Chers lecteurs, j' ai beaucoup de peine à tenir mon blog depuis 15 jours à cause d' une défaillance de mon serveur. Cela étant dit, je me suis aperçu que ces instants
d' écriture faisaient partie de ma vie et qu' il m' était difficile de m' en passer. Je vous envoie cet article rédigé dans un contexte inhabituel et je vous demande de m' excuser pour les
imperfections (plus nombreuses) que vous pourriez relever.
Il est une question qui revenait souvent dans la bouche de ma tante : "Qu' est-ce que tu veux faire plus tard ?" Je restais bouche cousue. Elle ajoutait alors:"Il le sait bien, mais il ne veut pas
nous le dire." ce qui n' était pas entièrement faux. Mon oncle me fichait la paix car pour lui, la cause était entendue : je serai ingénieur de travaux publics. Pour mon père, la chose était aussi
très claire : je travaillerai avec lui. On en était là quand survînt une annonce de "bouboule" : "Demain, vous aurez le plaisir de voir le Frère X, il passera la journée dans le petit bureau à côté
du mien, il vous recevra un par un, vous pourrez lui dire ce que vous voulez faire plus tard et il vous donnera des conseils." On appelle cela aujourd' hui, un conseiller d' orientation.
Tous les élèves de 3° passèrent donc un entretien.
Nous connaissions un peu Frère X car il venait de temps en temps régler les cas difficiles. Il était bonnasse, frère jumeau de bouboule sur le plan de la corpulence. Je n' étais donc pas
impressionné et je me préparais à lui annoncer la couleur:
"Frère X, je veux dessiner des voitures" . Il n' était pas complètement arriéré et il me répondit tout de go:" Des Pinin Farina, il y en a un par génération, ça me paraît bien
présomptueux de ta part d' avoir cela comme objectif car tu risques de t' y casser les dents et d' être très déçu ensuite."
Je ne me souviens plus de la fin de l' entretien, je suis reparti assez démotivé, mais en même temps content d' avoir lâché le morceau. De retour à la maison, je racontai la réunion avec Frère
X et les conclusions. La famille était rassurée dans le sens que j' avais bien une idée en tête, même si cette idée paraissait peu réaliste. Mon oncle, me dit qu' il était content
mais en fait, je vis bien qu' il pensait dans sa tête "il a 14 ans, d' ici le bac, on a le temps de voir !"
Mon père pensait un peu la même chose. Ils étaient soulagés néammoins que j' eus exprimé une certaine ambition.
Dans les jours qui ont suivi, voyant que mon avenir n' était pas clair, je tentais d' avoir un autre avis.
J' écrivis à Maurice Trintignant, 2 fois vainqueur à Monaco, l' oncle de Jean-Louis, qui était à l' époque aussi célèbre que Prost le sera 20 ans plus tard. Une semaine après, je reçus une réponse
manuscrite que je conserve encore. Le célèbre pilote m' indiquait clairement qu' il ne voyait que Renault qui puisse m' engager et me former pour assouvir mon projet, ceci, évidemment, après de
bonnes études secondaires.
Même si cette lettre n' apportait pas de solution immédiate, le fait que quelqu' un de célèbre ait la gentillesse de prendre un peu de temps pour me répondre me procura une joie énorme.
Il ya 4 ou 5 ans, j' ai revu Maurice Trintignant à Vergèse, dans le Gard, dans sa villa. Mon frère Alain et moi avons passé un moment inoubliable en sa compagnie. Malheureusement cette
rencontre étant tellement impromptue que j' ai oublié de lui parler de cette fameuse lettre.