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ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité

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chap 143 : Que diable allais-je faire dans cette galère ?

Cette phrase de Scapin s' applique bien à ma situation en ce début d' année scolaire 60/61.
Très vite je m' aperçu que je ne comprenais rien à rien aux mathématiques modernes. Je n' étais pas le seul dans ce cas, mais cela ne me consolait aucunement.
Je ne pouvais pas me rattraper en physique parce que la physique...c' était aussi des maths. Les premières notes tombèrent...catastrophiques. Je me suis pris un 2, puis la semaine suivante un 4 (ces chose là, ça ne s' oublie pas !). Le prof, avec beaucoup d' humour avait annoté :" en progrès !" Les notes étaient envoyées systématiquement aux parents. C' est la première fois que j' avais honte de mon carnet scolaire.
Je voulais au plus vite m' extraire de ce bourbier. Mon voisin de chambre était à peu près dans le même cas que moi, mais lui, prenait ça avec philosophie. J' avais l' impression que je me heurtais à un mur opaque et infranchissable. Nous avions deux profs de math, un pour les exercices oraux et un pour le cours proprement dit. Celui qui nous faisait le cours
s' appelait l' abbé Merlet, il était super doué. Il disait toujours : " C' est évident" et il partait dans un grand éclat de rire en voyant nos têtes hirsutes transformées en point d' interrogation. Il avait un énorme nez et se mouchait souvent bruyamment. Malgré son grand mouchoir, la moitié de ce qu' il évacuait en se mouchant, atterrissait sur sa soutane. Heureusement la poussière de craie du tableau était là pour cacher les déjections. J' ai essayé de lui soutirer quelques explications complémentaires après les cours pour tenter de comprendre quelque chose, mais il n' avait pas la fibre pédagogique. Les copains étant plus ou moins dans le même cas que moi, je n' avais rien à attendre d' eux. Les anciens...vu les rapports que nous avions avec eux, ce n' était pas la peine de les appeler à l' aide. Et puis, il faut dire que ça me "gonflait" sérieusement, je ne voyais pas faire deux ans à St-Charles.
Je pris une décision rapidement. J' écrivis à mon père et au Mans en disant que je voulais arrêter ce qui me semblait être une voie sans issue et m' inscrire en fac de lettres. Nous étions debut octobre, j' avais encore le temps puisque les facs ouvraient fin Octobre.
La réponse à mes lettres m' arriva d' abord par un missive de l' abbé Vander, mon prof de math de mathélem (vous vous souvenez ?). En gros, il m' expliquait que ce serait une grande bêtise, hors des carrières scientifiques, point de salut, et hors des maths, point de carrières scientifiques. C' était tout à fait normal que je rame (la galère...), mais dans les semaines à venir, je referai surface et tout rentrerait dans l' ordre.
Cette lettre ne me fût d' aucun réconfort, ni stimulante. Il ne se rendait pas compte et j' étais le seul à avoir les pieds sur terre. Ca n' irait pas, ça n' irait jamais, je répondis que j' étais vraiment décidé à arrêter.
La semaine suivante, un après-midi, on m' appela dans le bureau du directeur. Il n' était pas seul, il y avait déjà, installés, l' abbé Vander, mon oncle et mon père.
J' étais seul contre quatre car évidemment le directeur ne voulait pas perdre "un client". Je n' étais pas taillé pour résister à une telle adversité.
 L' abbé Vander a été très brillant, lui qui prêchera des retraites pendant des décennies avait l' art de convaincre. Mon père bouillait et mon oncle ne disait mot. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur,  j' acceptais de continuer et m' en retournais devant des tableaux d' équations de plus en plus nébuleuses...
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