littérature

Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 14:04

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                       Avant de faire une rétrospective de mes meilleures lectures de l' année écoulée, très riche en bons bouquins, laissez-moi vous faire partager une réflexion au sujet des deux photos qui illustrent cet article. L' une est celle du portail "Notre-Dame" de la cathédrale d' Amiens et l' autre, prise quelques jours après, est celle de la devanture des Galeries Lafayette décorée pour Noël. Ne trouvez-vous pas une  ressemblance ?

Si j' ai un conseil à vous donner, en période de fête, allez plutôt vous promener dans la cathédrale d' Amiens qu' à Paris, boulevard Haussmann....

 

1Q84 d' Haruki MURAKAMI (tomes 1 et 2)

Déjà best-seller au Japon avec un démarrage des ventes 6 fois supérieur à celui d' Harry Potter, ce roman ne déçoit pas. Le troisième tome est à paraître ce mois de janvier.

2 histoires se chevauchent à tour de rôle, par chapitres courts.

A) Tengo, prof de math. Il a beaucoup de temps libre qu' il consacre à l' écriture d' un roman et à aider le patron d' une maison d' édition. Un manuscrit arrive justement sur le bureau de ce patron qui est sidérant d' originalité. Tengo partage tout à fait ce sentiment avec son patron. Le manuscrit est l' oeuvre de Fukaéri, une jeune fille de 17 ans.

B) Aomamé est une jeune femme de 30 ans, coach à domicile en arts martiaux. Une de ses clientes est une vieille dame fortunée qui héberge des femmes et des enfants qui ont subit des sévisses sexuels de la part d' hommes abjects.

Dans le second tome, les deux personnages principaux qui se sont aimés sur les bancs de l' école primaire mais se sont perdus de vue ensuite, vont tenter de se retrouver.

Il y a évidemment des allusions à 1984 de Georges Orwell. On parle beaucoup de Tchékhov.

C' est passionnant comme un bon roman policer. C' est très poétique par moment et très facile à lire.

 

LA COULEUR DES SENTIMENTS (voir article 23)

 

L' ART FRANCAIS DE LA GUERRE PRIX GONCOURT 2011 d' Alexis Jenni (voir aussi chapitre 24)

Un grand livre que l' on pourrait situer entre "Les bienveillantes" et "Le club des incorrigibles optimistes". Le narrateur (lyonnais comme Jenni) se prend d' amitié pour Victorien Salagnon qui lui donne des cours de peinture. Au fur et à mesure de leurs rencontres, il lui raconte "ses" guerres. D' abord le scoutisme, puis la résistance et ensuite l' Indochine et l' Algérie. Beaucoup de réflexions sur le colonialisme, la cohabitation impossible entre EUX et NOUS, qu' est ce que l' IDENTITE, sur le vrai rôle de De Gaulle.

Mais il n' y a pas que la guerre et des réflexions sociologiques, il y a aussi de belles pages sur l' amour. Prenez votre temps, ce livre en vaut la peine, c' est LE livre français de l' année sans aucun doute

 

LONG WEEK-END de Joyce MAYNARD

Une magnifique histoire racontée dans un style sans fioriture mais très agréable. De belles pages d' émotions, du suspence, des personnages attachants, de l' humour.

Henry est un collégien de 14 ans, travaillé par la puberté. Il vit seul avec sa mère et passe ses week-end chez son père remarié. A l' aube du long "pont" du 1° mai, le hasard fait qu' il se retrouve avec sa mère sur le chemin d' un évadé de prison, Frank. Frank est blessé. Ils vont le ramener à la maison, le soigner et dès ce moment va naître une empathie entre les 3 personnages. Et même entre la mère et Frank, c' est une histoire d' amour qui commence....

 

DES VIES D' OISEAUX de Véronique OVALDE

L' histoire se passe dans un pays sud-américain. Vida vit avec son mari, chirurgien et fabricant de scalpels. Sa fille unique Paloma les a quittés. Vida part à sa recherche, aidée par Taïbo, un policier qui va l' emmener dans le village mal-famé de son enfance, village plein de légendes. En fait Paloma vit avec un jeune homme jardinier à ses moments perdus et les deux amoureux squattent les villas de propriétaires absents. Roman très agréable à lire, beaucoup d' humour et  style inimitable.

 

LES SOUVENIRS de David FOENKINOS

Assassiné par certains critiques (comme La Délicatesse d' ailleurs) ce roman, probablement un peu autobiographique, est un petit bijou de sensibilité. L' auteur pense que les souvenirs sont la seule chose que l' on possède vraiment sur terre. C' est une méditation sensible sur la vieillesse et les maisons de retraite, la difficulté de comprendre ses parents, l' amour conjugal, le désir d' écrire. Il raconte au premier degré une histoire simple, avec délicatesse et humour.

 

LE CONGRES de Jean-Guy SOUMY

L' auteur de La tempête et de La chair des étoiles nous raconte un fait de vie sociale sous Louis XIV dont je n' aurais jamais soupçonné l' existence.

L' histoire se passe dans une famille de bâtisseurs (les bouygues de l' époque), architectes de père en fils. 35 000 limousins travaillent au château de Versailles. L' édit de Nantes va être révoqué, les protestants sont pourchassés. Les familles protestantes doivent fuir ou adjurer. Guillaume n' est pas croyant. Un soir, une famille en fuite sous la tempête, vient taper à sa porte pour demander asile. Il les loge et les conduit le lendemain à l' embarcadère. Il tombe amoureux d' Esther. Avant de la quitter, elle fait promettre à Guillaume d' aller voir sa soeur Jehanne restée en France. Jehanne ressemble beaucoup à Esther. Guillaume va l' aimer et se marier avec l' accord de son père...mais pas de sa belle-soeur, une chipie de première qui fera tout pour que les jeunes époux se soumettent à l' épreuve du congrès...

 

Et ENCORE...

