ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité
Il y avait quelques autres fortes personnalités dans cette classe de seconde.
En préparant cet article, j' ai cherché sur internet s' il y avait par hasard Pierre-Yves Leblanc de Choisay, un nom pareil ne meurt pas...Eh bien, je l' ai trouvé, il est avocat dans le 16° à Paris. Cela ne m' étonne pas du tout, il avait de réelles dispositions à faire des effets de manches. Brillant en français, je vous l' ai déjà signalé, mais aussi brillant comédien.
St-Louis a fêté dignement un anniversaire, je ne sais plus lequel, durant cette année scolaire 58/59. Les organisateurs avaient réservé une salle de spectacle et les élèves, principalement les pensionnaires, assuraient diverses prestations. Je me souviens de deux d' entre-elles.
Une pièce de théâtre : La grammaire de Labiche et un concert de jazz.
Le personnage principal de la pièce était Pierre-Yves. Les élèves avaient eu droit d' assister à la générale. Il nous a fait mourir de rire. Il ajoutait des gags, peut-être du texte aussi, ses partenaires attrapaient le fou rire.
En classe, il savait se tenir, mais quelquefois, son sens de la comédie reprenait le dessus. Il a fait une carrière d' avocat, j' aurai bien voulu le voir plaider.
Le concert de jazz avait été mis en place par un élève dont j' ai perdu le nom. C' était un beau gosse, un peu dans les nuages. Il jouait de la clarinette, du saxo et du piano. Au piano, il se mettait devant une partition de Chopin ou de Scott Joplin pour la première fois, et il la déchiffrait
d' emblée, Un vrai génie. A la clarinette, il jouait divinement "Wild cat blue" de Chris Baber, un morceau d' enfer inoubliable. Je crois que ce type était Né musicien, comme Mozart.
J' ai rencontré cette même année un autre génie pianiste, c' était le frère de Lemeaux, en classe avec moi.
Un jour que ce dernier m' avait invité chez lui, je fût surpris, en ouvrant la porte, de me retouver au milieu d' un concert de piano. Le son venait d' en haut... très fort... il y avait le son du piano et l' orchestre qui répondait. J' ai évidemment cru à un enregistrement passant sur une super chaîne stéréo. Mon copain m' invita à monter. Le premier étage était dans le noir légèrement éclairé par le soleil qui se frayait un passage à travers les persiennes. Ce n' était pas une chaîne, ou plutôt , il y avait une chaîne qui jouait un concerto de Chopin et au piano demie-queue, dans le noir, il y avait un jeune homme de 15 ans qui jouait sans partition, mettant ses notes dans celles du virtuose sur le disque. Ahurissant !!
Il ne s' arrêta pas pour nous et son frère me dit en sourdine , c' est dommage, il est têtu comme une mule, il ne veut pas écouter son prof de piano, il n' en fait qu' à sa tête...
Il n' y a pas très longtemps, j' ai vu à la télévision des académies de piano en Corée. Le reportage montrait des dizaines de pianistes jouant en même temps en écoutant un disque...
Lemeaux, celui de ma classe, avait 18 ans passé puisqu' il avait son permis de conduire et venait souvent en 2 CV, qu' il garait le long de la classe, on la voyait à travers le carreau dépoli. Un jour que le prof
d' Anglais l' avait fichu dehors, exaspéré par son comportement, il s' amusa à faire des manoeuvres avec sa 2 CV sur le côté de notre classe pendant toute la fin du cours.
Il était petit, un profil aquilin, intelligent, mais perturbateur. Plutôt que de faire ses devoirs, il préférait passer des jeudis entiers à chercher les corrigés dans des vieux livres. Quand il ne venait pas en auto, il venait juché sur un vélo Solex. Je le vois très bien encore.
Il y avait Rondeau, mais je pense qu' il n' avait rien à voir avec celui qui fabriqua sa propre voiture de course et gagna les 24 Heures en 1980.
je ne peux pas oublier Bizien avec lequel nous passions nos récréations à jouer aux cartes, une sorte de manille-belotée. Il était interdit de rester dans les locaux pendant les poses, il fallait prendre l' air...mais le pion était sympa, il nous virait de temps en temps et nous rentrions 5 minutes après, il le savait, mais comme nous étions un groupe qui lui fichait une paix royale en étude, il nous avait "à la bonne".
Nous allions aussi jouer au billard russe dans une salle réservée aux pensionnaires, mais Bizien s' était fait faire une clé...Un charmant garçon ce Bizien, très calme, ne se mettant jamais en valeur, mais efficace et pince-sans-rire.
Cette fois-ci, j' ai fait à peu près le tour de tous les visages qui apparaîssent
encore clairement à mon esprit.
Classe bénie que la "seconde" car il n' y a pas d' examen à la fin,bien que pubères depuis un an ou deux, nous sommes encore des enfants dans notre tête.