De façon mystérieuse, certains professeurs ont complètement disparus de ma mémoire.
Je n' ai aucun souvenir des profs de langues, d' histoire-géo, de physique-chimie, et peut-être d' autres matières que j' oublie.
Il s' agissait d' un collège de garçons, et les profs, eux aussi, étaient exclusivement des hommes.
En gym, j' ai retrouvé le même prof qu' à l' école St-Joseph. Pour qui ne le connaissait pas, il avait un comportement bizarre. D' abord, il n' avait rien du baroudeur. C ' était le genre beau
gosse, mannequin, grand brun ténébreux (pour celles que ça intéressent...). Il nous montrait les excercices un fois, pas deux, et ensuite, il corrigeait nos positions à l' aide d' une cravache,
jamais méchamment, seulement parce qu' on sentait qu' il avait du mal à se pencher. Quand nous faisions des footings en ville, il s' arrangeait pour trouver un endroit d' où il pouvait
nous surveiller sans avoir à effectuer tout le parcours lui-même. J' avais interrogé un de mes camarades qui semblait être "dans ses papiers".: "Il ne serait pas un peu fainéant sur les bords ton
idole ?" et alors, il m' expliqua : " Ce type a été interrogé par la gestapo pendant la dernière guerre. Il n' a pas parlé. Les allemands l' ont torturé et à l' intérieur de son corps, il manque
certaines pièces..." A partir de ce moment, j' ai donc regardé ce prof sous un autre angle.
Un jour, nous nous sommes retrouvés tous à nous changer au gymnase et il m' est apparu de dos, le torse nu. Il avait une cicatrice gigantesque qui lui barrait le dos du bassin jusqu' à la base
du cou...
Ce déshabillage au gymnase me fait penser à une anecdote beaucoup plus drôle.
Un de nos camarades avait une vingtaine d' année , soit environ 4 ans de retard. Il y avait une bonne raison à cela : son père était un genre de consul qui occupait des postes dans des
contrées incertaines. Ce camarade avait donc passé toute son enfance et son adolescence à véritablement "poursuivre" ses études. Au Mans, il semblait les avoir rattrapées car ses parents l'
avait inscrit comme pensionnaire pendant qu' ils repartaient à Madagascar. Il était donc là, sans parents, pour une ou deux années, avec pour simple mission de passer son bac avec succès.
Donc ce grand gaillard, un peu rouquin, sympa au demeurant, avait du mal à s' intégrer au reste de la meute, surtout à cause de la différence d' âge.
Un jour que nous nous changions au gymnase, je le vis de face, avec son slip kangourou et là, stupéfaction !!! Il avait des poils qui lui sortaient du slip d' au moins15 cm de longs, roux comme sa
chevelure et disposés comme un soleil tout autour de la partie centrale du slip. Ou bien il faisait un entretien spécial de son systême pileux ou il avait une particularité anatomique. En
tous les cas, cela n' avait pas l' air de le gêner de s' exhiber ainsi. Vu la différence d' âge avec moi, je me suis demandé pendant quelques jours si je n' allais pas devenir comme lui quatre ans plus tard...