ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité
Je vous l' ai déjà dit, ma tante voulait me faire rentrer dans une école libre, point.
Vous avez dèjà compris que mes parents ne roulaient pas sur l' or, ni l' oncle et la tante d' ailleurs.
Ors nous sommes en 1950, la loi Debré est encore loin d' avoir été votée, les écoles libres sont payantes pour les parents. Mais il y avait plusieurs catégories d' écoles libres. Il y avait
et il ya toujours, les "huppées" et les "pauvres".
L' école des "Frères des Ecoles Chrétiennes" rue de Lorraine avait l' avantage de n' être pas très chère et
d' être facilement accessible pour un
garçon de 8 ans : toujours le même trottoir à suivre, quelques rues pas bien méchantes à traverser...
Au cours d' un entretien formel, je fis connaissance avec le Directeur, que l' on appelera jamais autrement que le "Dirlo" ou "Bouboule", ceci en compagnie de ma tante. Les Frères de ce
temps là portaient soutane et col blanc formé de 2 bavettes, ce qui les distinguait très nettement des autres ecclésiastiques, d' ailleurs si mes souvenirs sont bons, ils ne disaient pas la
messe, c' étaient des enseignants uniquement.
Je suis resté dans cette école jusqu' au brevet et je m' y suis trouvé trés bien. La seule chose qui m' ait handicapé pour la suite de mes études, c' est qu' on n' y enseignait pas le latin. Mais
cet inconvénient s' est révélé mineur, quoique...
Il y avait des profs laïcs et des frères à peu près 50/50 . L' école occupait tout un quartier, il y avait 3 cours de récréation, 3 portes d' entrée. Je parle au passé car elle a déménagé à
3/400 m de là.
En CE2, j' eu un jeune prof de 19 ans, très pet sec, mais nous nous sommes bien entendus. C' était le genre à vous donner des coups de règles en fer sur le bout des doigts. 19 ans 1/2 ça vous
paraît bizarre, mais il faut savoir qu' avant la loi Debré, les écoles libres vivotaient comme elles pouvaient, sans moyens, elles embauchaient des profs qui étaient presque des bénévoles compte
tenu de leur maigre paye.
Les parents plus riches payaient plus cher pour offrir la scolarité à ceux qui étaient trop pauvres pour payer .
Vous me direz justement, cher lecteur, "mais pourquoi ne mettaient-il pas leurs enfants dans une école publique gratuite ?" Eh bien ! je vous répondrais que certains parents
avaient des convictions religieuses très fortes en ce temps là.
C' est ici qu' il faut vous dire que nous avions cours de caté tous les matins pendant 15 minutes environ, ce qui nous dispensait des cours de caté du jeudi après-midi, j' ai toujours trouvé que
c' était un avantage considérable pour mon temps de jeux. Nous devions inscrire J.M.J (Jésus.Marie. Joseph) en haut, à gauche de chaque page de cahier.
Je dois dire que je trouvais ça un peu ridicule mais je n' en suis pas mort...
Nous avions un classement par semaine...je me suis tout de suite retrouvé dans le peloton de tête, mais constamment, ou presque, troisième.
Un dénommé Rouillard , nasu toute l' année, et un dénommé Marchant, à moitié sympa mais obèse, étaient devant moi et ne m' ont pas fait de cadeau jusqu' au brevet...
De ce CE2, je garde un assez bon souvenir mis à part la fois où je n' ai pas osé ramener mon carnet à la maison car j' étais ...4°, je me suis enfermé dans un mensonge impossible à tenir
longtemps. Ma tante est venu voir le petit prof de 19 ans et leur éclat de rire quand ils ont découvert le pourquoi m' a rassuré sur la gravité de n' être seulement que 4°...
Quand je pense que pendant des dizaines d' années on ne donnait plus de note à l' école de peur de traumatiser les élèves...
Une de mes amies, enseignante, me disait récemment :" je pense souvent à tous les élèves qui se lèvent le matin et qui n' ont que des mauvaise notes à espérer de la
journée..." C 'est vrai que la "note", ça angoisse...mais toute la vie n'est -t-elle pas angoissante...?
LA PHOTO est prise Boulevard E. ZOLA, traversée par la tramway maintenant, et que j' empruntai 4 fois par jour pour me rendre à St-Joseph et en
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