Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 14:18

     APPEL à TOUS MES LECTEURS :

VOUS ETES DE PLUS EN PLUS  NOMBREUX MAIS JE NE CONNAIS PAS VOS PÔLES D' INTERETS POUR MA PETITE GAZETTE .

POUR LA SUITE, J' AIMERAIS QUE VOUS  FASSIEZ QUELQUES COMMENTAIRES, CELA M' AIDERAIT POUR ORIENTER LA TENEUR DE MES ARTICLES . MERCI A L' AVANCE.                     

 

 

 Revenons à présent    sur l' affaire "géniale" que j' ai évoquée dans l' article précédent.                   

Plusieurs agents commerciaux travaillaient pour mon père. L' un d' eux était "mandataire". Il habitait une très belle maison à Amiens. Je ne savais pas ce que voulait dire le terme"mandataire" à l' époque. Ce que je savais c' est qu' on lui payait 5% de commissions alors que les autres recevaient  seulement 3%. Mon père m' avait expliqué qu' il avait plus de frais que les autres et que souvent il devait "arroser" des acheteurs. Laporte, puisqu' il s' appelait ainsi, travaillait pour d' autres sociétés et notamment pour Lesieur. Un beau jour il entend parler d' un concours promotionnel  qui pourrait intéresser l' imprimerie Morvillers. Il explique le topo à mon père:

Le concours devait porter sur plusieurs millions de bouteilles Lesieur, devait durer plusieurs mois et nécessitait du papier et des sacs en cello, deux ingrédients qui pouvaient être produits à Moreuil dans nos ateliers. Le chiffre d' affaires était colossal, le bénéfice estimé non moins colossal, la commission pour Laporte impressionnante. Mon père avait expressément besoin de calmer ses banquiers (ça je le savais par le comptable qui venait souvent s' épancher vers moi et dont les épanchements m' empêchaient de dormir...). Le forcing fût fait auprès de l' acheteur qui était en fait un agent qui s' occupait de la publicité pour Lesieur. Ce dernier avait une R8 Gordini et mon père revenait toujours de ses escapades parisiennes avec Laporte et ce type, l' eau à la bouche et la tête pleine des bruits d' échappement de la Gordini. Parce qu' il a fallut nombre de repas bien arrosés pour aboutir à la signature du contrat... Une petite partie du bénéfice escompté s' en allait déjà en fumée.

Un beau jour la commande arriva.

Branlebas de combat. Le terme n' est pas trop fort. Il fallait à présent réfléchir...car pour l' instant personne n' avait réfléchit à la réalisation de cette commande gigantesque.

1- Il fallait acheter plusieurs tonnes de cello contrairement à ce qu' avait dit mon père au comptable

2- il fallait acheter une machine spéciale extrêmement rapide pour confectionner des petits sacs qui seraient mis sur chaque bouteille d' huile

3- il fallait une machine emporte-pièce pour faire un trou en haut du sac, lequel trou servirait à maintenir le sac sur le goulot de la bouteille.

4- il fallait des soudeuses pour sceller et rigidifier le haut des sacs sur la largeur du trou

5-il fallait trouver un imprimeur capable de faire le dépliant, donnant des indications pour le concours, lequel serait inséré dans le sac. Nous n'étions pas du tout équipés pour produire ce genre de dépliant.

6- il fallait du personnel en pagaille...c' est le mot

J' en passe et des meilleures comme disait Victor Hugo.

La commande avait été prise sans aucune réflexion approfondie sur tous ces points. Comment avions-nous pu donner un prix ? Je crois que le prix avait été fait à l' envers et que le responsable du projet ayant un budget, avait dit : banco !, si vous me le faites à ce prix là...Mon père fonçait toujours la tête la première dans ces cas-là.

 

Le local, nous l' avions, c' était celui où je faisais vivoter la cartonnerie. Le personnel, nous l' avons embauché facilement car une bonneterie venait de fermer à Moreuil et nombre de femmes étaient sur le carreau. (C' était déjà le début des faillites à Moreuil). Nous avons commandé en hâte la machine à sacs et les soudeuses à pédales.

Je me suis retrouvé au coeur du projet, c' était autrement plus intéressant que de faire des boîtes en carton. Vous pourriez croire que mon père une fois lancée l' affaire m' a laissé tous les embêtements sur le dos ? Non, il n' était pas comme ça et il a toujours été là pour trouver des solutions à tous les problèmes que nous découvrions au fur et à mesure.

La machine à sacs était en stock, elle fût rapidement installée. Je n' avais jamais conduit ce genre de bécane mais ce n' était pas bien compliqué. Nous devions la faire marcher 8 heures, cela devait suffire. On embaucha une jeune fille de seize ans, la fille d' un commerçant de Moreuil et j' eus beaucoup de chance car elle se révéla être une perle. Comme je devais faire tourner un peu la cartonnerie, nous avions décidé de faire les sacs de 5h à 13h, et l' après-midi, je fabriquais quelques milliers de boîtes sur les machines obsolètes. Je suivais en cela l' exemple de mon père qui depuis belle lurette travaillait sur une imprimeuse de 5h à 13h puis l' après-midi s' occupait de ses clients au téléphone et quelques fois recevait (rapidement...trop rapidement) son comptable. Très vite, la jeune fille sut faire marcher la machine sans moi et même un matin que mon réveil n' avait pas sonné, elle ouvrit l' atelier et démarra la machine toute seule. Quand je me suis pointé à 5h30, la fille avait déjà produit quelques milliers de sachets et son sourire en disait large sur sa satisfaction.

Quand l' affaire Lesieur fût terminée, mon père la récupéra dans l' autre atelier, mais elle eût du mal à supporter ses collègues et nous n' avons pas su la garder.

La semaine prochaine, je vous dirai comment je me suis fait surnommer

 "chl' itlérien" Lesieur-Plus-Om-ga-3.jpg

Par astondbr
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Commentaires

même si nous ne laissons pas de post, nous sommes assidus à la lecture des péripéties de notre cher voisin et nous avons hâte de connaitre l'origine de ce surnom.. mais nous attendons avec impatience l'épisode de la rencontre avec Françoise.....les rdv littéraires sont également bien sympathiques.amicalement
Commentaire n°1 posté par les voisins le 16/02/2012 à 19h06
Bonjour Marc

c'est toujours avec plaisir que je découvre tes articles en les faisant partager.
Ils permettent souvent de découvrir des anecdotes oubliées ou peu connues concernant la famille, des photos également (j'adore celle prise à Villers j'imagine !)
et toutes mes félicitations pour ta mémoire éléphantesque ! moi qui la plupart du temps ne se rappelle pas ce qu'il a mangé la veille, suis admiratif...
Merci, continues de nous faire part de tes souvenirs, en attendant le prochain chapitre !
Christophe
Commentaire n°2 posté par Christophe le 17/02/2012 à 10h53

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