La LIONNE BLANCHE de Henning MANKELL

HYPOTHERMIE d' Arnaldur INDRIDASON

JOURNAL IMPOLI de Christian Millau (voir article 19)

PISE 1951 de Dominique FERNANDEZ ( voir article 20)

ARRETEZ-MOI LA de Iain LEVISON (voir aticle 21)

LA JEUNE FILLE A LA PERLE de Tracy CHEVALIER

 

Parmi les "classiques" j' ai relu avec délectation PAVILLON DE FEMMES de Pearl BUCK de 1948

Par astondbr - Publié dans : littérature
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Mercredi 30 novembre 2011 3 30 /11 /Nov /2011 14:07

 

 

 

                          Quand il s' agit d' une première rencontre souvent fortuite avec un être que vous aimez dès la première minute, les écrivains se déchaînent et écrivent leurs plus belles pages.

Je vous avais déjà parlé du coup de foudre raconté par Alexis Jenni dans "L' art français de la guerre", je vous le livre ici en partie. C' est une façon aussi de vous prouver que ce livre ne dépeint pas que des épisodes de guerre.

 

-Mais elle, je ne sais pourquoi, me faisait crépiter; je n' étais plus flamme de bougie, mais fournaise capable de tout fondre, attendant davantage d' oxygène pour bondir en un grand brasier devant elle.

Il me semblait que la partie sensible de mon être, l' oeil, la rétine, la part de cervelle qui voit, tout ce qui est sensible en moi flairait sa présence où qu' elle soit, et au milieu des flots de voitures, des nuages de gaz, des scooters, des vélos, des grands autobus qui cachaient la vue, des piétons qui allaient en tous sens, au milieu de tout ça, je la voyais aussitôt. Sur ma rétine avide, sa trace était prête. Je ne voyais qu' elle. J' ignorais tout d' elle, si ce n' est son mouvement et son apparence.

Elle avançait dans la rue d' une démarche vive, utilisant cette propriété de la marche qui est le rebond. Je la voyais souvent. Elle traversait les rues où je me traînais avec l' élasticité d' une balle qui bondit, tout en courbes élégantes, sans jamais perdre de sa puissance. Ses cheveux dansaient autour de sa nuque avec la même vivacité que son pas. Ils étaient vivants et gonflés, éclatants.

Je la connaissais comme mon âme sans jamais lui avoir parlé. La vie urbaine nous faisait nous croiser, quelques fois l' an, mais l' émotion que j' en éprouvais me faisait croire que c' était chaque jour.

Un soir, nous rentrions en voiture, ma femme et moi, et je la vis 

brusquement dans la vitrine éclairée d' une pâtisserie. De ces quelques secondes j'eus le souffle coupé.

 

 

Dans "Les souvenirs", David Foenkinos (l' auteur de La Délicatesse) nous raconte un souvenir de coup de foudre de son père :

 

-Observateur attentif des filles, il rêvait d' elles, et pensait, dépité, que ce serait là à jamais sa seule façon de les approcher : par le rêve. Il décida ainsi un jour de "faire une croix" sur les filles. Ironie absolue : au moment même où il songeait à tracer cette croix, il repéra une jeune fille qui sortait d' une église. Sans savoir pourquoi, il fut attiré par elle, c' était fou, c' était évident, c' était instinctif. Il devait à tout prix lui parler. Mais dès qu' il avança vers elle, il commença à souffrir. Une fois face à elle, il se mit en travers de son chemin et lui dit : "Vous êtes si belle que je préfère ne jamais vous revoir; "Il ne savait pas pourquoi il avait proféré une telle phrase, aussi belle qu' étrange.

Mon père aimait plus que tout ce souvenir car il estimait, sûrement à juste titre, que c' était la seule fois de sa vie où il avait été héroïque, étonnant, et même charmant. Il n' en revenait pas d' avoir été soumis à une telle pulsion.

Et bien sûr, pour saisir entièrement la saveur de ce moment, il fallait ajouter que cette femme allait devenir sa femme. Cette femme allait être ma mère.

 

Dans son magnifique livre, "L' envoûtement de Lily Dahl" Siri Hustvedt, (qui est la femme de Paul Hauster), l' héroïne, Lily qui est une belle fille de 19 ans tombe en émoi devant un inconnu, Shapiro,  arrivé la veille dans une bourgade du Minesota. Il est peintre, il a 35 ans. Il vient au bar dans lequel travaille Lily.

Edouard Shapiro traversait la rue en grandes enjambées, et Lily saisit la cafetière sur sa plaque chauffante et se mit à verser du café dans la tasse de Clarence Sogn, qui était quasi pleine, et ensuite elle s' essuya les mains sur son tablier sans nécessité et sentit battre son coeur et s' enjoignit de n' être pas stupide. Sans le voir, elle l' entendit passer la porte; elle redressa son dos et rentra son ventre.

Il était mince, mais l' idée de son poids la troublait. Même s' il m' a vue, il ne me reconnaîtra jamais, se dit-elle, et elle vit Berthe lui servir une tasse de café. Elle aurait donné gros pour se trouver de l' autre côté du comptoir avec le pot de café.

 

Pour terminer...en prime, deux histoires pour rire racontées par Foenkinos :

 

La scène se déroule à Paris. Un jeune homme en vélo est en délicatesse avec sa chaîne qui ne veut pas se remettre. Les mains pleines de graisse et voyant l' heure tourner, il laisse son vélo et se précipite pour prendre le métro. Il saute les marches quatre à quatre, monte dans une rame in-extremis, bouscule une jeune femme, Alice, et lui fait tomber son livre. Il le ramasse mais le tache avec ses mains sales. -Pardon, je suis désolé...j' ai les mains sales." La fille lui adresse un sourire. Le livre qu' elle lisait était "Les mains sales" de JP Sartre. Alice pleine d' esprit comme toutes les Alice lui répond : " Heureusement que je n' étais pas en train de lire La peste de Camus."

 

L' autre scène se déroule dans un hôpital devant la machine à café.

Le père dit à son fils : "Tu veux un café ?

-....

- Tu devrais. Ils sont bons ici. Çà m' a surpris mais , vraiment, cette machine fait du bon café."

J' ai dit oui, et j' ai bu ce café atroce. On aurait dit un café qui avait des troubles de la personnalité; et à mon avis, c' était un café qui aurait voulu être un jus de tomate.

