Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 14:14

moreuil-vu-d--avion-copie-2.jpg

 

                           J' aurais pu intituler ce chapitre "La quille", mais c' est un terme que je n' est jamais trop utilisé, peut-être parce que ceux qui s' en faisaient un liet-motiv  exécraient l' armée alors que moi-même, je n' avais jamais eu à me plaindre de ce passage obligé sous les drapeaux. Le jour arriva pourtant, même en traînant des pieds, où il fallut rendre au fourrier le paquetage des vêtements kakis et revêtir des habits civils un peu chiffonnés. Comme tout un chacun, j' ai réussi à me mettre à gauche une paire de rangers qui finalement ne m' a jamais servi. 

Nous devions passer prendre notre livret militaire et notre perm "libérable". Sur mon livret, il est marqué : " mauvais soldat et très bon sous-officier", cela m' a fait sourire et me satisfaisait tout-à-fait. Je savais pourquoi j' avais hérité de la mention "mauvais soldat". Cela venait de mon lieutenant à La Valbonne, il n' avait pas apprécié que j' écrive à Pompidou, ni que je rate mon examen (pas fait exprès, je le jure). Il faut retourner au début le l' année 1964 pour comprendre mieux tout ça. J' étais content finalement car j' avais ressenti aussi au cours de cette année à Offenburg, que je  m' étais assez bien débrouillé avec les soldats qui m' avaient été confiés.

Je n' ai aucun souvenir de mes adieux à mes camarades de chambrée, Cadiot, Tizzoni, Chaudé et Verrey. Nous sommes partis plus ou moins en même temps sans grandes effusions. Je ne sais même pas si nous avons échangé nos adresses.

Je vais rencontrer les deux premiers cités ce week-end prochain, mais c' est par pur hasard que j' ai pu les retrouver.

A Brigitte, je n' ai pas fait d' adieux puisque nous devions nous revoir sans trop tarder.

 

Vers quel destin m' amenait le train de nuit plein de militaire ? Mon avenir était particulièrement, non pas sombre, mais pour le moins vague.

Le piston sur lequel je comptais pour rentrer comme journaliste à Sport-Auto était crevé. L' abbé Vander m' avait signifié que son ami, co-fondateur du journal, Jean Lucas, avait vendu ses parts et qu' en plus le journal avait quelques soucis financiers. Il me restait peut-être une opportunité avec la revue "L' automobile" dirigée par M. De Vaseilles.  Le père de Jérôme Chaudé avait travaillé dans ce journal et il m' avait conseillé de faire une candidature spontanée. Il m' avait même dit qu' en cas d' embauche il fallait demander un prêt au patron, lequel serait obligé par la suite "de t' augmenter pour t' aider à rembourser ta dette". Mais je n' en étais pas encore là....

 

En attendant, le train filait vers Amiens...et puis Moreuil. (photo)

 

Pour le premier article de l' année, je préfère reporter à plus tard le récit de mon introduction dans la vie active sur laquelle je ne serai pas exhaustif pour ne pas lasser le lecteur. J' essaierai aussi de ne garder que les évènements amusants.

 

Comme vous devez l' imaginer, je ne pensais qu' à une chose, reprendre le train pour Offenburg et retouver Brigitte.

Je suis resté un mois dans ma famille éparpillée entre Moreuil et Quend-Plage avant de reparler à mes parents d' une virée en Allemagne.


Je pris le train de nuit et j' arrivais à Offenburg par une belle matinée de début septembre. Je louai une voiture, la sempiternelle Opel rekord et je montai chez Brigitte. C' était la première fois que j' allais sonner à sa porte. C' est sa mère qui m' ouvrit, une petite femme dont je parle au chapitre 245. Elle me regarda avec de grands yeux comme si j' étais tombé du ciel. Je sortis pour l' occasion les trois mots d' allemand que je connaissais et la brave dame me fît comprendre que Brigitte n' était pas tout-à-fait prête.

Mais une minute après la belle me sautait au cou.

-Alors tu as vu ma mère ? Mon Dieu !

-Oui, elle a l' air très gentille

-Elle a dû être très intimidée. ...Je suis prête, on va descendre.

En fait Brigitte avait concocté une petite balade dans les alpages, mais les deux amis que nous avions emmenés un soir danser dans un château était de la partie (voir chap 249). Après tant d' année, je ne saurais dire si leur présence m' a gêné ou pas. J' avais bien compris que les amis étaient là pour donner le change et rassurer le "quand dira-t-on" s' il nous venait à rencontrer des amis  du fiancé de Brigitte.

Nous avons collationné dans un immense chalet fleuri. je dis bien "immense", la salle pouvait contenir au moins deux cents personnes et il y avait deux niveaux. La bière et les crêpes circulaient à profusion.

Ce fût un bel après-midi. Brigitte était très gaie, les amis aussi.

La fin de la journée fût plus triste, nous dûmes nous quitter devant sa porte.

Je rendis la voiture au garage et pris le chemin de la gare, les mains dans les poches, sans rien d' autre qu' un bon souvenir de plus.

Par astondbr
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés