ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité
Si vous avez bien suivi les premiers épisodes de ce blog, vous vous souvenez que mon père était le 3° des frères Morvillers sur 4.
Albert était le premier, venait ensuite René qui s' installa à Moreuil en même temps que mon père comme menuisier et le quatrième était Camille, mécanicien.
Après le décès de sa femme en 1947, survenu en accouchant de Chantal, René fit venir sa mère pour s' occuper du bébé et de la maison. Je ne voudrais pas accabler ma grand' mère maternelle, mais
le fait est que René vécu un véritable calvaire avec elle. Vivait avec eux, mon arrière grand' mère. Et je vous est déjà expliqué dans quelles circonstances cette dernière est venue nous
rejoindre au Mans.
En dehors de mes vacances à Moreuil, je voyais René régulièrement aux 24 Heures. Il s' était pris de passion pour la course automobile et, avec
son ami Gréal, caméra au point, ils écumaient tous les circuits du Nord de la France.
Evidemment le sommet de la saison, c' était les 24 Heures. Quand il ne venait pas avec Gréal, il débauchait ou Paul Tellier ou Duez. Mon père les
a accompagnés quelques fois.
Ma tante préparait toujours un repas rapide le samedi midi de façon à ne pas louper le départ et prévoyait un repas de fête pour le soir.
Au cours de ce dîner, René se déchaînait littéralement. Les autres n' étaient pas en reste non plus. C' était un véritable festival de vannes, de gags, un feu d' artifices...René était de ces
gens qui peuvent sortir une vanne à chaque phrase qu' ils prononcent. Il avait la particularité d' être le premier à en rire.
Vers 23 heures, on décidait de retourner au circuit pour "voir où ils en étaient".
Se posait la question de m' emmener ou pas. Je me souviens qu' une année, René m' a dit : "
si tu épelles correctement Cunningham, on t' emmène", je devais avoir une dizaine d' année. Ca ne posait pas trop de problème pour moi, Cunningham était un concurrent très célèbre au Mans à
cette époque.
Je suis donc allé avec eux pour mon plus grand plaisir. On rentrait vers deux heures du matin et on se couchait je ne sais trop comment car la maison était petite. En dehors de l' intérêt que j'
avais pour la course, ces 24 Heures étaient comme un bouée d' oxygène, car il faut dire que les occasions de rire à gorge déployée n' étaient
pas fréquentes au Mans. Entre la mère de ma tante, mon arrière grand' mère et mon oncle Albert, dont le caractère rigolard avait été oublié par le créateur, c' était souvent lugubre à table.
Ma tante en souffrait aussi d' ailleurs.
Nous retournons de temps en temps au Mans avec 2 ou 3 de mes frères, pour la course. La femme de René, Micheline, qui habite toujours là-bas, a
la gentillesse de nous inviter. On rejoue, avec mes frères et mes cousins, le dîner du soir comme il y 60 ans et ce n' est pas mélancolique...René n' est plus avec nous malheureusement.
Mais, on va ensuite se coucher