 

J' espère que ces quelques extraits vous donnerons envie de lire ces trois romans, dont deux au moins ne sont pas faciles d' accès, mais quel talent pour ces trois auteurs et quel bonheur de lecture ! lily-dahl.jpg

 

 PS : Je me suis moi-même essayé à décrire un coup de foudre. C' était il y a quelques mois au chapitre 221

Par astondbr - Publié dans : littérature
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Mercredi 2 novembre 2011 3 02 /11 /Nov /2011 13:48

 

                   On est souvent déçu par un film inspiré d' un roman. Même si globalement l' adaptation est satisfaisante, il nous reste souvent un arrière-goût, un manque de je ne sais quoi. Telle L' élégance du Hérisson, mais il y en a bien d' autres. C' 'est souvent parce nous avons imaginé les personnages en lisant le livre et que nous sommes déçus par le casting ou bien parce que certaines scènes n' apparaissent pas dans le déroulement du film.

 

Avec La couleur des sentiments, il n' en est rien !

Tate Taylor, le réalisateur et scénariste, a tout pris, n' a rien laissé de côté et il a fait un bon casting. Emma Stone est exactement telle que je l' imaginais, même plus belle car Kathryn Stockett (l' auteure du livre) en fait une grande bringue assez mal foutue alors qu' Emma Stone est plutôt mignonne. De cela on ne peut pas lui en vouloir. Taylor a même repris le personnage secondaire de la jeune femme un peu paumée qui ne peut pas avoir d' enfant. Le film est donc assez long, mais personne ne s' en plaint. On ne regarde jamais sa montre.

Je ne vais pas vous raconter l' histoire car vous la trouverez sur internet ou bien vous la connaissez déjà.

On y va souvent de sa petite larme car il y a beaucoup d' émotions, tout le film est fait de scènes émouvantes. Il y a deux passages hilarants qui permettent de respirer un grand coup et de reprendre son souffle pour de nouvelles scènes poignantes.

Les hommes n' ont que des "troisièmes" rôles. Ils se ressemblent d' ailleurs tous...ces américains du Mississipi.

Les voitures sont fantastiques, toutes plus belles les unes que les autres, notamment la Chevrolet Corvette rouge. Taylor a  bien trouvé le pick-up avec remorque  avec lequel l' héroïne va à son rendez-vous.

On a même droit à un Gospel, très court il est vrai mais il ne fallait pas l' oublier car il fait vraiment partie de la vie des noirs dans cette partie du monde.

 

L' histoire se passe dans le début des années soixante. Qu' en est-il de la ségrégation en ce début de 3° millénaire ? je me pose la question. J' ose espérer que tout cela a évolué favorablement, mais les images tournées lors du cyclone Catherina nous ont laissé un peu dubitatifs quant à une amélioration de la condition des noirs.

 

Beaucoup de bons films sont projetés en ce moment, spécialement des films tirés de romans à succès, vous ne pourrez peut-être pas les voir tous, alors mettez vite en tête de votre liste : La couleur des sentiments et si vous n' avez pas lu le livre, achetez-le ou empruntez- le dans une bibliothèque,couleurs-des-senti.jpg le lire avant ou après est indispensable pour bien s' imprégner de l' histoire foisonnante écrite par Kathryn Stockett...qui prépare un autre roman.

Par astondbr - Publié dans : littérature
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Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 14:57

 

                                            On célèbre les 30 ans de la mort de Georges Brassens et c' est  toujours avec la même joie que j' ai réécouté ses plus belles chansons. Celles qui me feront toujours rire, celles qui me procureront toujours une émotion d' adolescent comme la première fois que je les ai entendues et puis celles pleines de tendresse. Toutes sont intemporelles.

 

Voici quelques vers gravés dans ma mémoire:

 

Mourir pour des idées l' idée est excellente

Moi j' ai failli mourir de ne l' avoir pas eu. brassens.jpg

Car tous ceux qui l' avaient, multitude accablante

En hurlant à la mort me sont tombés dessus

Mourons pour des idées, d' accord, mais de mort lente,

D' accord, mais de mort lente.

*****

 

Misogynie à part, le sage avait raison

Il y a les emmerdant' s, on en trouve à foison

En foule elles se pressent

Il y a les emmerdeus' un peu plus raffinées

Et puis, très nettement au dessus du panier

Il y a les emmerderesses

La mienne, à elle seul', surtout' s surenchérit

Ell' relève à la fois des trois catégories

Véritable prodige.

Ell' m' emmerde, ell' m' emmerde, à la fornication

Ell' s' emmerde, ell' s' emmerde avec ostentation

Ell' s' emmerde vous dis-je

Au lieu de crier : "Encor, hardi, hardi "

Ell' déclam' du Claudel, du Claudel, j' ai bien dit

Alors ça, ça me fige

.......................................

Mais qu' on aille chercher dedans son oeuvre pie

un aphrodisiaque, non ça, c' est de l' utopie.

*****

 

Mon caveau de famille, hélas, n' est pas tout neuf

Vulgairement parlant il est plein comme un oeuf,

Et d' ici que quelqu' un n' en sorte; il risque de se faire tard et je ne peux,

Dire à ces braves gens, poussez-vous donc un peu,

Place aux jeunes en quelque sorte.

......................................................................

Et quand prenant ma butte en guise d' oreiller

une ondine viendra gentiment sommeiller,

avec rien de moins de costume,

j' en demande pardon par avance à Jésus,

si l' ombre de sa croix s' y couche un peu dessus,

pour un petit bonheur posthume.

*****

 

Est-ce à dire que je méprise

les nobles guerres de jadis

Que je m' soucie comm' d' un' cerise

de celle de soixante-dix ?

Au contrair' , je la révère

et lui donne un satisfecit

Mais, mon colon, cell' que j' préfère

c' est la guerr' de quatorz' dix-huit.

******

 

Quand les héritiers étaient contents

au fossoyeurs, au croqu' mort, au curé, aux chevaux même

ils payaient un verre

elles sont révolues

elles ont fait leur temps

les belles pompes funèbres de nos vingt ans

******

 

Le ciel l' avait pourvue des milles appas

qui vous font prendre feu dès qu' on y touche

l' en avait tant que je ne savais pas

ne savais plus où donner de la bouche.

