Mes parents donc, avaient acheté une caravane. Je devrais dire plutôt mon père car c' était lui qui évoquait souvent ce projet d' achat avec tant de lumière dans
les yeux qu' il nous avait communiqué à tous, le virus.
Une caravane, attelé à la Frégate, ce n' était pas fait pour rester plantée au même endroit. Mon père avait dû rêver à tous les voyages qu' il nous ferait faire , à tous les coins enchanteurs qu'
il nous ferait visiter. Il fallait, évidemment que nous adhérions à ses projets, sinon, gare à nous...
Je vous ai déjà parlé au chap. 35, du voyage à Meyrueis en Lozère, là où mon père avait été en chantier de Jeunesse avant d' être réquisitionné pour partir en Allemagne. C' est une bourgade de 1000
habitants, perdue dans la montagne, très difficile d' accès à cette époque. Le col n' était pas large. A certains endroits, on ne pouvait pas se croiser avec un véhicule venant d' en face, il
fallait que l' un cède le passage en reculant dans une aire prévue à cette effet. Reculer avec une caravane, ce n' est pas chose aisée. Ce n' est pas ce qui nous gêna le plus. Nous étions hyper
chargés, peut-être 7 dans la voiture et la caravane était remplie de tout ce qu' il fallait pour ce petit monde. Bref ! A mi-col, la Frégate hocqueta, fuma et refusa d' avancer telle un baudet
têtu. Mon père aurait bien tapé dessus, mais je crois qu' il prit cette aventure du bon côté, après tout, c' est lui qui avait voulu nous emmener à Meyrueis...La seule solution possible, qui
fût trouvée par plusieurs d' entre-nous, était de décrocher la caravane, de transvider le plus possible d' affaires dans la Frégate et de faire un voyage avec quelques-uns de mes
frères. Je restai avec ma mère et deux de mes frères à garder la roulotte que nous avions garée le mieux possible. Heureusement, il n' y avait guère de circulation. Ma mère, un peu rassurée par
notre présence, n' en menait quand même pas large. Nous faisions tellement pitié que même des bandits de grands chemins ne nous auraient pas importunés...Le temps nous sembla long à attendre
notre père qui finit par arriver.
Nous accrochâmes la caravane et tout se passa bien. Les journées étaient longues et il faisait encore jour quand nous retrouvâmes les autres frangins montant la garde auprès du matériel, dans le
camping de Meyrueis.
Je me souviens aussi d' une aventure au Pont du Gard.
Nous étions dans un superbe camping le long du Gard , à une centaine de mètres de la fameuse construction romaine. Nous avions l' habitude, cette année-là, de jouer à la belotte avant de nous
enfiler sous nos tentes respectives, les parents ayant pour eux seuls la caravane avec le petit dernier sans doute. Dominique, lui, qui avait une petite "canadienne" en solitaire était déjà
couché ," quand du bout de l' horizon accourt avec furie" une tornade comme on en voit (nous a-t-on dit) une par décennie.
En quelques minutes le camping fût dévasté, des arbres arrachés.
Que pouvait-on faire ? Dominique a eût la frayeur de sa vie. Il criait :"je suis mort, je suis mort !" Je crois me souvenir que, miraculeusement, il n' y eût aucune victime ce jour-là. Il y
en aura dans d' autres catastrophes ultérieures à cet endroit.
Le lendemain, nous visitâmes Nîmes sous un soleil de plomb. Sans aucun ressort, cherchant l' ombre plutôt que les beautés antiques. Mon père, lui, montrait l' exemple et tentait de raNîmer notre courage.
Je suis retourné à Nîmes l' an passé, il faisait tellement chaud que les rues étaient vides. La ville a beaucoup changé en 50 ans, mais combien de tornades et d' inondations depuis ?
Je ne vous parlerai pas de l' année où mon père décida de visiter les "Châteaux de la Loire", j' étais occupé par ailleurs, j' ai juste passé un week-end avec la famille, l' ambiance avait l' air
sympa.
Au bout de trois ans de vacances itinérantes, l' importance de notre smala ayant encore augmentée, mes parents optèrent pour le camping statique, beaucoup plus reposant surtout pour ma
mère.
Bien sûr, mon père et nous-mêmes, nous aidions à différentes tâches ménagères, mais ma mère avait forcément le plus gros du travail.