ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité
S' il est un prof qui ait compté dans ma vie, c' est bien lui.
Il enseignait les mathématiques et probablement la physique en 1° et en Mathélem (terminale). Il avait la réputation d' être le meilleur au Mans dans son domaine.
Il faisait tous ses cours de tête, sans livre. Il avait 40 ans quand je l' ai connu et déjà un peu rondouillard, il fumait la cigarette et souvent le cigarillo. Il arrêtait de fumer pendant les
congés pour se prouver à lui-même qu' il n' était pas esclave du tabac.
Il n' était pas forcément de "bon poil" tous les jours. Il avait, je crois, des mots de temps en temps avec le proviseur.
Je l' avais pris comme confesseur, les gens bien disent :"directeur de conscience". Cela sur les conseils des anciens qui m' avaient conseillé : "Prends Van der, il nous fout la paix avec
les pénitences." On aurait dit maintenant : "Il est cool". Sur le plan de la religion, il était comme 90% de prêtres enseignants que j' ai connus : très laïque de comportement.
Il s' était lié d' amitié avec l' oncle et la tante, je ne sais plus par quel biais. Un jour que mon oncle discutait avec lui de mon avenir, le Père Van der lui pose cette question : "pour
occuper de telles fonctions chez Heulin, de quelle école d' ingénieur sortez-vous ?" J' ai paniqué car je connaissais le parcours de l' oncle: certificat d' études puis Ecole des Métiers à
Amiens pour obtenir un CAP ou un brevet professionnel.
Il aurait pu répondre ça, cela était aussi valorisant pour lui, mais je pense qu' il était habitué à cette question. Il avait une peau de rouquin assez
rouge et l' on ne devinait jamais quand il rougissait , sauf moi...Il répondit, en rougissant légèrement : "Métiers !"
Et le Père van der de s' écrier : " Ah ! vous êtes un gars dz
arts, je m' en serais douté !". Le sobriquet gars dz arts étant dévolu aux élèves de l' école d' ingénieurs prestigieuse
des "ARTS & METIERS"
L' oncle n' avait pas menti, mais il n' avait pas non plus infirmé la méprise du Père.
Mon oncle, qui disposait presqu' à sa guise du matériel des travaux publics, rendait quelquefois des services à deux prêtres en paroisse. Un coup de bull par ci, un coup de scrapper par là.
Il prévenait son patron qui était tout-à-fait d' accord pour rendre service, ça lui faisait faire une BA. Ces deux curés étaient de bons vivants et un soir, l' oncle et la tante les invitèrent à
la maison avec le Père Van der qui les connaissait bien sûr.
Ce fût une soirée inoubliable. Le bon vin, les alcools coulèrent à flots. Les cigares enfumaient la salle à manger qu' on utilisait une fois par an. La tante nous avait concocté des quenelles
sauce Nantua commandées à Lyon. Les bons mots fusaient, ponctués d' éclat de rire, pas de grivoiserie
cependant.
Je n' en ai pas fini avec Van der et vous allez le retrouver dans de prochains articles.