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ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité

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chap 67: Samedi 11 juin 1955 18h28 (2° partie)

Au bout de  2 tours seulement, Fangio avait rejoint le groupe de tête. Il y avait donc 3 voitures de 3 marques différentes qui menaient la course à un train d' enfer : la Jaguar verte de Hawthorn, le jeune prodige anglais, la Ferrari rouge de Marzotto et la Mercedes gris métal de Fangio. Les autres n' existaient pas...
Les Mercedes étaient équipées d' un systême de freinage d' appoint assez particulier : les pilotes pouvaient actionner un volet "intrados" qui s' ouvrait sur le coffre arrière et freinait la voiture tout en appliquant le train arrière sur le sol. C 'était en gros le même systême qu' emploient les avions pour se freiner à l' atterrissage. On pouvait donc, de manière très visible, voir si le pilote freinait ou pas. Eh, bien, alors que Simon et Levegh sur les 2 autres Mercedes sortaient leur volet "intrados" 300 m avant la courbe Dunlop, Fangio, lui donnait juste une petite pichnette juste au début du virage. La différence de niveau de pilotage était flagrante. Je me régalais, mon oncle René aussi, il était aussi passionné que moi. Nous ne voulions pas quitter nos places car le premier ravitaillement approchait et nous voulions savoir qui s' arrêterait en premier  de Fangio ou d' Hawthorn; Marzotto, lui, avait abandonné la lutte au bout d' une heure. Vers 17 h 45, Albert nous fît signe qu' il voulait nous emmener voir "le Village", sorte de foire exposition et dont c' était la première apparition au coeur du circuit, juste derrière les stands. C' est vrai que depuis 3 h 30 que nous étions sur place, il fallait penser à se dégourdir les jambes. Nous partîmes donc, comme un seul homme, en nous frayant un passage dans la foule. Il nous fallut une bonne demie-heure pour franchir la passerelle Dunlop et nous retrouver au "Village".
Nous étions à peine arrivés que nous avons apperçu des gens agglutinés devant des postes de télévision (très à l' honneur à cause du premier direct sur le Mans en Eurovision ). Des grands cris s' élevèrent de ces amas de téléspectateurs : un accident grave venait de se produire, les gens se retournèrent et apperçurent une grosse colonne de fumée bien noire au niveau du stand Mercedes. Les bruits les plus fous commencèrent à circuler, j' avais les jambes en coton. On disait qu' une Mercedes avait explosé dans la foule.
Nous avons fait marche arrière et sommes repassés sur la passerelle Dunlop.
Nous croisions des gens avec des regards lunaires, tachés de sang, qui parlaient peu, sous le coup d' un choc psychologique immense. Nous avons retrouvé notre voiture au parking et avons pris la route de la maison au milieu des ambulances qui avançaient en cortège funèbre. Dans la voiture, la radio donnait les premières informations, André Bourillon, le célèbre commentateur, se lâchait complètement, il racontait ce qu' il voyait et ce n' était pas joli. Au fur et à mesure que nous recevions des informations, il fallut se rendre à l' évidence que l' endroit exact de l' accident était celui où nous étions jusqu' à 17h45...
je ne vous parlerai pas des circonstances de l' accident qui sont abondamment décrites sur Internet dans une multitude de sites avec des dessins explicatifs.
Charles Faroux, le Directeur de l' épreuve n' a pas arrêté la course, cela a fait beaucoup de remue-ménage, un tas de gens ont donné leur avis là-dessus à bon ou à mauvais escient. Charles Faroux qui avait beaucoup d' expérience, a préféré laisser la course continuer car s' il l' avait arrêtée, les ambulances auraient eu beaucoup de peine à se frayer un passage parmi les spectateurs qui auraient formé un bouchon colossal...
Le bilan définitif fût de 83 morts, mais il y eu beaucoup de blessés physiques et psychologiques.
Le soir, après le repas traditionnel qui fût moins enjoué que d' habitude, nous sommes retournés au circuit. Un périmètre de sécurité avait été installé à l' endroit du drame et je ne vous dirais pas les choses affreuses que nous y avons vues.
Fangio était en tête, il avait passé de manière miraculeuse au travers des flammes et Hawthorn était second, lui qui était le coupable de tout ce drame. Après le retrait des Mercedes en signe de deuil, mais aussi parce que leurs voitures n' était pas conformes, c' est Hawthorn, ironie du sort, qui gagna la course.
Pendant quelques jours "Le Maine Libre" a publié une liste de personnes décédées, qui se trouvaient à la morgue et que personne n' était venu identifier. Il y avait un homme en combinaison blanche...dans ma petite tête de gosse, je pensais que ce pourrait bien être le pilote de la Mercedes qui avait explosé dans la foule. L' annonce resta une semaine au moins. Ce pauvre homme ne préoccupait personne apparemment. Et c' était bien Levegh, le pilote français que Neubauer était venu embrasser avant le départ...
Cette catastrophe reste la plus meurtrière de toute l' histoire du sport automobile.
Après cet évènement, Mercedes a quitté la compétition pendant au moins 20 ans. Ils sont revenus dans les années 70 dans les rallyes africains. Puis dans les années 90, aux 24 h du Mans qu' ils gagnèrent haut la main.
En 1999, leurs superbes voitures s' envolèrent par 3 fois, heureusement sans dommage, ni pour les pilotes, ni pour les spectateurs, seulement pour les sapins de la forêt. Mais quelle guigne...
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S
je suis stupéfaite de voir le souci du détail que tu possèdes encore . Tu as sans pris des notes en vue d'un blog futur ; cela ne peut ètre autrement
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