Nous habitions encore dans la petite maison de l' avenue Jean-Jaurès, quand "Les petits chanteurs à la croix de bois" s' annoncèrent pour un
concert exceptionnel. Nous avions été avertis à l' école, car pour loger tout ce petit monde, il fallait trouver des familles d' accueil. Je pense que la tradition perdure de nos jours encore, les parents sont heureux de rendre service et
l' intendant des petits chanteurs y trouve son compte...si je puis dire.
Je n' étais pas tranquille en ramenant cette nouvelle à la maison, car où pourrions-nous le coucher cet invité ? Nous n' étions pas obligés bien sûr.
Pour ma tante, la solution fût toute trouvée, la vedette, la star, coucherait avec moi dans le petit cosy de 1m20 de large...
Nous allâmes récupérer "notre" chanteur à sa descente de car et, je le vois encore, s' avançant sa valise à la main et demandant d' un air ingénu :
" Pourrais-je déposer mes affaires dans ma chambre ?"
Panique à bord l' espace d' un instant ! Mais très vite ma tante avait résolu le problème : il s' installerait dans mon cosy situé dans le salon.
Et moi, et moi ?
Il n' y avait pas 36 solutions, je dormirai, ou plutôt j' essaierai de dormir entre
l' oncle et la tante.
"Notre" chanteur était un petit gros, pas très loquace. ma tante essaya de lui "tirer les vers du nez" comme elle disait souvent, mais sans succès, il disait le strict minimum. Après un repas
léger, recommandé par Mgr Maillet, le chef de la manécanterie, nous partîmes pour le spectacle.
Ce fût vraiment une soirée magnifique. Pensez-donc :
D' abord le concert des Petits Chanteurs avec une partie chants liturgiques et une partie chants païens et ensuite après l' entr'acte, le concert des Compagnons de la Chanson qui étaient au top à
cette époque, avec un Fred Mela au mieux de sa forme. Une ou deux chansons réunissaient les 2 groupes pour terminer la soirée.
Nous avons récupéré notre invité dans les coulisses et retour au bercail.
Ce fût évidemment une nuit blanche pour moi car dormir entre 2 adultes n' est vraiment pas une chose facile, j' avais toujours envie de me retourner. J' avais l' habitude de dormir en "chien de
fusil", là, c' était impossible. Enfin le matin arriva, le supplice prit fin et nous rendîmes "la vedette" à son autocar...