ma vie depuis ma naissance entrecoupée d' un compte rendu de mes lectures favorites et de coup de coeur particulier sur l' actualité
Vous allez dire que je vais chercher bien loin mes comparaisons, mais, désolé, quand je repense à mon premier contact avec la piste des 24 Heures, je pense au cachemire, cette laine si
douce, si confortable et si sensuelle ...
Mon père était venu au Mans pour affaires et mon oncle en a profité pour lui faire découvrir, ainsi qu' à moi-même, le célèbre circuit.
Pour ce faire, il emprunte une voiture d' un client, un Vedette Ford 1949, toute nouvelle voiture, fabriquée en France, un peu une copie des américaines.
Nous pénétrons sur le circuit par la route de Tours, la ligne droite mondialement connue sous le nom de "Hunaudières". Dès que nous sommes sur cette piste, on n' entend plus aucun bruit dans la
voiture, déjà silencieuse par elle-même. Nous sommes sur un "billard", il n' y a pas d' équivalent dans le monde, même encore aujourd' hui, pour une pareille qualité
de surface, douce comme du cachemire...
Au bout des 7 km, il a le virage de Mulsanne, à angle droit. Mon oncle en profite pour nous faire une petite figure qu' il réitérera 3
km plus loin à Arnage. C' est un vrai régal pour moi. De ce jour je me suis dit : "vivement que
j' ai 18 ans pour faire pareil." Ensuite, nous passons Maison Blanche, une coube insignifiante à priori, mais délicate si l' on passe à fond. Et puis c' est la ligne droite des stands, la
courbe Dunlop, les "S" du Tertre Rouge et de nouveau la route de Tours. Et mon oncle de dire " c'est fini, on rentre à la maison".
Et moi -"c' est déjà fini !"
- eh ! oui ! 13 km 500 environ que les bolides parcourent plusieurs centaines de fois en 24 heures.
- Dis mon oncle, pourquoi est-ce que toutes les routes ne sont pas aussi belles que celle-là ?
-ça coûterait trop cher mon garçon.
Ford Vedette