ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité
CHAP. 17 Quand notre coeur fait boum !
C' est arrivé un soir qu' on faisait les fous, mes frères et moi, après le toilette quotidienne. J 'ai bien dit toilette et non pas
bain, car à cette époque, peu de maisons étaient équipées d' une salle de bain.
Je ne sais pas si c' est spécial aux "Morvillers", mais chez nous, c' est une habitude de chahuter avant de monter se coucher. Nous l' avons fait, mes 2 fils l' ont fait et mon petit-fils, quand
il vient chez nous fait du trampoline sur le canapé, on dirait qu' il brûle l' énergie non dépensée dans la journée pour mieux dormir après...
Au beau milieu de ce chahut, j' ai soudain ressenti comme un grand malaise et mon coeur s' est mis à battre non seulement à toute vitesse, mais en plus, très fort, à traverser le pyjama.
"Papa, maman, mon coeur fait boum !"
Mes souvenirs ne sont pas très nets sur ce qui se passa immédiatement après, ni combien de temps cette première crise a duré.
Je sais que par la suite, les crises pouvaient durer plus de 12 heures d' affilée. C' était épuisant.
Le docteur de Moreuil décréta qu' il me fallait du calme, donc pas de sport à l' école et pas de récréation non plus. J 'étais en CP et je passais mes récréations dans une maison qui jouxtait l'
école, habitée par une dame et deux jeunes filles qui me choyaient, ce n' était pas trop mal...
Je restai peu de temps à l' école de Moreuil, peut-être 3 ou 4 mois. Assez cependant pour vous raconter quelques anecdotes dans les prochains chapitres .
Le docteur avait dû rassurer mes parents sur la gravité de mon cas, mais néammoins, une idée fit son chemin dans leur tête et dans celle de mon oncle Albert et de sa femme Simone qui n' avaient
pas d' enfant : Pourquoi Marc n' irait-il pas à l' école au Mans, en pension en quelque sorte ?
Ainsi ma vie a basculé ! Est-ce un bien, est-ce un mal ? Il y a sûrement des deux. Et puis de toute façon, ça ne sert à rien de se torturer l' esprit, on ne peut pas revenir en arrière. Ma
maladie, bénigne mais empoisonnante, dure toujours. Je suis resté au Mans jusqu' à la fin de mes études.
Il me revient en mémoire, un bon mot de ma grand' mère chez qui j' allais quand même en vacances : le jour
d' une crise, paniquant un peu, elle fait venir le docteur et lui dit :" Dites-moi docteur, à battre comme ça, son coeur y va s' user plus vite ! " Le docteur lui répond
:"certainement, madame " et ma grand' mère, une larme dans les yeux, dit alors :" Donc, ch' tiot là, il mourra plus jeune que zeutes !"