ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité
chap. 18 Le cardiologueA Moreuil, le médecin généraliste ne jugea pas utile de m' envoyer chez un spécialiste. En ce temps
là, c' était comme ça, on allait à Amiens consulter un spécialiste que très rarement. Il s' amusait avec moi : quand j' avais une crise, il m' appuyait très fort sur les 2 yeux simultanément avec
ses pouces jusqu' à ce que le coeur reprenne son rythme normal. Il avoua à mon père que la première fois qu' il avait pratiqué cette thérapie, il avait craint le pire.
Arrivé en pension au Mans, l' oncle et la tante me conduisirent chez un cardiologue de leur connaissance. Je vous raconterai plus tard dans quelle circonstance ils étaient devenus amis.
C' était une vrai caricature.
La tante disait qu' il avait tout d' un "pot à tabac". Moi, je le comparerai plutôt à une petite barrique. Il était jeune à l' époque et très vite il est devenu très riche. Sa femme lui
avait financé son installation, mais elle avait un "grain".
Il cherchait à s' en débarraser, lui faisant prendre l' avion plus que nécessaire, lui faisant attraper une pneumonie en l' installant dans le syder de sa décapotable en plein hiver...etc,
etc.
Je ne sais pas ce qu' elle est devenue.
Quand j' allais au circuit pour les 24 Heures ou une course quelconque, je voyais le docteur arpentant la piste avec au moins 3 chronos sur le ventre. Il était fan de voitures de sport et il
avait toujours la voiture que moi, plus grand, j' aurai aimé avoir.
La dernière fois que je suis allé le consulter, j' étais adolescent, il y
avait une Aston-Martin DB4 GT, garée devant son cabinet.
Après les formalités et un peu de bla-bla avec la tante, il me fit installer pour un électro-cardiogramme par son assistante.
Celle-ci était une vraie poupée Barbie, ou une réplique de notre B.B. nationale, puisque les Barbie n' existaient pas encore.
Dans une blouse rose qui devait être sa seule parure, elle installa, "à mon corps non-défendant",
tout
l' attirail nécessaire au test. Il savait y faire ce cardiologue...J' imagine que les clients venaient par plaisir.
Quand le cardio d' Amiens, qui n' a pas d' assistante, me soumet à l' électro, je pense toujours à la poupée du Mans...Je blague, bien sûr, il y a longtemps qu' elle est partie de mon esprit.,
heureusement pour moi.