Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 14:15

 

 

                         Il me restait quelques mois d' armée à faire, deux, trois peut-être après mon périple en DS 21. Le printemps s' était installé. Si proche du retour à la vie active, je n' étais pas sans inquiétude, mais j' en parlerai une autre fois.

 

Brigitte semblait sereine, elle ne parlait plus de son fiancé qui construisait des ponts en Argentine. Quand sa bonne copine blonde venait s' asseoir à notre table, je me doutais qu' elles en parlaient ensemble en allemand, alors Brigitte s' emportait et le débat tournait court, retour à la langue française.

Peu de temps après mon voyage en France, étant probablement moins désargenté que d' habitude, nous décidâmes de nous offrir un petit restau à la périphérie d' Offenburg. Il s' appelait " Die Forelle", autrement dit : "La Truite". Je louais une voiture, toujours la même, une Opel Record blanche.

Arrivés trop tôt pour le service, nous avons flâné dans le jardin en profitant des derniers rayons de soleil.

Le restaurant était presque vide lorsque nous avons rejoint la salle à manger et nous commandâmes chacun une Forelle, pour  dire exactement, une blue Forelle. C' était la première fois que je commandais ça et non pas la dernière.

Le maître d' hôtel vous présente l' animal après qu' il eût subit l' atroce torture du passage à l' eau bouillante à peine sorti de la rivière ou de l' aquarium. Le poisson se présente comme un point d' interrogation : "Qu'est ce que tu m' as fait là" semble-t-il dire ?. Puis le maître d' hôtel repart en cuisine pour vous préparer les filets.

Nous passâmes un agréable moment autour de ce plat. La salle s' était remplie de convives. Je ne me souviens plus du dessert, mais je suppose qu' il devait être au chocolat...

 

Une autre fois, Brigitte eût l' idée d' une soirée dans un genre de château sur la route de Baden-Baden. Cet hôtel organisait des repas dansants avec orchestre. Brigitte avait demandé à sa copine de venir avec son ami. Lui, je le connaissais un peu, il avait du mal à parler français, quand à elle, la "garçonne", je la connaissais bien. Les rares fois où nous étions en tête à tête, nous n' avions pas grand chose à nous dire à cause de la barrière de la langue. En fait, comme son ami, elle était timide à parler en français.

Nous prîmes la route un samedi soir, plus exactement, l' autostrade , toujours au volant de l' Opel blanche. Les amis se glissèrent sur la banquette arrière  et nous avons roulé tranquillement jusqu' à cet hôtel-château en pleine forêt. Une petite heure de route .  C' était le château de La belle au bois, au bois dormant où celui du prince de Cendrillon.

Une grande salle avec cheminée où était installé l' orchestre, 4 à 5 musiciens, puis donnant sur cette grande pièce, des petites salles de cinq ou six tables où les convives étaient placés truite.jpg pour dîner sans rien perdre de la musique assez vieillotte distillée par les instruments.

Ceux qui me connaissent par mon blog, savent que j' avais une aversion pour la danse, une aversion due en grande partie, pour ne pas dire entièrement, à ma timidité. Ce soir-là, je me suis juré que je prendrais quelques cours en rentrant en France.

J' ai passé des heures pénibles à table. Le couple d' amis ne comprenait pas pourquoi je m' obstinais à rester assis. En Allemagne, à cette époque, les jeunes prenaient des cours de danse au lycée. Brigitte était très compréhensive. Son ami la faisait danser et quelquefois elles dansaient entre femmes, alors je restais à ma place à m' ennuyer franchement.

Ce fût enfin l' heure de partir.

Je repris le volant , j' avais fais très attention à ne pas boire trop même s' il fallait bien occuper le temps...

Une fois arrivé sur l' autostrade, je calais la voiture sur une petite vitesse de croisière. Les amis roucoulaient sur la banquette arrière, de temps en temps ils disaient un mot à Brigitte en Allemand.

L' avantage des voitures de cette époque, c' est que la banquette avant était d' un seul tenant. C' est tout naturellement que Brigitte vînt se caler contre moi. Elle continua de parler pour donner le change comme pour dire à ses amis : "ne vous inquiétez pas, je suis là et je ne fais rien de mal. Je maîtrise et j' assume."

Je l' avais entourée de mon bras droit , ma main supportant son sein, à la vitesse où nous roulions, mon bras gauche suffisait pour conduire.

Le trajet fût trop court.

Tout à une fin.

Devant sa porte, Brigitte me fît un petit baiser très pudique.

 

" Baiser ! rose trémière au jardin des caresses"

 

Verlaine avait bien raison.

Par astondbr
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