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ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité

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chap 65 : La cinquième

Le maître titulaire de notre classe de 5° avait une réputation de peau de vache...C' était un laïc. Il enseignait toutes les matières sauf l' anglais. Ce qui fait que nous nous défoulions sur notre prof de langue et que nous en avons "usé" deux ou trois dans l' année. 
Je me souviens de la prise en mains, le jour de la rentrée.
" Vous ne savez rien, vous êtes nuls et je vais vous le prouver...
Morvillers ! pouvez-vous me dire, ....(suit une question de math assez simple, à laquelle, terrorisé, je ne puis répondre) Alors, Morvillers, j' attends...On m' a dit que vous étiez un cador et vous ne savez pas répondre à cette question simple? Pas la peine de demander aux autres. Je vous l' avais dit, vous ne savez rien..." Toute l' année, il a employé un ton sarcastique à notre égard. Ce n' était pas le genre à avoir un "chouchou", mais, dans l' ensemble, j' ai bien appris avec lui. Il avait su me mettre en confiance, et sans en avoir l' air, il savait me montrer qu' il était content de moi.  Sa méthode ne pourrait avoir cours aujourd' hui car il
s' acharnait un peu trop sur les élèves qui ne comprenaient pas assez vite. Il piquait des colères qu' on entendait 2 classes plus loin, on s' en est aperçu quand nous étions en 3°...On aurait dit parfois qu' il voulait absolument que "ça rentre" dans tous les cerveaux, même ceux qui ne voulaient rien savoir.
Un jour, il mit un élève, un peu obèse, le pauvre, à genoux sur une règle en acier. Au bout d' une dizaine de minutes, l' élève est tombé en syncope en lachant un énorme pet qui fit rire toute la classe. Le maître , lui,  n' a pas rigolé.
Heureusement, après quelques petites gifles, le gamin revînt à lui et tout le monde respira.
Un jour, à cause de la tension qui régnait parfois dans la classe, je suis parti
d' un fou rire magistral. " Morvillers, qu' est ce qui vous fait rire?
-Je ne sais pas monsieur,
-on ne rit pas pour rien, vous n' êtes pas fou que je sache.
-vraiment, monsieur, je ne sais pas (ce qui était vrai en plus)
au bout de quelques échanges de ce type, il finit par me dire :
"Vous riez parce que vous êtes heureux, ce n' est pas plus compliqué que ça."
Au passage, admirez le vouvoiement...qui sera respecté jusqu' à la fin de ma scolarité...
Cette année-là fût l' année du "renouvellement de ma communion solennelle".
Seules les familles ultra-catholiques ou riches se pliaient à cette coutume non obligatoire. Avec ma tante pour chaperon, il n' était pas question d' y déroger.
"A quelque chose malheur est bon", mes parents s' étant rabibochés avec ma tante, ils firent le déplacement au Mans avec la Frégate et cette petite fête, un peu "réchauffée" me fît du bien au coeur. Je me souviens encore de la phrase de mon père en m' embrassant après la messe : "Les années se suivent et ne se ressemblent pas." Avec Camille, mon parrain, et sa famille, nous étions un bonne dizaine. Ma tante fît un bon petit repas à la maison, comme elle savait si bien les faire.
La période de la rue Jean-Jaurès allait bientôt se terminer, nous allions quitter cette petite maison, cette petite "mancelle" pour une plus grande, sur les lieux de travail de mon oncle. Mais auparavant, en juin 1955, allait se produire un évènement d' une portée planétaire, qui reste, encore aujourd'hui, unique en son genre.
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