******

 

maintenant je rampe et je fais le beau

quand ell' me sonne

j' étais chien méchant, ell' me fais manger

dans sa menotte

j' avais des dents d' loup, je les ai changées

pour des quenottes.

******

 

La fill' à tout' l' monde a bon coeur

ell' me donne au petit bonheur

les p' tits bouts d' sa peau bien cachés

que les autres n' ont pas touchés.

*****

 

Voici le vent qui souffle emportant, crève-coeur

le chapeau de mon père et les enfants de coeur

voilà la pluie qui tombe en pesant bien ses gouttes

Comme pour empêcher la noc' coûte que coûte

je n' oublierai jamais la mariée en pleurs

moi pour la consoler, moi, de toute ma morgue

sur mon harmonica jouant les grandes orgues

 

*****

 

Sur sa bouche en feu qui criait :" Sois sage!"

il posa sa bouche en guise de bâillon

Et c' fût l' plus charmant des remue-ménages

qu' on ait vu d' mémoir' de papillon.

 

*****

 

La demeure que je préfère

c' est votre robe à frou-frou

tout le restant m' indiffère

j' ai rendez-vous avec vous.

 

*****

 

Le ciel soit loué, je vis en bonne entente

avec le Pèr' Duval, la calotte chantante,

lui, le catéchumène et moi, l' énergumèn'

Il me laisse dire merd', je luis laiss' dire amen.

 

 

*****

 

Ce sera le mot de la fin...

Par astondbr - Publié dans : littérature
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Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 14:21

arretez-moi-la.jpg

               Voici un petit résumé de ce que j' ai lu en juillet-août. Ces commentaires ont été rédigés à brûle-pourpoint, je ne les ai pas modifiés ensuite.

 

BLASPHEME de Asia Bibi, je commence par celui-ci car si vous n' allez pas jusqu' au bout de l' article il est important que vous ayiez lu au moins ce commentaire.

Du fond de son cachot nauséabond de 3mx2, Asia raconte comment elle a été condamnée à être pendue par les extrémistes pakistanais. C' est révoltant ! On ne peut qu' être scandalisé devant tant de méchanceté. Il se passe en 2011, en ce moment même où vous lirez ces lignes, des choses aussi abominables que pendant la shoa ou du temps des goulags en Russie. Les gouvernements qui soutiennent ces bourreaux ne sont pas dignes de sièger à l' ONU.

Asia, qui est chrétienne, est condamnée parce qu' elle a trempé sa timbale dans un baquet d' eau où se servaient des femmes musulmanes...Deux ministres qui la défendaient devant le monde entier ont été exécutés par des extrémistes. Les droits de ce livre serviront à nourrir ses enfants et son mari, obligés de se réfugier pour survivre.

 

INTUITIONS de Dominique Dyens.

Ce livre est un suspens psychologique, presqu' un thriller. Nous sommes dans la grande bourgeoisie habitant ST Germain-en-Laye. Un couple, dont le mari, Philippe, est avocat et la femme, Nathalie, agent immobilier. Une fille, Amélie, 15 ans, assez rebelle et un fils en stage aux USA. Le mari ne touche plus sa femme depuis quelques années. On sent que ça va craquer mais Nathalie est très pieuse et ne se décide pas à franchir le pas de l' adultère ou du divorce.

Soudain arrive une nouvelle par SMS, simultanément sur les téléphones de Philippe et de Nathalie : le fils revient pour se marier avec Gala, une française. Branle-bas de combat !!! Qui est cette fille ? Est-elle de leur niveau ? Comment se fait-il qu' elle ait vécu à St-Germain pendant son enfance ? Et surtout, pourquoi Nathalie tient fermée en permanence une chambre, objet de toutes les interrogations d' Amélie ? Un bon suspens, le dénouement est un peu compliqué pour moi.

 

PISE de Dominique Fernandez (voir article 20)

 

HOMO ERECTUS de Tonino Benacquista .

Pas de quoi se relever la nuit, mais plaisant à lire et original.

Des hommes se réunissent tous les jeudis soirs pour raconter leurs histoires de couple ou leurs histoires tout court.

L' auteur a choisi 3 d' entre-eux qui ont des atomes crochus et qui finissent la soirée derrière un dernier verre. Il y a Denis, le serveur de restau, qui fait une déprime et se retrouve au sortir de l' hôpital dans son appart, avec une femme qu' il ne connaît pas. Il lui a ouvert avec beaucoup de réticences et après force palabre sur le pas de la porte. On saura seulement à la fin la causalité de cette intrusion énigmatique.

Il y a Yves, le poseur de fenêtre, qui se paye des prostitués plusieurs fois par semaine.

Et Philippe, le philosophe, qui vit avec une des plus belles femmes du monde, laquelle l' emmènera pour une scéance photos en Asie du sud-est au moment du tsunami.

On suit ces trois hommes tour à tour. On finit par s' en lasser un peu sauf que l' intruse de Denis maintient un petit suspense.

C' est bien écrit. Benacquista nous avait habitué à mieux question humour.

 

LA JEUNE FILLE A LA PERLE de Tracy Chevalier.

Un des meilleurs romans concernant la vie d' un peintre. Le film qui a suivi, avec Scarlett Johanson, ne démérite pas.

L' auteur retrace 3 année de la vie d' une jeune fille, Griet, qui rentre, à 16 ans, au ser blaspheme-bibi.jpg vice du peintre hollandais Vermeer. Il n' était pas célèbre de son vivant, loin s' en faut. D' abord employée comme bonne à tout faire, le maître ayant repéré chez elle une certaine attirance pour la beauté et spécialement les couleurs, va lui demander de préparer ses peintures. Ce qu' elle devra faire en cachette et en plus de son travail habituel car la femme de Vermeer, la belle-mère et les grandes filles vont tout de suite la prendre en grippe et lui rendre la vie impossible. On se rend compte que l' artiste et Griet, belle et pure, ont une attirance l' un vers l' autre mais il n' y a pas plus de deux ou trois phrases pour nous le suggérer, c' est tout l' art de Tracy Chevalier.

