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ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité

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chap 130 : Orage tropical !

J' ai devant moi le petit carnet  de voyage qui m' avait permis de laisser mes commentaires aux organisateurs du concours. Ce récit, condensé,  a fait l' objet d' une publication dans une revue destinée aux missionnaires. Il est donc expurgé de toute anecdote strictement personnelle. Il est annoté de certaines réserves faites par un responsable de la revue. Je vous en  ferai part le cas échéant. J' ajouterai certains souvenirs qui me reviennent.
Autant vous dire que ce n' est pas sans émotion que je vais redécouvrir avec vous cette partie de ma vie ô combien intéressante. Comme je veux rester fidèle au récit écrit en 1960, vous trouverez certaines formulations naïves et maladroites.

" Les voyageurs pour Marseille et Douala sont priés de se rendre sur l' aire de départ." Lynda et moi quittons, non sans un serrement de coeur, le centre d' accueil du Bourget pour monter dans le Super DC6 de la compagnie UAT. C' est après avoir longuement chauffé les 4 moteurs que l' avion parvient sur la piste d' envol. On ressent alors à travers le siège toute la puissance de l' appareil qui va vibrer jusqu' à l' instant du décollage. Cette puissance, transmise aux hélices, est un grand réconfort pour un passager qui, comme moi, effectue son baptême de l' air...
 L' appareil atteint 3400 m et sa vitesse de croisière (450 km-h) par paliers successifs. Tout alors redevient calme à bord. Paroles d' usage de
l' hôtesse, bonbons fourrés et boissons fraîches sont abondamment distribués.
Pas vraiment le temps d' approfondir nos relations, Lynda et moi, que nous sommes déjà à Marseille-Marignane. Nous apercevons le soleil se coucher, déjà ! Eh oui, le soleil se couche plus tôt à Marseille qu' à Paris.
L' aéroport est désertique par rapport à celui du Bourget. Après le plein de kérosène et différentes vérifications, notre DC6 s' envole à nouveau et cette fois, sans escale jusqu' à Douala, plus grande ville et port important du Cameroun, mais pas la capitale.
Lynda est une "taiseuse" comme moi. Nous n' échangeons que quelques mots par-ci, par-là, rien que de très conventionnel.
Le voyage se passe bien jusqu' à 2 heures du matin. A ce moment, nous parviennent à travers les hublots, les premières lueurs d' un orage africain. Une inscription s' allume dans la carlingue : "Attachez vos ceintures". Nous nous dirigeons en plein coeur de l' orage. Les stewarts et les hôtesses passent et repassent pour vérifier qu' aucun bagage ne peut tomber des paniers suspendus. L' avion commence alors à balloter dans tous les sens, à effectuer des descentes et remontées à la manière des ascenceurs ultra-rapides. "Ce n' est rien dit l' hôtesse". Ce n' est rien...sauf pour les passagers qui ont l' estomac très près de la luette. Je m' en sort bien, mais j' ai très peur, je commence à caresser le bras de ma compagne de voyage pour me rassurer, une petite satisfaction avant peut-être le drame. La foudre tombe sur l' aile juste située à ma droite, très impressionnant... Si vous suivez mon blog depuis le début, vous savez que j' ai une trouille bleue des orages, trouille qui m' a été inculquée dans ma prime jeunesse à Lignières-Châtelain et ensuite au Mans par mémère Pinchon. Je caresse le bras  de Lynda jusqu' à la fin de l' orage, j' en tire une vive satisfaction d' autant plus que je la crois partagée puisque je n' ai aucune réaction de ma voisine...La tornade dure une heure, puis nous nous en éloignons, le calme revient, les moteurs reprennent leur ronflement régulier et rassurant. La carlingue est de nouveau éclairée correctement, j' arrête mes caresses et là, stupeur! je m' aperçois qu' en fait, c' est l' accoudoir qui me sépare de Lynda que j' ai caressé pendant tout le temps de ma panique...
A peine remis de cette déconvenue, nous arrivons à Douala. Il est 6 heures du matin, il fait nuit noire. L' aire d' atterrissage est détrempée, la température clémente : 20°. Pour l' instant aucune différence avec la France. Mais cela ne va pas durer...
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