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ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité

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chap : 115 L' oral du bac à CAEN

L' année scolaire 58/59 se déroula plutôt bien. Je partais confiant passer les épreuves de la première partie de bac, qui se déroulaient au Lycée. Coïncidence, J' ai su beaucoup plus tard qu' un de mes futurs patrons passait aussi le bac cette année-là, probablement dans une salle très voisine, puisque son nom commence par R.
C' était la semaine des 24 heures du Mans. Le lycée se situe à quelques centaines de mètres du parc des Jacobins, là où les voitures viennent se faire contrôler avant de participer aux essais. Le quartier était donc très animé pendant que nous planchions sur nos copies, les moteurs vrombissaient et les effluves d' huile de ricin montaient jusqu' à nos narines. Mais je ne cherche pas d' excuse à mon échec. Car, pauvre de moi, ce n' était pas prévisible, mais je me suis fait étaler. Certes, nous étions 50 % dans ce cas. Rien à voir avec les pourcentages d' aujourd' hui, les correcteurs notaient beaucoup plus sévèrement. Encore heureux, je pouvais passer l' oral de repêchage début septembre.
Je devais partir faire "un camp" à travers les pyrénées et passer 8 jours à Lourdes comme brancardier sous la houlette de l' abbé Van der. Ce dernier et mes parents décidèrent pour moi : "ce serait bon qu' il prenne l' air, il aura toujours temps d' attaquer les révisions en Août."
Ce qui fût fait, je vous raconterai plus tard ce "camp" dont je garde un bon souvenir.
Au mois d' Août, j' étais à pied d' oeuvre au Mans pour réviser. Il faisait particulièrement chaud, la ville était déserte. L' oncle et la tante ne partaient jamais en vacances pendant cette période. J' avais commandé des cours de rattrapage par correspondance et je m' installais tous les jours sous la pergola dans le jardin pour travailler. Il y avait pire comme situation.
La date de l' examen approchait.
On nous informa qu' il aurait lieu à Caen dans une université toute neuve et gigantesque. On organisa le voyage. L' abbé Vander nous demanda de prendre dans notre voiture un copain de terminale, Philippe qui ,lui, passait son bac Mathélem. Il avait passé avec succès le bac Science-ex en juin et là, pour compléter son CV, il passait un autre bac. Doué et travailleur le garçon ! Mon oncle ne pouvant prendre une journée de congé, nous prêta un chauffeur, il était allemand (probablement un soldat qui n' avait pas voulu repartir après la guerre). C' était un genre d' homme de confiance de l' oncle et du grand patron.
Je suppose que nous sommes partis très tôt chercher le camarade avant de foncer vers Caen. Le camarade était prêt, sur le trottoir devant chez lui, mais il n' était pas seul, il avait à ses côtés une charmante blonde, sa correspondante allemande nous dit-il.
Pas de problème, le fait que le chauffeur soit d' origine allemande allait bien arranger les choses car il allait falloir occuper cette beauté pendant que nous passions nos examens.
Nous avions des cousins à Caen, Henri et Henriette Madeleine. Ne me demandez pas quel lien de parenté ils avaient avec nous, ni s' ils étaient du côté des Morvillers ou du côté des Pinchon (ma tante), je n' ai jamais su m' y retrouver. Ils étaient sympathiques en diable, à la retraite tous les deux.
Ma tante les avait contactés et c' est en grande pompe qu' ils nous accueillirent. Le chauffeur nous amena à l' Université et ensuite il visita la ville toute la journée avec Henri et la charmante frölein.
Cet oral fût une simple formalité, on sentait que les profs avaient envie de voir grimper le pourcentage de réussite. En math, l' examinateur m' aida beaucoup dans la résolution de mon problème au tableau et en géo, alors que je devais parler du Maroc sur lequel j' avais fait " l' impasse", le prof me fît parler de Mermoz et de la ligne qu' il installa au Maroc pour se diriger ensuite vers Dakar et le Brésil. Il était comme moi passionné par cet épisode de l' aviation et je m' en suis bien tiré.
Nous avons eu les résultats aussitôt. Ils étaient positifs ! Nous étions euphoriques quand le chauffeur vînt nous rechercher. La belle était enchantée également de sa journée et le champagne nous attendait chez Henri et Henriette. Nous ramenions chacun notre bac et Henri avait mis 2 bouteilles au frais.
Pour le retour les tourtereaux s' installèrent à l' arrière comme à l' aller, mais l' ambiance était toute autre, disons plus roucoulante...Faut dire que Philippe avait 18 ou 19 ans, moi, je n' avais que 16 ans et demi, mais bon sang, que j' aurais voulu être à sa place...
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