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ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité

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Chap 59 : Albert, mon deuxième père.

Je ne voudrais pas que vous vous fassiez une idée erronée sur mon oncle Albert, suite aux articles précédents.
Tel que vous le voyez sur la photo, tel il était. Il riait très rarement, au point que ma tante lui faisait souvent remarquer. Il riait cependant des blagues de son frère René et des bons mots des chansonniers. Quand ils étaient de sortie à Paris, ils ne manquaient pas d' aller passer une soirée "aux 2 ânes" ou "aux 3 baudets". Il aimait bien que les autres s' amusent autour de lui. Rien ne le ravissait plus que les grandes réunions de famille à Noël autour d' un sapin et d' une foultitude de cadeaux. La tante aimait aussi ces moments là, elle était très généreuse pour les cadeaux et la qualité des repas. L' un et l' autre prenaient beaucoup de plaisir à ces réceptions même si cela leur demandait beaucoup de travail. La tante s' occupait de tout, même des vins et du champagne.

Si vous avez pu comprendre que l' oncle aimait bien les femmes, en fait, c' est vrai, mais il ne courait pas après, ce sont elles qui lui faisaient les yeux doux.
Il avait un charme indéniable, un air de ne pas y toucher, il rendait service pour un oui, pour un non, toujours prêt à faire 200 km pour conduire une belle.
Comme il était très calme, qu' il parlait peu,  il recevait beaucoup de confidences de femmes en difficulté de ménage et je pense qu' il
s' attendrissait facilement.
Quelques fois, d' ailleurs, il osait confier ces épanchements à ma tante qui ne disait trop rien, mais qui n' en pensait pas moins.
Il a certainement eu une vie sentimentale parallèle avec plusieurs femmes, et jusqu' au dernier moment de sa vie, malgré le cancer du poumon contre lequel il s' est battu pendant 2 ans. Mais, je pense que c' était des amours sincères de part et d'autre dûs à son charisme et à son altruisme.
Ma tante répétait souvent qu' elle faisait entièrement confiance à Albert, qu' elle le connaissait trop pour mettre en doute sa fidélité, avec tout le travail qu' il a....Pourtant un jour, elle dût se rendre à l' évidence. Je l' ai vue pleurer et dire à sa mère : "j' aimerai mieux être morte...". La tension était grande à ce moment-là, mais les semaines ont passé et le temps a arrangé les choses.

Ses rapports avec moi étaient ceux d' un père pour son fils. Comme tous les pères, il envisageait l' avenir pour moi. J' étais un peu copain avec le fils de son patron . Son père et Albert, certainement lors d' un voyage
d' affaires où l' on discute à bâtons rompus dans la voiture, avaient émis l' idée que nous pourrions reprendre l' entreprise Heulin tous les deux après nos études. Soit...mais ce n' était pas du tout mes intentions. Il fût certainement déçu quand je lui annonçai que je voulais travailler dans un bureau d' études de création d' automobiles....et rassuré quand il apprit que le conseiller
d' orientation qui passa nous voir au collège, me dit que c' était illusoire de poursuivre un but que je ne pourrais jamais atteindre...Sympa, le gars...je revois encore sa bouille ...
...

Quand j' appris la maladie de mon oncle, je travaillais et j' étais marié, cela m' a bien aidé à supporter le choc.
 Nous ne nous parlions pas beaucoup, mais nous étions très proches par la pensée et souvent sur la même longueur d' ondes.
Ce n' était pas mon père biologique, mais j' avais beaucoup de points communs avec lui. Pas forcément que les bons, évidemment...
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