ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité
Avant de rêver de courses automobiles, mes héros étaient
Mermoz et Leclerc.
Je sais, je vous l'ai déjà dit, mais permettez-moi d' enfoncer le clou. Avant que je lise et relise leur biographie, ma tante m' en avait beaucoup parlé. Je crois que toutes les femmes qui ont eu
20 ans dans les années 30-40 ont été amoureuses de Mermoz. Mort à 35 ans en essayant de faire décoller un hydravion, construit pour emmener une centaine de passagers, on le surnommait "l'
archange". L' acteur Georges Marchal a donné une très bonne idée de lui dans le "Grand Balcon" le film de Joseph Kessel.
Quand à Leclerc, c' était autre chose, son charisme, il le devait avant tout à ses victoires. Mais il avait aussi une "gueule d' enfer", dans un autre genre. Il était aussi de la race
de ceux qui approchent le ciel. Il est mort à 47 ans, également dans un accident d' avion. Sans vouloir faire ici de la politique, je dirai quand même que s' il avait vécu plus longtemps, il n' y
aurait peut-être pas eu, ni guerre d' Indochine, ni guerre d' Algérie.
L' avion qui s' est écrasé à Colomb-Echard, portait un nom, le même que celui de son char d' assaut avec lequel il traversa victorieusement la France: Tailly.
Eh, oui ! Leclerc de Hautecloque était fier d' être originaire de Tailly-l' arbre -à-mouche. Ce petit pays se trouve dans la région d'
Airaines à une vingtaine de minutes en voiture d' Amiens. Je pense que mon père nous y avait emmené une fois. Nous avions aperçu au bout d' une longue allée, une sorte de demeure blanche à 2
étages, sans ostentation.
Durant le dernier mois de septembre, la famille, principalement son fils de 83 ans, avait organisé une exposition surtout photographique, dans une
dépendance.
Nous y sommes allés le 28 septembre et nous avons pu discuter avec le fils du Maréchal, très disponible pour les visiteurs. Bien entendu, c' était très émouvant de mettre nos pas là où l' enfant
Philippe de Hautecloque avait grandi, avait aimé ses parents, sa femme, ses enfants, et passé toutes ses permissions. J' ai raconté à son fils comment j' avais rencontré sa "maman", là
dessus, il m' a dit : "je préfère que vous disiez ma mère", on n' aimait pas le mot maman entre-nous".
Je lui ai aussi raconté que j' avais vu passer devant la maison du Mans, avenue Jean-Jaurès, la dépouille de Maréchal, sur un char détourellé, en route vers Les Invalides, sa dernière demeure, et
tout le monde pleurait sur son passage.
L' exposition est bien sûr terminée, mais si vous avez un moment et si
l' été indien se prolonge, n' hésitez pas à passer à Tailly et rejoignez ensuite la Somme à Long, marchez le long du fleuve, la région est magnifique.