Je les ai enfin vu ces marchés de Provence dont Bécaud m' enchantait pendant ma jeunesse...Il y a 50 ans, ils étaient certainement différents de ceux du nord de la
France. A présent, même s' ils sont très colorés, très vivants et occupant une grande surface (la totalité des rues d' Arles par exemple), ceux du nord les ont rejoint sur bien des points.
Il y a cependant un élément essentiel que le nord n' a pas, c' est le soleil, la chaleur, qui obligent les commerçants à se mettre à l' ombre des platanes et cela donne des couleurs
exceptionnelles.
Quand nous étions en vacances avec ma mère sur la côte d' Opale dans les années 60, la sortie pour faire le marché était une grande joie et un de nos divertissements favoris de la semaine. Nous l'
aidions à porter les gros sacs et ne manquions pas de nous arrêter pour écouter les discours des camelots.
Il y avait quelquefois aussi de jolies filles à regarder. A La Molière et à Cayeux, il y avait notamment un couple de crémiers qui tenait un étal. Ils étaient très sympathiques et très beaux
tous les deux. Leurs fromages étaient bons...mais c' est leurs filles qui retenaient notre attention. Je dit "notre attention" car mes jeunes frères étaient toujours volontaires pour aller faire
les courses à la roulotte des beaux crémiers. Les deux filles semblaient avoir le même âge, l' une était blonde et l' autre brune. Deux beautés complètement différentes, mais aussi belles l' une
que l' autre. La blonde tenait du père et la brune était une copie plus fine de la mère. Ma mère disait qu' elles étaient jumelles.
Cela étant, nous nous n'en tenions qu' aux conversations purement commerciales, même si nous les menions avec des sourires à se coincer les zygomatiques. Nous avons beaucoup mangé de
fromage cette année-là....
Aujourd' hui, le marché reste un endroit de grande convivialité. Quand le temps est clément, on prend le temps d' échanger un mot avec des personnes qu' on ne voit que là. On se distrait à écouter
les camelots de plus en plus rares...la faconde se perd, mais ce qui ne se perd pas, c' est la bonne humeur des marchands. Ces gens-là sont toujours à plaisanter quelque soit le temps,
quelque soit le niveau des affaires. Une race à part du petit commerce !!!