chap 103 : Les petits corbillards....de notre enfance
17.11.2008
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Par marc morvillers
Un deuil récent dans ma famille m'a amené à faire une comparaison entre les deuils d' il y a 50 ans et plus, et ceux d' aujourd' hui.
Le progrès a souvent du bon, mais parfois il provoque des aberrations révoltantes quand il s' agit de domaine grave comme la mort.
Il y a cinquante ans, on mourrait généralement plus jeunes, mais on mourrait presque toujours chez soi, entouré des siens. Les maladies étaient de courtes durées puisqu' on ne possédait pas les
thérapeutiques modernes.
Actuellement, nos vieux meurent à l' hôpital, entubés de partout, généralement dans le coma. Quand le coeur s' arrête, on débranche ( ou bien c' est dans l' ordre inverse...) et on met le corps, à
peine transportable, à la morgue. La mise en bière est une simple formalité administrative,
Ce n' est plus un rituel, car l' âme, depuis longtemps s' est envolée...
Mon grand-père maternel est mort chez lui à 75 ans environ parce qu' il avait trop bu de cidre. La saison permettait qu' on laisse la porte de sa chambre ouverte et tous ses amis et même,
certainement ceux qui lui en voulaient, sont venus s' incliner sur sa dépouille. La plupart restait un quart d' heure ou une demie-heure à discuter avec ma grand-mère autour d' une tasse de
café.
Après la mise en bière, on installa le cercueil au centre de la petite pièce commune avec un bougeoir à côté, et quelques chaises. Les visites succédaient aux visites, chacun y allait de sa petite
histoire à propos du défunt. C' était parfois très drôle, ça n' enlevait rien au respect que l' on avait du mort et ça réconfortait ma grand-mère de rire un peu. On a ainsi veillé jusqu' à l' heure
du souper. L' un d' entre nous est resté avec ma grand-mère pour la nuit. Le lendemain, un corbillard attelé à deux chevaux est venu chercher le corps et comme dans la chanson de Brassens, les
héritiers ont dû marcher dans le crottin.
Cette histoire me fait penser à un excellent livre :" Une promesse" de Sorg Chalandon chez Grasset. Dans ce livre, les amis des défunts se rassemblent pour se raconter tour à tour une anecdote qu'
ils ont en commun avec les défunts. C' est une façon d' honorer la mémoire des morts autrement plus significatives qu' une visite au funérarium...
Sur ces mots, je vous quitte en vous promettant d' avoir un sujet plus gai la prochaine fois encore que si vous retrouvez sur internet les paroles de la chanson de Brassens, vous rirez sans aucun
doute.