Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 13:59

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                             C' est bien pour me changer les idées que je pris la route de Baden au volant de ma petite Dauphine. Peut-être croiserais-je une jolie blonde qui me ferait oublier Brigitte, ne serais-ce que l' espace d' une soirée ?

Je suppose que Baden est très animée l' été, mais n' allez surtout pas dans une ville de cure aux abords de l' hiver pour vous distraire, Baden ressemblait à Vichy et à l' heure où j' y pénétrais, il n' y avait pas âme qui vive sur les trottoirs.

Je cherchais désespérément le centre et sans trop savoir si je l' avais trouvé, je décidai de "dégoter" une chambre pour la nuit. Un quartier paraissait plus éclairé que les autres. C' était malgré tout très calme. Après avoir déposé mon modeste sac dans ce qu' on pourrait nommer une"chambre de bonne" améliorée, je partis à pieds à la recherche d' une quelconque compagnie, de préférence pas si quelconque que ça. Je ne me souviens pas avoir mangé ce soir là, autant dire que je n' avais guère faim; le voyage depuis Moreuil m' avait rassasié.

Après avoir fait les cent pas autour de l' hôtel, je dus me rendre à l' évidence que j' étais le seul ou presque à errer dans cette ville si renommée. Au bout d' un moment j' aperçus les lumières d' un minuscule cabaret , la façade était illuminée par un néon bleu. Je n' irai pas jusqu' à vous mentir qu' il s' appelait "L' ange bleu", mais ce qui est sûr c' est que l' atmosphère à l' intérieur baignait dans le bleu. Après avoir longtemps hésité, je franchis la porte et m' installai à un table. Il y avait 4 ou cinq couples en salle et quelques clients au bar. C' était mortel, il faut bien le dire. Puis vers vingt-deux heures une jolie fille, venant du dehors traversa la salle et quelques minutes après elle apparut sur la minuscule scène et fît un numéro d' effeuilleuse. Elle était si mince et la salle si fraîche que j'  ai eu froid pour elle. Son numéro fini, elle se rhabilla en coulisses et retraversa la salle pour aller faire son streap, je suppose, dans un autre endroit...s' il y en avait un.

 

Ayant constaté que je ne tirerais rien de cette soirée, je me rendis à l' hôtel et tentai de passer une nuit réconfortante. Avec la fatigue du voyage, je pensais que le sommeil viendrait vite. Cependant, pour s' endormir il faut être calme et avoir suffisamment chaud. Aucune de ces deux conditions n' étaient au rendez-vous . J' étais mal dans ma peau et la chambre était froide. C' était un lit à couette comme pratiquement tous les lits en Allemagne. J' ai passé la nuit à remonter la couette sur moi.

J' étais constamment réveillé par le froid.

J' avais hâte que le matin arrive, mais en novembre il ne faut pas demander l' impossible. Je quittai Baden vers 9 h et prenais la direction d' Offenburg en espérant un miracle : rencontrer Brigitte.

 

En arrivant dans la rue principale, je vis passer une Volskwagen vert pomme. C' était une nouveauté chez ce constructeur, il avait enfin décidé de construire autre chose que des"coccinelles", c' était la nouvelle "Passat", le moteur était encore à l' arrière.

Mais je vous raconte ça qui est sans grand intérêt...  Ce qui est plus intéressant c' est qu'au volant de cette voiture il y avait Brigitte qui filait à toute allure. Il faut se souvenir qu' elle travaillait chez Volkswagen. Je me suis efforcé de la suivre. Heureusement la couleur de sa voiture m' aidait bien. Elle finit par se garer sur le parking de l' église. Je ne la savais pas pieuse. Nous n' avions jamais abordé le problème de la religion. La messe était à 11 heures, elle n' était pas en avance, c' est pourquoi elle se dépêchait. J' arrivai à trouver une place pour me garer mais la belle était déjà entrée dans l' église. La nef et les transepts étaient pleins à craquer. Depuis la guerre, les allemands qui avaient beaucoup prié, étaient restés pieux.

Grâce à son éternel manteau blanc, à sa chevelure blonde et sa grandeur, je n' eus pas de mal à la repérer parmi la foule habillée de vêtements sombres.

En jouant un peu des coudes, j' arrivai à me glisser à côté d' elle.

Elle devînt toute pâle. Je ne valais guère mieux. Je vis une larme couler sur sa joue. Puis elle courut vers la sortie. baden3.jpg

Pour ne pas éveiller l' attention des fidèles, j' ai marqué un temps d' arrêt.

Quand je me suis décidé à la suivre, elle était déjà loin et cela valait mieux sans doute.

Sur le parking de l' église, il n' y avait plus de petite voiture vert pomme.

Je pris aussitôt la route de la France.

Par astondbr
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