ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité
Ainsi donc mon grand-père était très attaché à moi.
En y réfléchissant, je pense que c' est dû aux deux premières années de ma vie passées à Lignières-Châtelain sans mon père.
Pour Raoul, mon grand-père, je devais être comme le petit dernier de ses propres enfants, sa dernière fille, Jacqueline ayant seulement 6 ans.
Mais où était donc mon père ?
Comme des milliers de jeunes français, l' armistice l' a cueilli au moment
d' être incorporé. Direction les "Chantiers de jeunesse" chers à Pétain.
Il était basé à Meyrueis, un jolie petit bourg de Lozère, je crois.
Il a du y passer des bons moments car c' est là qu' il a été conquis par le camping. Une année il a voulu nous y entraîner en vacances. Nous sommes restés plantés au milieu du col avec une
caravane trop chargée, on en reparlera peut-être plus tard. Quand un homme met tant
d' opiniâtreté à retrouver un endroit, c' est qu' il y a vécu une amourette...
Après ce séjour plutôt ludique, direction l' allemagne pour le service du travail obligatoire (STO).
Mon père s' est retrouvé sur une péniche sur le Rhin. Relativement tranquille comme affectation. La péniche appartenait à un couple
d' allemands sympathiques. Le problème c' est qu' ils avaient un seul fils, membres des "Jeunesses Hitlériennes", qui prenait mon père pour un esclave. Mon père s' accrochait
souvent avec lui jusqu' au jour où il a failli
l' étrangler.
Après cette aventure,le fils
s' est un peu calmé.
Pendant ce temps, à Stalingrad, les nuages s' amoncelaient sur l' armée allemande. Vînt le jour où le fils dû partir au pays des étoiles rouges.
Très vite ses parents apprirent sa mort. Ce fût une grande tristesse sur la péniche, mais pour mon père ce fût une délivrance et l' affection des patrons de la péniche se reporta sur lui. Il ne
m' a jamais beaucoup parlé de cette période car, comme je vous l' ai dit, mon père ne regardai jamais en arrière, mais à chaque fois, il avait des larmes dans les yeux, et il manifestait le désir
de faire des recherches pour retouvrer ces braves gens qui lui avaient fait passer la guerre sans trop de problème.
La guerre terminée, après quelques mois passés à la ferme, il mit le cap sur Moreuil avec sa petite famille.