nuit tomba sur le circuit.
L' oncle et la tante sont venus pour nous emmener manger un repas chaud à la maison pendant qu' Alexis tournait.
Vers minuit, un mini-drame se joua au Tertre-Rouge. Alexis s' est accroché avec deux autres vélos, la piste est pourtant large...mais la fatigue...le vélo était plié.
Je décidai d' abandonner. D' autres équipes nous proposèrent avec insistance de nous prêter un autre vélo, mais je restai ferme et prétextai que c' était difficile de gérer l' organisation et de participer à la course. De plus Alexis était légèrement blessé. En fait, le principal motif de l' abandon de notre équipe, c' était que j' étais HS. Alexis aussi, Alain ne disait rien, mais il n'  a pas insisté pour continuer.
Il ne fût pas inutile que je sois plus disponible pour gérer deux affaires de triche qui se passèrent durant la nuit.
La première concernait un jeune engagé de première qui se faisait traîner par une voiture dans la ligne droite des Hunaudières (7 km). Son père, au volant d' une DS, l' attendait au Tertre-Rouge, il se mettait à côté de lui pour lui permettre de poser sa main sur la portière dont la vitre était ouverte. Il faisait ainsi toute la ligne droite sans donner un coup de pédale.
Les faits m' ayant été rapportés, je dûs interrompre le manège et exclure l' équipe. Cela n' alla pas sans discussion avec les parents qui soutenaient qu' ils suivaient le vélo de leur fils sans lui apporter d' aide. Je restai ferme, étant certain de mes sources.
La seconde concernait une autre équipe, qui, au petit matin, prenait un raccourci par le" Chemin aux Boeufs". Si vous regardez la carte ci-jointe, ce chemin vicinal coupe le circuit en deux. Il existe toujours, il est beaucoup plus large qu' à l' époque. Il prend naissance au milieu de la ligne droite et aboutit devant la courbe de Maison-Blanche. Si vous l' empruntez au lieu de passer par Mulsanne et Arnage, vous gagnez au moins 5 km. Les petits malins ont été repérés et j' ai dû les exclure.
La course s' est achevée dans une douce somnolence. Les coureurs encore en course dormaient sur leur vélo.
Deux heures avant l' arrivée, je fonçai en ville (en vélo, évidemment) pour acheter des fleurs pour les vainqueurs. J' en profitai pour choisir un bouquet pour les trois jeunes filles qui pointaient les tours, j' ai dû y laisser toutes mes économies de plusieurs mois.
C' est une équipe de St-Louis qui gagna. Ils avaient bien préparé leur course. Ils portaient des tee-shirts de la même couleur, cela faisait sérieux. Et surtout, et surtout, ils habitaient Arnage et venaient tous les jours à St-Louis à bicyclette, ce qui leur faisait un bon entraînement.
Ils étaient super heureux avec leur bouquet de fleurs, comme s' ils avaient gagné un gros lot.
La folie se terminait bien.
Je suis fier de l' avoir fait, mais que de peurs rétrospectives depuis ce jour-là et que de questions aussi par rapport aux adultes qui connaissaient le projet. Ma parole, ils étaient aussi fous que nous ! Mais merci de l' avoir été, merci pour cette liberté que nous avions de réaliser une partie de nos rêves.
L' année suivante, l' épreuve a eu lieu avec 4 coureurs au lieu de trois. Il y avait un médecin dans les stands. C 'étaient toujours des lycéens.
Ensuite, cela dégénéra car on y vit des coureurs amateurs licenciés.
Aujourd' hui, si vous surfez sur internet, vous remarquerez que l' épreuve de 2009, sera réservée aux cyclo-touristes et empruntera le circuit Bugatti. Les pauvres devront affronter la côte de la passerelle Dunlop tous les 4 Km, je les plains....

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