Un des principaux commanditaires de Vermeer lui demande avec insistance de prendre Griet comme modèle. Le maître s' éxécute et demande à Griet de poser mais cela devra se faire en cachette de sa femme et de la maisonnée, ce qui occasionne pas mal de problème...

Ce que je n' arrive pas à savoir, c' est le degré d' authenticité de cette histoire. Le tableau existe, le fille a existé, la famille aussi, mais le reste ? C' est tout le talent de l' auteur de nous avoir fait pénétrer comme des petites souris dans cette maison flamande où on été peints les plus beaux tableaux du monde.

 

UN IMMENSE ASILE DE FOUS de Louis de Bernières

Beaucoup de nostalgie dans ce livre qui raconte des anecdotes survenues dans un petit village campagnard de l' Angleterre. A part une des histoires qui traîne en longueur, on trouve toujours de quoi sourire si ce n' est franchement rire. Dans sa postface l' auteur nous explique que toutes ne sont pas forcément vraies, mais qui l' en blâmerait ? Il est beaucoup question d' animaux et d' automobiles anciennes. Mais ce qui domine par dessus tout , c' est le sentiment que ce passé révolu était bien plus intéressant à vivre que le présent monde moderne. On a envie d' aller faire un tour dans le Surrey où se trouve ce petit village, les gens dont parle l' auteur ont bien sûr disparu mais il reste peut-être leur âme.  

 

ARRETEZ-MOI LA de Iain Levison

Un roman bien construit, sans temps mort, qu' on lit d' une traite. Le narrateur et héros du roman est chauffeur de taxi. Une nuit, il monte une femme à l' aéroport et la conduit chez elle. Cette dernière a une fille de 12 ans qui va disparaître et la police va tout de suite penser qu' elle est morte. Le chauffeur de taxi qui n' a rien à voir dans ce supposé rapt, va être accusé à cause d' une succession d' éléments négatifs pour lui. C' est une proie facile pour l' enquêteur. L' auteur va nous montrer toutes les imperfections de la justice américaine. Le lecteur va haïr le juge et le procureur qui vont maquiller la vérité pour que LEUR coupable soit condamné. On ne peut pas en dire plus sans anéantir le suspens.

C' est le roman le plus jubilatoire que j' ai lu cet été.

 

TU VERRAS de Nicolas Fargues

Les premières pages sont assez nébuleuses, mais heureusement on arrive très vite sur le fond de l' histoire à savoir la perte d' un garçon de 12 ans dans un accident de métro. C' est son père le narrateur et un tour sur internet vous soulage le coeur : l' oeuvre n' est pas autobiographique sauf que lorqu' il avait 6 ans, ce garçon a failli passé sous un autobus. De cette peur rétrospective, Fargues en a fait un livre qui vaut le coup d' être lu.

Beaucoup de remarques judicieuses sur les rapports père/fils dans un contexte tout ce qu' il y a de plus actuel. Il insiste lourdement sur les jeans "baggies" que le jeunes portent au ras des fesses, il en parle à toutes les pages, mais je le comprends...La fin n' est pas banale car une amie de couleur (en fait une témoin de l' accident) lui conseille d' aller en Afrique noire voir un gourou qui lui fera passer son chagrin. L' auteur connaît bien l' Afrique noire et ces dernières pages sont une très bonne façon de finir le livre.

Pas du tout mélo à partir du moment où l' on sait que c' est une fiction.

 

Lu encore : LA RIVIERE NOIRE de Analdur Indridason : j' ai de beaucoup préféré Hypothermie.

DU PLOMB DANS LE CASSETIN de Jean-Bernard Maugiron, un petit bijou que les gens qui connaissent un peu l' imprimerie ou la Presse apprécieront encore plus que les autres.

 L' ETE DE LA VIE de John-Maxwell Coetzee(prix nobel 2003) Dans ce troisième volet de son autobiographie fictive, l' auteur sud-africain dévoile avec pudeur ses échecs et ses amertumes. Pas rigolo mais accessible.

Par astondbr - Publié dans : littérature
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Mardi 12 juillet 2011 2 12 /07 /Juil /2011 14:49

Je devais revenir aujourd' hui sur mon année 1964 à Offenburg, mais le livre que j' ai terminé ce matin m' a laissé une telle joie que je veux vous la faire partager.

En plus, le sujet va très bien introduire certains épisodes de ma vie que je devrais aborder dans quelques semaines sur mon blog.

Le livre s' appelle PISE 1951, Pise étant la célèbre ville italienne à la tour penchée non moins célèbre. Dominique Fernandez, académicien est un 110111pise.jpg auteur très prolifique. Ces derniers temps on lui doit : Ramon (bio de son père), Avec Tolstoï ou L' art de raconter. Il a reçu le prix Goncourt en 1982 pour "Dans la main de l' ange".

Je vais essayer de résumer l' histoire sans trop vous en dire car il y a un léger suspense qui naît au fil des pages et qui n' est pas négligeable pour l' intérêt du lecteur.

 

Deux jeunes amis parisiens inséparables d' une vingtaine d' années partent pour un séjour d' un an en Italie, à Pise précisément. Octave, d' éducation très janséniste est inscrit dans une école d' art, c' est un passionné de peinture et de sculpture et Robert, plus pragmatique débute dans le journalisme. Pour parfaire son italien, il a réussi à décrocher un reportage sur l' activité dans une base militaire américaine à Livourne. Ils sont tous les deux logés dans l' internat de l' école d' art. En fait, de ce contexte, l' auteur va très peu en parler pendant le déroulement de l' histoire.

Pour faire un peu de tourisme à leurs moments perdus, Octave se met en frais d' un scooter, un Lambretta exactement, moins cher qu' un Vespa. Un soir, en sortant du camp militaire, Robert rencontre une pauvre femme qui vient de rater son train. Il lui propose de la ramener chez elle. Elle met quelques difficultés à accepter, mais finalement, Robert se montre persuasif et la ramène. Elle habite une demeure qui a été très belle, mais qui est complètement en ruine. En fait, cette dame est comtesse, mais la guerre, le fascisme, le communisme sont passés par là.

