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ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité

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chap 123 : Les 24 heures du Mans à Vélo (1)

J' ai lu ce matin une bonne définition du travail que je fais en écrivant mon blog.
"C' est devenu comme se laver les dents avant de s' endormir. Une hygiène pour ne pas laisser les heures vécues se transformer en bouillie pour les chats."
J' ai de l' admiration pour ces écrivains qui trouvent des formules justes, et humoristiques en plus.

Sur ces bonnes paroles, je vais commencer aujourd' hui à vous conter quelques épisodes qui ont marqué mon année 1960.
Aux premiers beaux jours du printemps, l' envie me prit d' aller m' oxygéner en pédalant ...devinez où... sur le circuit, bien sûr, qui se trouvait à 7-8 km de la maison. La piste était complètement ouverte à la circulation en ces temps bénis. Je possédais un "routier", sorte de vélo de labour, très lourd, mais solide. L' idée des 24 heures à vélo germa en moi probablement ce jour-là.
Comme je vous l' ai dit précédemment, je suis d' un naturel timide, mais j' ai parfois un grain de folie qui peut me faire pousser des montagnes. Je vais alors à contre-courant de mon tempérament, mais j' y vais jusqu' au bout. Tout en pédalant le long de la ligne droite qui faisait alors 7 km avec un vent de dos généralement, je pensais qu' il fallait convaincre d' abord les futurs participants, c' est-à-dire mes copains de classe qui faisaient du vélo pour venir au lycée et d' autres pour leur plaisir. Je construisais le réglement dans ma tête, c' est comme si c' était fait en arrivant au bout de mon tour de circuit.
Le lendemain matin, je commençai à en parler avant que le prof n' arrive. J' évoquai quelques grandes lignes : la date : les vacances de Pâques, le nombre de coureur par équipe: 3, l' ouverture aux autres lycées de la ville, l' ouverture aux élèves de Première...etc... Je ne fus même pas surpris d' obtenir des avis plus que favorables de la part de mes copains : Gérard Bizien, Alexis Bertrand entre-autres. Gérard fût mon principal partenaire dans cette histoire, très intelligent et calme, il m' a déchargé de pas mal de petites questions qui sont venues les unes après les autres.
Wallet s' est chargé d' en faire la publicité dans les autres lycées et à la récré nous faisions "du porte à porte" pour gonfler nos effectifs.
Il fallait que j' en parle à l' oncle et à la tante, ce qui restait délicat. Finalement, cela se passa bien, "du moment que ça n' empiète pas sur ton travail scolaire"...Evidemment, que ça empiétait, je ne pensais même plus qu' à ça...!
Il fallait demander l' autorisation à l' ACO, le club qui possède toute
 l' infrastructure autour du circuit, notamment  demander la permission d' utiliser les stands de ravitaillement. Je pris mon plus beau stylo...La réponse me parvint rapidement, elle était positive (du moment que vous laissez l' endroit propre en partant ). Les équipes se constituaient à droite, à gauche...Il fallait vite que je "ponde" un réglement.
Une fois écrit, je l' envoyais à mon père, enthousiaste pour ce projet, qui me fît de jolis dépliants contenant le règlement. Au dernier moment, je dus changer une clause car mon frère Alain, ayant entendu parlé de cette histoire du fond de son Collège Montalembert, désirait ardemment en faire parti. Allons donc pour accepter les frères des élèves des lycées du Mans...
Pour se rôder, je décidai de faire une course contre la montre un jeudi après-midi;
Nous nous sommes retrouvés une petite dizaine au circuit. Pour déterminer l' ordre des départs, plutôt que de tirer au sort, j' imaginai de faire un sprint sur la ligne droite des stands, en partant du point zéro, c' est-à-dire en direction de la passerelle Dunlop, sur 1 km environ.
Nous avons sprinté comme des fous, mais la piste monte continuellement en un faux plat épuisant, si bien que nous avons pris le départ de notre course contre la montre autour du circuit de 13 km 461 complètement exténués, du moins pour ma part...
Ce petit galop d' essai nous fît bien voir que c' était pure folie de croire que nous tiendrions 24 h, même avec 2 équipiers, mais croyez-vous que cela nous arrêtat ? Pas le moins du monde, le projet était lancé...il fallait boire le calice jusqu' à la lie...Wallet eut l' idée d' en parler à un journaliste du "Maine Libre", le très connu journal local, qui fît paraître un bel article. On ne pouvait plus reculer. Je fûs appelé par le proviseur lorsque le journal parut. L' abbé Van der me rassura :" il va vous vous passer un savon car vous auriez du lui en parler avant que ça ne passe dans la presse, mais au fond, il est content que l' on parle de St-Louis." Effectivement, l' entretien  se déroula comme prévu.
Mon père m' envoya un vélo neuf par transporteur et Alain arriva par le train la veille de la course. Il faut intégrer que j' étais écroulé de fatigue, je dormais mal du fait de l' énervement et je faisais tous mes déplacements en vélo car je n' avais que 17 ans...et pas de téléphone.... Je comptais beaucoup que chacun prenne ses responsabilités, car je dominais très peu un phénomène qui avait dépassé largement le petit cadre que j' avais prévu dans ma tête.
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