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ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité

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chap 120 : Mathélem

Après la première partie de bac, nous avions le choix entre 3 sections : Philo, Sciences-ex et Mathélem. Cette dernière ouvrant plus facilement les portes des grandes écoles, je n' eus pas trop à choisir. L' oncle et le Père Van der ont choisi pour moi. Je ne leur en veux pas. C' est vrai que je suivais assez facilement  et que je n' aurais su dire à cette époque si Philo aurait mieux convenu à mon tempérament.
D' une classe de trente élèves, nous nous sommes retrouvés une petite quinzaine dans un local assez lugubre, qui ne voyait jamais le soleil et dont le mobilier datait d' avant guerre. La classe de Philo était juste à côté et nous y allions quelques petites heures par semaine prendre nos cours de Logique et de Morale. J' adorais ces moments là. Le prof avait vraiment une tête de philosophe grec, c' était un prêtre. Nous avions du mal à avoir la moyenne en dissertation, disons qu' un 11/20 était très gratifiant. Et pourtant le contenu des cours et de nos livres paraissait tellement évident...Mais quand à soutenir une thèse et à développer l' antithèse,
c' était une autre histoire...
En math, nous avions l' incontournable Van der et...une dizaine de livres à assimiler dont certains ont été très peu ouverts.
Pour les autres cours, c' est le trou noir, je n' ai aucun souvenir.
En revanche, j' ai une vision très nette de  la classe et de mes camarades.
Il y avait Alexis Bertrand, 16 ans, un peu fou, son père était dentiste, sévère avec lui, il l' obligeait à manger des haricots verts en lui disant que c' étaient " les balayeurs de l' estomac". Il y avait Gérard Bizien, mon partenaire aux cartes (voir chapitres précédents). Lemeaux était toujours là du haut de ses vingt ans bien tassés...Il devait y avoir Ménard et Rouillard, celui qui m' avait empêché d' être premier de classe pendant des années à St-Joseph. Ici, il avait toujours ses 2 ans d' avance, mais il ne planait pas comme au collège, même, il chahutait un tant soit peu. Malgré son manque de maturité évident, il lui arrivait de décrocher un 14 en Philo, avec un petit devoir d' une page et demie.
Et puis, il y avait 3 énergumènes, le mot n' est pas trop fort...
Ils sont arrivés un peu comme les Dalton, les cours avaient commencé depuis 15 jours au moins. Ils se connaissaient. Ils avaient 20 ans révolus. Aucun lycée n' avait voulu d' eux, leur pédigré était impressionnant en nombre de mise à la porte; les parents étaient riches, le Supérieur avait cru bon de soulager les parents en les acceptant. Ils sont restés jusqu' au mois de mai et ensuite comme ils n' avaient pas travaillé le moins du monde, le lycée ne les a pas présentés au Bac. Ils y sont allés en tant qu' auditeurs libres. L' un d' eux, Nutte, à cause de son nom, s' est retrouvé à passer l' épreuve de math à côté de moi, il a tout "pompé" sur ma copie. A l' oral d' anglais, il a fait du pied à l' examinatrice qui était du même âge que lui, il a eu une bonne note...Il m' a raconté : "Je me suis dit, ça passe ou ça casse. Elle me met une note de faveur ou une paire de baffes. J 'ai une petite chance d' avoir mon bac ou je suis exclu à vie..." Je crois qu' il a eu son examen.
Ses trois là étaient pensionnaires et restaient quelquefois le week-end entier au lycée. On aurait dit que leurs parents se portaient mieux quand ils étaient loin d' eux...
Leur problème, l' âge aidant, c' est qu' ils manquaient de compagnie féminine.
Lemeaux s' était un peu vanté en leur disant qu' il pouvait y remédier moyennant finance. A quelques jours d' un week-end qui s' annonçait plus long que les autres, Nutte somma Lemeaux de leur trouver des mancelles girondes et accortes pour passer le week-end.
Au fur et à mesure que le week-end approchait je voyais bien que Lemeaux s' était mis dans une impasse : "Ils s' imaginent que c' est facile de trouver des filles faciles."
J' écoutais un peu leurs conciliabules. Nutte désirait une noire...il s' en frottait les mains d' avance...
Pour finir je crois que cette partie de jambes en l' air n' a pas eu lieu, du moins comme ils l' avaient imaginée. La réputation de Lemeaux en souffrit beaucoup...
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