ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité
Un des derniers voyages avec une voiture d' emprunt fût un véritable marathon.
Nous étions invités aux environs de Cambrai, dans la belle famille de René (celui qui avait perdu dramatiquement sa femme), pour assister à une communion solennelle . Le Mans-Cambrai, cela
représente 450 km, ...une paille...Mon oncle emprunte une Matford au garage et nous voilà partis, toujours à la bourre, vers 19 h. Cette belle voiture, de construction française, avait un Ford
V8. La route était à nous....
Notre optimisme ne dura pas longtemps. Arrivés aux environs de Nogent-le-Retrou, le moteur se met à ratatouiller. Mon oncle , qui s' y connaît pourtant, après force coup de souflette dans les
gicleurs décide de rentrer à la base...ce n' est pas le tout de rentrer tant bien que mal, il fallait trouver un véhicule de remplacement...Dans ces cas-là, on fait appel aux bons amis. Mon oncle
avait un copain du RPF (le parti Gaulliste de l' époque) qui habitait dans une rue voisine. Il sonne à sa porte aux environs de 22 h. Celui-ci nous ouvre en pyjama, pas trop réjouit...mais bon,
contre mauvaise fortune, bon coeur, il nous prête sa Celtaquatre Renault. Et l' essence ? Il fallait y penser...le réservoir de la Matford était quasiment plein et celui de la Celtaquatre,
tout-à-fait vide. Les voyoux savent bien comment on fait, et les gens de cette époque là aussi.On prend un tuyau de caoutchouc, on l' enfonce dans un réservoir, on aspire avec la bouche, on avale
immanquablement une giclée d' essence dans le gosier et on met l' autre bout du tuyau dans le second réservoir, c' est le fameux système des vases communiquants...une petite merveille...
C' est seulement vers minuit que nous repartons du Mans. la voiture n' est pas performante, mais le temps est clair et à 80 Km-H, nous arrivons vers Sourdon vers 6H du matin, il fait déjà soleil.
Mon oncle sent qu' il faut remettre un peu d' essence pour arriver à Moreuil, le jerrycan se trouve sous les bagages, on démonte tout, on met ça sur la route et on repart en oubliant
la moitié sur la chaussée....Heureusement, on s' en aperçoit à Mailly-Raineval, demi-tour...
Un petit dej à Moreuil, on embarque la grand' mère et René et direction Cambrai...
La cérémonie du matin se passa bien, mais quand il fallut aller aux vêpres ce fût un calvaire.
En plein milieu des chants en latin je suis tombé de ma stalle en faisant un bruit d' enfer et en réveillant aussi une partie de l' auditoire, qui lui, digérait difficilement. De ce jour là, je
ne voulut plus entendre parler de vêpres.