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ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité

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Chap 35 : Les Le Tynevez

passerelle-dunlop.jpgJe ne sais plus par quel biais mon oncle s' était fait un ami de M. Le Tynevez. Peut-être parce qu' il lui avait bien réparé sa voiture. Ce monsieur n' était pas n' importe qui, il était ingénieur des Travaux Publics et 
1 ° adjoint au maire du Mans, il avait une soixantaine d' année, mais travaillait encore, surtout pour la Mairie.
C' est lui qui avait été maître d' oeuvre lors de la reconstruction du circuit automobile, c' est lui l' inventeur des "fascines", sorte de rails de sécurité faits exclusivement avec des branches torsadées et entremêlées qui bordaient les 13 km du circuit. C' est lui qui était responsable de la passerelle Dunlop qui fît beaucoup pour la notoriété du Mans. Il nous raconta un jour que lors de la première course en 1949, les spectateurs 
s' étaient agglutinés en haut pour voir passer les voitures, et la passerelle , ployant sous leur poids, avait failli s' écrouler; Il s' en était fallu de peu.
A albi, 2 ans plus tard, il n' ont pas eu cette chance et la passerelle s' est écroulée en pleine course...
M. Le Tynevez avait une passion, la chasse. Mon oncle s' est découvert avec lui un talent de chasseur, on verra plus tard que ce mot peut avoir deux sens différents.
Il était fréquent qu' à l' automne il nous invite à une journée de chasse du côté de Bouloire, à une quarantaine de Km du Mans. Il avait son propre garde chasse qui nous accompagnait avec un furet dans sa poche. Ma tante venait également ainsi que Mme Le Tynevez et ses deux filles, l' une blonde, grande et belle, 27/28 ans et l' autre , brune, moche, et 40 ans, les deux étaient célibataires. Les deux chassaient dans les deux sens du terme si je puis dire...Ces gens-là avaient une maison de campagne dans les parages, mais le midi nous mangions souvent au restaurant. Je suivais la chasse derrière mon oncle et j' adorai çà, sauf la traversée des betteraves qui m' arrivaient  à mi-corps. Ce que j' aimais beaucoup c' est la chasse au furet. Il y avait des endroits qui étaient truffés de terriers dans d' énormes talus d' argile. Le garde-chasse introduisait son furet dans un trou et les chasseurs se postaient autour du talus. Au bout d' un moment les lapins sortaient et ça "canardaient" de tous les côtés. C' était un peu un boucherie, mais au moins on voyait du gibier...
Le soir, nous allions directement chez les Le Tynevez  où la "bonne " de madame nous avait préparé le souper. Sincèrement j' aurai préféré rentrer à la maison car, d' une part, j' étais crevé et d' autre part je savais que ça traînerait en longueur. Déjà à cet âge, j' aimais me coucher tôt pour être en forme pour l' école.
Nous prenions l' apéro en attendant que les dames et surtout les demoiselles, se changent. 
Ca prenait du temps...La blonde redescendait  plus belle que jamais, parfumée et virvoltante parmi les coupes de champagne et l' autre, frustrée de n' être pas si belle, bougonnait un peu ou avait mal à la tête.
Mon oncle ne disait pas grand chose, mais observait avec beaucoup de plaisir.
Venait l' heure de passer à table, je regardais continuellement ma montre...J' avais un mal fou à garder les yeux ouverts.
Heureusement, notre hôtesse avait un talent de conteuse...Ses gens de maison, ses "bonnes" comme on les appelait en ce temps-là, lui causaient bien des soucis, notamment au niveau de la probité.
Dans cette maison où circulait beaucoup d' argent, il était tentant pour une "bonne" d' oublier de rendre la monnaie après avoir fait les courses.
Elle nous raconta qu' un jour, elle avait la quasi certutude que son employée lui avait subtilisé un billet de 5000 francs ( d' avant 1959). celle-ci ne voulait pas avouer. 
-je lui dit :"si vous ne voulez pas me rendre mon argent, je vais vous fouiller " Comme elle n' en démordait pas, je lui dit "eh bien ! déshabillez-vous ! sinon je vous dénonce à la police on vous déshabillera de force "
Elle commença à pleurer mais aussi à se déshabiller, le pull, la jupe. Je lui dit "encore, encore", elle enleva sa combinaison, elle était en soutien-gorge et petite culotte. Je passais la main dans son soutien-gorge, ...rien...Eh bien ! savez-vous où il était ce billet ? Eh oui ! madame ! dans sa petite culotte...

J' avoue que c' est le genre d' histoire qui me réveillait....
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