Cela fait plus d' un an que je fouille dans mes souvenirs et que j' essaie de les rendre intéressants pour des lecteurs presque quotidiens.
Je n' ai pas l' angoisse de la page blanche parce que j' ai de la matière sous la main, bien classée sur le disque dur de mon cerveau. Cette matière n' est pas inépuisable, certes, mais au bout d'
un an, je suis rassuré, je ne vais pas
m' arrêter demain.
Quand j' ai commencé, je ne savais pas où cela allait me mener. L' appêtit vient en mangeant disait Rabelais, c' est un peu à l' aveuglette que je suis parti. Les lecteurs m' ont encouragé à
continuer par leurs critiques sympathiques. Ma femme, correctrice émérite, m' a apporté son soutient.
Comment se souvenir de tant de choses ? En fait je pense que c' est pendant toutes mes années de solitude (jusqu' à 23 ans), que j' ai ressassé les épisodes de ma jeunesse jusqu' à les rendre
indélibiles. J' étais un doux rêveur, il faut bien l' avouer. Ou bien, je m'inventais des histoires dans lesquelles je gagnais toujours Les 24 Heures du Mans, dans le dernier tour, ou bien je
repensais aux anecdotes que je vous transmets par l' intermédiaire
d' internet.
Il faut bien sûr que ce que je raconte vaille la peine d' être lu. Je me fie à mon instinct. Si certaines personnes m' ont parues sortir de l' ordinaire, je vous en parle; si une anecdote me fait
sourire, je la transcris sur le blog.
Le plaisir que j' éprouve en écrivant vient probablement du fait que j' écris la vérité, sans la déformer, ou alors non-intentionnellement.
J' ai lu récemment que Chateaubriand avait inventé de toutes pièces certains chapitres de ses mémoires, notamment la partie qui se passe aux Etats-Unis nouvellement fondés. Le chenapant ! C' est
peut-être pour cela qu' il a demandé à son éditeur de publier l' énorme livre seulement après sa mort...
A propos de Chateaubriant, il me revient un bon mot de Jean D' ormesson :
"Si je me compare aux écrivains de ma génération, je me donne 16/20, si je me compare à Chateaubriand, je me donne 4/20 ."
Personnellement, j' essaie de ne pas faire de complexes. Je sais que si
j' écrivais un vrai livre il faudrait que je travaille davantage mes phrases. Au lieu de me prendre 1 h-1h 30, un article me prendrait la demie-journée. Pour l' instant je ne focalise pas sur le style, j' essaie d' être le plus spontané
possible.
Et advienne que pourra !
Merci à mes lecteurs et lectrices fidèles !