Dans le jardin, il y a des ruches également en mauvais état. Robert connaît Elio, un bricoleur qui pourrait remettre ces ruches en état. Cette réparation sera le prétexte de nombreux voyages pour la maison, à trois sur le scooter...

Mais cette dame a une fille...Invicta de 17/18 ans qui se meure de tristesse dans cette maison et dont les deux jeunes français vont tomber amoureux.

A partir de là, l' analyse est très fine. Il ne sera pas de rencontre entre la mère, la fille, les deux français, et même Elio, le bricoleur qu' Octave ne peut pas supporter,( Robert, le narrateur, ne sait pas pourquoi), sans qu' il ne se passe un incident très touchant, rendant les personnages encore plus attachants.

Dans ces années 50 , il apparaît que les moeurs françaises dans le domaine de l'amour sont beaucoup plus libres qu' en Italie, où la "chape de plomb" de l' Eglise Catholique est toujours très présente. En plus, le fait d' appartenir à une bourgeoisie, même déchue, n' arrange pas la libération des sentiments d' Invicta.

Vers la fin du livre, la mère organise une visite dans une chapelle où se tient une sculpture très célèbre. Pour y accéder, il y a un escalier tortueux et l' idée de la signora, c' est que Octave et Invicta se retrouvent dans cet escalier puis en haut, seuls devant la statue pour permettre au jeune français de se déclarer, car la mère, elle, a choisi entre les deux français...

Fernandez écrit : " La bretelle de son soutien-gorge est en train de glisser sur son bras nu, il faut sans cesse qu' elle la remonte. Avec Roberto, se dit-elle, cela n' aurait aucune importance, mais je dois absolument cacher à Octave la patte de tissu rose."

Par cette pensée d' Invicta, on sait qu' elle a une préférence pour Octave. Elle est donc sur la même longueur d' onde que sa mère...et pourtant...

L' auteur nous dit plus loin une pensée qui peut nous dévoiler l' épilogue :

"Ne craignez pas de vous déjuger. Le vrai courage consiste à ne pas s' entêter. Un second choix peut se révéler bien meilleur que le premier. Le bonheur vient souvent du côté où on ne l' attendait pas.

 

J' ai adoré ce livre pour le style magnifique, l' atmosphère envoûtante de cette grande maison italienne, la beauté d' Invicta, sa pureté, sa retenue avec les garçons, l' humour de certains passages, l' analyse d' une soirée à l' opéra etc...etc...la liste est trop longue.

Par astondbr - Publié dans : littérature
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Lundi 16 mai 2011 1 16 /05 /Mai /2011 14:09

 

             C' est pour démystifier les gros pavés et tenter les hésitants que j' écris ces quelques lignes.

Bien sûr il y a 700 pages, mais elles se tournent aussi vite que pour un bon millau.jpg polar.

Tout d' abord, l' auteur est bien le créateur du guide gastronomique, avec son ami Gaud, mais il délivre là l' étendue de sa palette d' activités.

Il ne s' agit aucunement d' une autobiographie, mais d' une somme de souvenirs accumulés au long d' une vie de journaliste bien remplie (Millau a plus de 80 ans). Il y a autant de chapitres que de jours dans une année. Christian Millau ne commence pas par ses souvenirs d' enfance pour finir par ses souvenirs de 2011, il va au gré de sa fantaisie et de son bon plaisir. Cela rend le livre très agréable à lire car on ne s' attend pas à la suite et c'est à chaque fois une surprise.  Si par hasard un chapitre vous intéresse moins, vous pouvez le sauter sans que cela ne nuise à la compréhension du chapitre suivant.

Voici quelques extraits presque toujours empreints d' humour.

 

"Un mégot mâchonné par Churchill, le 14 octobre 1950, s' est enlevé pour la somme de 365 livres et, mieux encore, un cigare entamé le 22 août 1941, juste avant le Conseil des ministres, a atteint les 4500 livres! On imagine ce que pourrait faire un cigare de Bill Clinton, au cas où Monica Lewinski aurait eu la présence d' esprit d' en mettre quelques-uns de côté pour ses vieux jours.

 

Un mot de Churchill : "J' espère que la fumée de mon cigare ne va pas vous empêcher de tousser"

 

Le vrai luxe, c' est la rareté, l' exclusif. Le reste n' est qu' un substitut. D' ailleurs, quand l' argent est le moteur du luxe, il n' y a plus de luxe. Le prix n' a rien à voir avec l' excellence. Pour moi, des haricots verts ramassés le matin au bout du jardin, avec la rosée, ou l' admirable merlan en colère de Rebuchon, voilà le luxe.

 

La vie humaine est fragile. Notamment quand les laboratoires pharmaceutiques en prennent soin.

 

Il y a des gens qui pensent. Bernard-Henry Lévy pense beaucoup. Michel Houellebecq également. Guillaume Musso et Virginie Despentes, un peu moins. Moi, je ne pense pas. Les rares fois où je me suis mis à penser, j' ai constaté, heureusement, que je ne pensais à rien.

 

Il est tout de même fort de café que Louis XV, qui fit de Paris une capitale des arts, n' ait pas même l' ombre d' une ruelle. Ne lui doit-on pas de petites choses comme l' Ecole militaire, le Panthéon, le prolongement des Champs-Elysées, la rue Royale et surtout l' admirable place qui porta son nom et qu' on nomme maintenant de "La Concorde" ?

 

Dans le Carnet du jour du Figaro, que je consulte chaque matin, afin de m' assurer que je suis toujours vivant...

 

Impossible de lui résister. Il aurait vendu une pyramide à Khéops et un tank à Jules César.

 

On voudra bien admettre que Verlaine, Rimbaud, Baudelaire, Oscar Wilde, Hemingway écrivaient plutôt mieux que la moyenne de nos auteurs actuels. On conviendra également que Van Gogh, Gauguin, Toulouse-Lautrec ou Picasso ne se montrèrent pas, non plus, maladroits dans le maniement des pinceaux; Or, ils eurent tous un point en commun : ils carburaient à l' absinthe.

