chap : 80 Frère Bernard : entre les frites et les maths !
11.07.2008
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Par marc morvillers
Avec Bouboule et Gallois, Frère Bernard complétait la trilogie des profs que nous avons eus en 4° et 3°.
Apprendre les mathématiques avec lui, c' était un rêve. Tout paraissait clair. Il avait beaucoup d' autorité, il passait pour une "peau de vache", c' est d' ailleurs sous cette étiquette qu' il s'
est présenté à nous le premier jour. C' est vrai
qu' au premier abord, il terrorisait, puis on apprenait à le connaître et on redoutait moins ses coups de gueule. Même s' il relâchait la pression en fin de trimestre, ce n' était pas le genre à
faire copain-copain avec les élèves, encore moins à avoir un ou deux "chou-chou".
Il se mouchait souvent, probablement à cause de la poussière de craie, avec un immense mouchoir blanc. Il sortait alors de sa soutane un espèce de petit drap blanc et se mouchait bruyamment dedans.
Auparavant, il l' avait déplié entièrement et repéré le côté de l' ourlet, de façon à l' utiliser toujours du même côté. C' est lui-même qui nous avait expliqué ça en début d' année. " Comme
çà, si vous vous fichez de moi, vous saurez au moins pourquoi." nous avait-il dit.
A l' approche des "24 heures du Mans", il repérait 5 ou 6 redoublants qui pourraient l' aider pour sa "grande" oeuvre caritative, à savoir : tenir une baraque à frites dans les "S" du Tertre Rouge
pendant la course. Il s' agissait de récolter assez d' argent pour payer la scolarité de quelques élèves dont les parents ne pouvaient pas assumer. Il y a toujours en 4° ou 3° des adolescents
costauds qui se sont attardés dans leurs études et qui se retrouvent en 3° à 17 ans. Ces gaillards-là faisaient l' affaire du Frère Bernard, qui pour une fois ne leur parlerait pas de Pithagore ou
d' Euclide. Une fois je suis passé les voir pendant la course. Cela m' a fait tout drôle de voir Frère Bernard en civil empestant l' huile de friture.
Après le brevet, il restait quelques jours de classe, Frère Bernard nous a emmenés faire une sorte de retraite à la campagne. Le but était de nous parler d' éducation sexuelle. Je n' ai gardé aucun
souvenir de ces cours hors programme. Je pense que notre prof de math-physique était plus à l' aise dans ses matières habituelles. En revanche je garde un souvenir, puisqu' il m' a laissé un petit
livre, qui sous forme d' un gentil roman, montre bien les problèmes qui peuvent survenir à frôler de trop près les filles. Je l' ai toujours, je m' étais dit que je le ferais lire en temps voulu à
mes deux garçons et j' ai oublié, à moins que je sois encore moins doué que le Frère pour ce genre d' éducation...