ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité
Une erreur de
"clicage" est survenue hier au moment d' envoyer l' article et je m' en excuse auprès de vous.
J' ai fait avec vous le tour des profs de seconde, du moins ceux dont je me souviens. Parlons maintenant de mes camarades de classe.
J' ai déjà cité Thomas le fils du prof de math, il voulait être kiné, deux ans d' études après le bac (à cette époque) , c' était à sa portée disait son père.
Devant lui, il y avait Jean-Claude Plassart, qui préside actuellement aux destinées de l' A.C.O. le club organisateur des 24 Heures du Mans. Toujours habillé comme pour aller à la noce, chemise blanche, boutons de manchettes, etc...Il habitait juste en face du collège dans la maison que vous voyez en photo (style art-déco). Il avait une soeur assez mignonne qui faisait fantasmer les pensionnaires du lycée car leurs chambres avaient une vue plongeante sur la sienne.
A ma gauche, c' était Deniau. Il avait 17 ans, de corpulence deux fois comme moi. Je l' ai toujours connu avec les mêmes vêtements : un jean et un pull noir à col roulé, par forte chaleur ou par un froid glacial. Il copiait tout sur moi, sauf en Anglais où il excellait. Il avait déjà une vie d' adulte. Je me souviens que le lendemain des 24 heures, alors que son pull noir sentait la sueur aigre comme jamais, je lui demandai s' il avait trouvé la course passionnante , je savais en effet, qu' il avait campé sur le circuit avec une bande de copains et copines, il me répondit : "Je ne sais même pas qui a gagné, nous ne sommes pas sortis de la tente !" Il a quitté le lycée après la seconde car il avait une petite bouche à nourrir...il s' est fait embaucher aux Mutuelles du Mans, la grande compagnie d' Assurances, toujours vaillante de nos jours et qui en ces temps bénis des "30 glorieuses" faisait travailler des centaines de personnes . Un jour, il est venu m' attendre à la porte du lycée pour me taper de 50 F , somme importante pour moi, qu' il devait me rendre le jour de la paye. J' y ai cru...
A ma droite, il y avait Villoteau. Plus rouquin que lui, tu meurs ! Très bon élève, travailleur opiniâtre et joueur de foot, il jouait au club du Mans en junior. Fils unique de parents riches qui ne le laissaient pas voir. Son père était maire du village où ils habitaient. Avec lui on rigolait de tout et de rien, il m' aimait bien et il lui arrivait de me caresser le bras ou le cou en un effleurement à peine sensible.
Dans la foulée, je pense à Besnier. Il était le seul en section A'. Il s' agissait d' une section inventée pour permettre à des élèves courageux et doués de cumuler les cours scientifiques avec les cours littéraires. Besnier faisait donc du Latin, du Grec et autant de math-physique que nous.
On le voyait toujours traverser la cour avec de gros dictionnaires dépenaillés. Ses parents étaient aussi pauvres que ceux de Villoteau était riches, ils avaient une toute petite ferme perdue dans les bruyères sarthoises. Lui aussi m' aimait bien. Un après-midi que nous étions en amphi, il s' est laissé aller à s' endormir sur mon épaule comme un bébé.
Ce ne fût pas désagréable.
Dans ces temps reculés, nous n' avions pas entendu parler du livre, ni vu le film : "Les amitiés particulières " de Roger Peyrefitte, un chef d' oeuvre, témoignage d' une époque bien révolue. De toute façon les sous-entendus sexuels contenus dans ce roman, encore moins ceux du film n' ont rien à voir avec nos gestes de tendresse . Ceux-ci se rapprochent plutôt des sentiments analysés par Serge Lama dans sa chanson "Les amitiés particulières" :
Les amitiés particulières
C' est quand les filles nous font peur
Qu' on a pas trouvé la manière
Pour se faire du bien au coeur
Les amitiés particulières
C' est quand les filles sont protégées
par leur famille et des barrières
Qu' on ose pas faire sauter.
Cette classe de seconde fût pour moi un havre de bonheur. Je m' y sentais à l' aise, respecté et aimé par mes profs et mes camarades.
Cela me changeait de l' atmosphère souvent pesante de la maison.