 

Un mot de Jules Renard : "Je me surmène de paresse"

 

J' ai tenté de lire, l' autre semaine, dans le Figaro Littéraire, l' article de Yann Moix sur le dernier Houellebecq. Il est regrettable qu' on n' y ait pas joint la traduction en français.

 

Nous l' aimons bien tous, notre Catherine Deneuve, mais nous l' aimerions encore davantage si, au lieu de parler à toute vitesse et de faire de la bouillie avec ses textes, elle voulait bien articuler.

 

Le bombardement de Dresde décidé par Churchill, approuvé par Roosevelt fit au moins 70 000 victimes civiles. Plus qu' à Hiroshima. Un bombardement "moral" dira un anglais ....

 

Et pour finir :

Je suis agacé quand on me présente comme un écrivain. Je suis un vieux journaliste qui écrit des livres. Ce n' est pas la même chose.

 

Voilà, j' espère que je vous ai donné envie de lire ce livre qui pourrait être un livre de chevet : un chapitre tous les jours de l' année...

Par astondbr - Publié dans : littérature
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Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 14:16

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 Arte nous réserve souvent des petites soirées de cinéma très sympathiques. Hier soir, c' était le cas avec ce film de Bertrand Tavernier datant de 1980.( Le film repasse Jeudi 21 avril à 14 h)

31 ans que cette histoire est sortie sur les écrans, cela aurait pu être hier.

Vous allez me dire que ce n' est guère réjouissant si les choses n' ont pas changé dans le domaine de l' éducation nationale...

Nathalie Baye joue Laurence, une prof de français dans un CES à Lyon. Elle prend très à coeur son métier mais traverse une crise de doute sur son avenir et l' opportunité de continuer à enseigner à des élèves qui sont peu intéressés. Elle est au bord de la déprime et son médecin lui donne huit jours d' arrêt. Elle va mettre à profit cet arrêt pour faire le point. Son compagnon, Pierre, joué par Gérard Lanvin et son amie Anne lui conseillent de ne pas abandonner.

Des flash-back vont nous permettre de nous rendre compte que  la vie d' une enseignante n' est pas un long fleuve tranquille.

Nathalie Baye, superbement jeune, joue admirablement comme tous ceux qui l' entourent.

Il y a Michel Galabru, le père d' un élève peu reluisant. Laurence va le réconforter en lui faisant espérer des jours meilleurs pour son fils. Une amitié va commencer entre ces deux personnages. Une soirée improvisée autour d' un bon repas avec Philippe Noiret comme invité surprise, est un vrai moment de bonheur. Galabru et Noiret, les deux compères de Tavernier, rivalisant de drôlerie en racontant leurs espiègleries de potache.

On assiste à quelques scènes dans la classe avec probablement de vrais élèves.

Un jour Laurence entend un chahut gigantesque dans une classe, elle ouvre la porte...tous les élèves se calment et reprennent leur place. Laurence s' aperçoit alors qu' il y avait bien une jeune enseignante, une nouvelle certainement, complètement traumatisée par le chahut et comme tétanisée. Laurence s' excuse :"Je ne vous avais pas vue". Un peu plus tard, en récréation, Laurence va vers la jeune prof qui lui demande :

"Vous reviendrez ?" autrement dit : "Vous reviendrez me secourir quand vous entendrez un autre chahut ?" -"Oui, bien sûr "répond-elle.

Une petite élève vient voir Laurence parce qu' elle ne se sent pas assez "intelligente". la petite joue à la perfection. Laurence va lui faire entendre raison et la rassurer. C' est très émouvant.

Au cours de cette semaine de congés maladie, Laurence va aller voir ses parents qu' elle ne voit pas assez souvent selon son frère. Ce seront  encore des scènes admirables et touchantes. Les dialogues sont éternels.

J' aurai cru entendre ma mère. Quand Laurence arrive après sa journée dans le train et le bus, sa mère lui dit : "Passe-toi les mains à l' eau, c' est toujours sale dans les trains",

après : "Tu t' es mis en jean, j'préfère que tu passes une robe, ton père aussi."

Finalement, au lieu de trois jours, Laurence repartira à Lyon au bout de deux jours.

Lyon, parlons-en. Tavernier est un Lyonnais et il aime sa ville. Que de beaux plans ! (le film est enregistré en superlarge). Les quais de la Saône avec tous leurs immeubles colorés sont impressionnants. On y voit aussi  des "traboules" célèbres dans cette ville. je vous laisse le soin de chercher l' origine de ces traboules, c' est captivant.

Quand Laurence va visiter ses parents, c' est l' occasion pour le metteur en scène de faire quelques beaux plans sur le vignoble du Beaujolais.

Tavernier n' a pas résisté à l' envie de filmer son héroïne en petite culotte.    C' était juste une petite friandise sur la gâteau, Nathalie Baye a dû dire  :"Bon d' accord, mais ne fait qu' une prise"

On entend quelques chansons inédites d' Eddy Mitchel au cours du film.

Pour ceux qui ont de la patience et surtout de bons yeux, il doit être possible de voir la vidéo sur internet.

Au bout du compte, après cette semaine de congés Laurence a cette phrase qui donne beaucoup d' espoir: "Je continue! Les enfants ont une force en eux qui m' aide à vivre, je ne peux pas m' en passer." baye-et-galabru.jpg

Par astondbr - Publié dans : littérature
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Mardi 8 février 2011 2 08 /02 /Fév /2011 14:51

brasserie-Lipp.jpg

800px-Paris-Gare_de_l-Est-2009.jpg

Non, je ne vais pas vous parler de la "rédaction" de Stéphane Hessel, mais de trois sujets personnels et récents d' indignation, et cela dans la même journée, lors d' une virée à Paris.

 

Tout d' abord, savez-vous où l' on peut boire le café le plus cher du monde ?

C' est sans nul doute au Café de Flore à St-Germain des Prés. L' addition qu' on vous apporte négligemment se monte à 4,70 €. Pour ce prix-là, la table n' est même pas propre...D' accord vous êtes peut-être assis à la place de Jean-Paul Sartre et votre compagne à celle de Simone de Beauvoir, encore que ces deux-là s' installaient certainement à l' étage. On pouvait y fumer à cette époque. Enfin quand même, si vous n' avez pas rencontré Beigbeder ou d' Ormesson, vous avez quand même perdu 4€.

