Overblog Tous les blogs Top blogs Maison, Déco & Bricolage Tous les blogs Maison, Déco & Bricolage
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité

Publicité

chap 83 : Nuit divine, nuit câline ?

Il y a des instants dans la vie qui sont tellement inattendus, que vous vous demandez s' ils ont réellement existé.
J' étais en 4°, j' avais donc 13 ans et demi, nous habitions avenue de Paris dans cette maison que j' ai décrite au chapitre 76. Cette maison était grande, mais il fallait y loger 5 personnes : l' oncle et la tante, les deux grands-méres et ma petite personne. Toutes les chambres étaient donc occupées. Nous ne recevions d' ailleurs jamais personnes à coucher.
Cela arriva pourtant un week-end.
Ma tante  possédait des cousins très éloignés à Blois. Un couple de son âge, lui, était agent du trésor et, elle, devait tenir la maison. Ils avaient 2 filles, l' une de 19 ans, Jeanne, jeune fille à la peau très blanche, aux longs cheveux blonds et à l' air un peu mélancolique. Elle était soit-disant fiancée. Elle peignait avec beaucoup de talent. Quand nous sommes allés à Blois, nous avons pu voir ses nombreuses toiles. Pour son âge, c' était je crois, exceptionnel, elle avait notamment une maîtrise parfaite de la peinture au couteau. L' autre avait 12 ans, une brune, l' exact opposé de sa soeur...nous ne l' avons pas vue au Mans lorsque ma tante décida de les inviter. Seule, Jeanne a accompagné ses parents sans grand enthousiasme, mais c' est bien normal, à 19 ans, aller passer un week-end chez des cousins que l' on connaît à peine, pas de quoi sauter de joie.
Ils arrivèrent tous les trois le dimanche vers midi et devaient repartir le lundi après le petit-déjeuner. Le couple était ce qu' on appelle des "bons-vivants", le cousin riait facilement de ses propres calembours qui n' étaient pas toujours du goût d' Albert, ses opinions politiques non plus d' ailleurs. Ce qui l' était encore moins, c' est que le cousin prétendait que la conduite automobile l' ennuyait et que pour se distraire il s' amusait à passer les vitesses sans débrayer...Mais mon oncle Albert savait se tenir et l' après-midi ainsi que la soirée se passèrent bien.
Vers la fin du dîner, on commença à parler des lits, je pense qu' on avait prévu une chambre à l' hôtel pour les cousins, et, pour Jeanne, on me fit part de la solution envisagée en catimini : accepterait-elle de partager mon lit ?
Pour elle, apparemment, cela ne posait pas de problème. Moi, évidemment, je devins rouge jusqu' aux oreilles comme à chaque fois que l' on abordait des sujets délicats. Ma tante en profitait pour me faire la honte : " Regardez le , il pique son fard." Le cousin, histoire d' en rajouter une couche dit :" Qu' est-ce que je vais dire au fiancé, je vais me sentir obligé de lui faire part de cet écart de ma fille..." Enfin bref, je coupais court à toutes ces bêtises d' adultes et je dis bonsoir à la société sauf à Jeanne qui viendrait me rejoindre plus tard.
Mon lit n' était pas très large, 1m30 peut-être. Je me calais d' un côté et essayais de dormir, le lendemain j' avais un examen blanc, car en 4° on nous préparait déjà au Brevet des Collèges. Jeanne ne tarda pas à venir me rejoindre, en pyjama tout ce qu' il y a de plus sobre. A 13 ans et demi, je
n' avais même pas imaginé qu' elle aurait pu mettre autre chose. Je ne dormais pas encore, ainsi nous échangeâmes quelques mots sur la journée, à propos des adultes notamment qui n' étaient pas très sérieux...Et nous essayâmes de dormir...mais point ne vînt le sommeil.
Il était pourtant déjà tard et nous n' avions pas bu.
Alors nous nous sommes mis à discuter "mezzo voce", de tout et de rien, littérature, chansons, peinture évidemment, des profs, des parents, des frères et soeurs, etc..etc...Jeanne m' apparut toute autre que pendant la journée, beaucoup plus affable, moins distante. Une jeune femme normale quoi ! Pas du tout "lunaire", même très gaie.
Pour une fois, je ne parlais pas de bagnoles, d' Anquetil, de Bobet, de Fangio.
Nous parlâmes ainsi jusqu' à 2 heures du matin et,  ensuite, mon sommeil fût très agité, je me demande même si j' ai vraiment dormi.
Le matin, à l' école, j' étais encore énervé comme après avoir pris du café.
L' examen blanc se passa comme sur un nuage, mais sans souci majeur.
 Quelques mois après,quand nous sommes allés à Blois rendre l' invitation, j' ai donc revu Jeanne, elle était mal dans sa peau et avait l' air malade, elle était sur une autre planète et posait beaucoup de problèmes à ses parents.
De loin en loin, il m' est arrivé d' avoir de ses nouvelles et elles n' étaient pas bien fameuses. Plus tard, beaucoup plus tard, j' ai regretté de n' avoir pas franchi les 10 cm qui nous séparaient cette nuit-là. Pour la première fois mon ange gardien m' a protégé, ange gardien qui s' incarnait souvent dans ma timidité.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article