ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité
Quand j' arrivais en vacances à St-Clair, mon premier travail était de nettoyer les lapins. Entendez : "vider le fumier des clapiers et mettre de la paille
fraîche". J' aimais bien faire ça car j' avais l' impression que les petits animaux dociles m' en étaient reconnaissants. Ma grand' mère n' avait que des lapins blancs, elle disait qu' ils se
vendaient mieux au marché. Une fois la paille fraîche en place, les lapins, après quelques bonds et cabrioles, se mettaient à grignoter la paille avec un air évident de contentement.
En revanche ce que j' aimais le moins, c' était de partir à l' herbage le soir pour la traite des vaches. Le matin je restais au lit, mais le soir vers 17/18 H, il fallait atteler le baudet,
charger les bidons vides dans la charrette et partir au galop dans un herbage où l' on retrouvait le troupeau de vaches meuglant à qui mieux mieux.
je ne trayais pas moi-même, je n' ai jamais su, au contraire de mon frère cadet Alain qui s' y entendait parfaitement. Ma grand'mère était aidé par Jacqueline, elles devaient traire chacune une
bonne dizaine de vaches de race normande ou hollandaise. Pendant ce temps, environ une bonne heure et demie, je m' occupais comme je pouvais. A vrai dire je m' ennuyais un peu au milieu des
mouches qui tourbillonnaient, évitant à chaque pas les bouses de vaches. C' est surtout à cause des mouches que je détestais ce moment là de la journée. La stabulation libre et les trayeuses
électriques ont vraiment apporté du confort à la profession d' agriculteur.
Quand je revois mémère et Jacqueline, la tête entourée d' un fichu, le front posé sur le ventre de la vache et tirer sur les trayons pendant 1h1/2, se prendre des coups de queue, je me dis
que cette corvée a fait beaucoup pour la désertification des campagnes...
A la fin, il fallait charger les bidons pleins dans la
charr
ette, ce qui était très
"physique" pour des femmes, puis l' on rentrait à petit trot à la ferme, emmené par un âne qui n' a jamais avoué son âge....