Le garçon fait son petit cinéma comme souvent à Paris, celui-là est assez beau gosse et il interpelle les belles filles qui passent comme s' il les connaissaient personnellement en vous glissant :" Le travail ce n' est pas tout, les sentiments ça compte aussi !" Et plus fort, à la cantonade : "Ca va aujourd' hui Gaelle ?" La supposée Gaelle ne répondra d' ailleurs pas...

 

Seconde indignation : J' avais envie de revoir la Gare de l' Est, point de départ vers Offenbourg, donc vers l' Allemagne, puisque je vais me plonger dans le récit de mes aventures allemandes.

Arrivant par le métro à l' intérieur de la gare, qu' elle ne fût pas ma stupéfaction de constater que la place sur laquelle débouche la gare s' appelle Place du 11 Novembre 1918. En sortant par la droite, vous remarquez que la rue qui longe la gare s' appelle "Rue du 8 Mai 1945" , alors là, vous vous dites : on fustige la réconciliation des peuples! Mettez-vous à la place d' un allemand qui vient passer quelques jours en France, on ne le met certainement pas dans de bonnes dispositions en lui rappelant ces deux dates. Je sais que les anglais ne font pas mieux avec Trafalgar et Waterloo, mais ce n' est pas une raison.

Il y a quarante ans se tenait à l' angle du boulevard Magenta, la Brasserie de l' Est ou peut-être de Strasbourg où l' on mangeait la meilleure choucroute de Paris et où l' on buvait la meilleure bière...c' est maintenant un Quick, pauvre de moi ...Faute d' argent et de temps, je n' ai jamais pu m' y installer...regrets éternels...

 

Troisième indignation, de loin la plus sévère et la plus motivée.

En m' asseyant à la terrasse du Café de Flore, j' avais remarqué une certaine effervescence en face à la Brasserie Lipp, très fréquentée le midi par les politiques. Garées dans la contre-allée devant un panneau de stationnement interdit, il y avait 3 limousines suivies par 3 "Espace" , plus deux motards équipés de gyrophares qui montaient la garde et discutaient avec les chauffeurs des limousines. Je me suis dit :" il y a des grosses pointures à l' intérieur, je vais attendre leur sortie."

J' étais persuadé qu' il s' agissait au moins de ministres voir même du président étant donné la désinvolture du stationnement et les 6 voitures.

Vers 2 H 30, je me rapprochai pour ne pas en louper une miette car les voitures avaient sensiblement bougé, les chauffeurs s' énervaient, les moteurs tournaient, bonjour la polution !!!

220px-Cafe_de_Flore.jpg Maintenant la contre-allée était complètement bloquée, la file de taxis s' allongeait derrière, les taximen étaient impassibles, probablement habitués à ce cinéma, rassurant leurs clients du mieux qu' ils pouvaient.

Ca y est, cette fois-ci, c' est la sortie. Le maître d' hôtel, aidé du chef de rang ouvre la porte à deux battants, les bloquent et la meute des dignitaires pointe son nez.

Pour l' instant je ne reconnais personne. Les hôtes se congratulent, s' esclaffent, s' embrassent, les taxis attendent toujours que la rue se libère, mais le groupe n' en a cure. Un fois montés dans leur véhicules certains ressortent car ils ont oublié une embrassade. la comédie dure au moins 10 minutes avant que les trois limousines soient chargées de ces "indispensables" personnages de l' état...dont je ne reconnais personne.

Entre temps, les motards sont partis stopper la circulation devant l' église Saint-Germain-des-Prés au carrefour très fréquenté où la rue de Rennes rencontre le BD St-Germain. mais une seule limousine les a suivis, les deux autres sont à la traîne, il y a encore des baisers à donner...des baisers oubliés...

Qu' à cela ne tienne, le contribuable, qui peine à circuler, attendra bien un peu.

Enfin tous les véhicules sont remplis de gens importants (mais inconnus) et vont pouvoir aller au travail (avec leur femmes, tiens donc...) et le convoi enfin s' ébranle...

Ne parlons pas de l' addition qu' ils n' ont sûrement pas payée de leur poche, mais de la nôtre.

 

A côté de cette troisième indignation, vous l' avez compris, les deux premières sont juste des "humeurs"

Par astondbr - Publié dans : littérature
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Mardi 28 décembre 2010 2 28 /12 /Déc /2010 14:03

D'une soixantaine de livres lus en 2010 quels sont ceux que ma mémoire gardera dans un petit coin ?

 

1- CEUX QUE J' AI RELUS :

 

L' Etranger de camus

La peste de Camus

Le Christ recrucifié de Nikos Kazantzakis

La pitié dangeureuse de Stefan Zweig t-te-enfriche.jpg

L' avocat du diable de Morris L. West

 

2- LES "GROS CALIBRES"

 

Thérèse Etienne de John Knittel

Le premier homme de Camus

Orages ordinaires de William Boyd

Et que le vaste monde poursuive sa course folle de Colum Mc Cann

La carte et le territoire de Michel Houellebecq

La couleur des sentiments de  Kathryn Stockett

 

3- LES "MOYENS CALIBRES"  QUI LAISSENT DES TRACES

 

Jan Karski de Yannick Haenel

La vie d' un homme inconnu d' Andreï Makine

Les heures souterraines de Delphine De Vigan

Le vieil homme qui m' a appris la vie de Mitch Albom

Tu ne jugeras point d' Armel Job

La princesse des glaces de Camillia Läckberg

Rose, sainte-nitouche de Mary Wesley

Clara Malraux de Dominique Bona

Dieu voyage toujours incognito de Laurent Gounelle

 

4- LES PETITES PERLES QUI FONT SOURIRE A TOUTES LES PAGES

 

La tête en friche de Marie-Sabine Roger

Tom petit Tom tout petit homme de Barbara Constantine

 

 

 

 

 

à l' année prochaine chers lecteurs...

 

Par astondbr - Publié dans : littérature
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