Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 14:40

Curieux que justement au n° 200, j' en arrive à vous raconter comment s' est passée cette période de 4 mois avant mon départ à l' armée. Changement radical de vie pour moi.

Déjà 200 articles + les articles sur la littérature, ça en fait des lignes et on n' a pas vu le temps passer.

 

Pour la première fois de ma vie, j' allais vivre vraiment avec mes parents et mes frères. Jusqu' à ce jour, je passais un peu de mes vacances avec eux et c' est tout. J' avais fait toute ma scolarité en "fils unique" au Mans entre l' oncle et la tante et ma période pré-scolaire, je l' avais plûtot passée à St-Clair chez mes grands-parents maternels.

Je vous parlerai du contexte familial dans un second temps.

Côté professionnel, j' allais travailler à l' atelier typo qui jouxtait la maison de mes parents. Qu' est-ce que la Typo ?

C' est tout simplement l' invention de Gutenberg modernisée par cinq siècles d' exploitation artisanale et industrielle.

On se servait encore de caractères en plomb  (voir photo) qu' il fallait aligner à l' envers pour qu' ils apparraissent à l' endroit sur le papier. Ca, c' était un métier qui demandait beaucoup d' intelligence, de doigté et d' expérience.

Cette fonction était excercée par René,  un homme admirable sur bien des points et notamment sur le plan professionnel. Il dirigeait en même temps la petite équipe dont je faisais partie. Je conduisais une machine en équipe , une semaine de 5H à 13 h et la semaine suivante de 13 h à 21 h. Je me suis tout de suite bien entendu avec René. Au bout de quelques jours, il avait dit à mon père que tout irait bien et cela m' a mis en confiance.

L' atelier tournait rond à cette époque, nous sommes en 1963, la charge de travail était encore bonne bien que les premiers symtômes de la décadence du secteur de la bonneterie se fassent typographie.jpg déjà sentir. Mon père travaillait dans un autre atelier voué à la cellophane et ne passait qu' en coup de vent chez nous.

Quand René voyait que le carnet de commandes baissait il en parlait à mon père qui faisait le tour des bonneteries de Moreuil et il ramenait de quoi alimenter nos machines.

C' était une période bénie qui dura une dizaine d' année jusqu' au jour où l' informatique vînt perturber la bonne marche de cette profession d' imprimeur typo ou ofsett. Mais restons en 1963, le déclin extraordinairement rapide, je ne l' ai pas connu de près et je préfère donc ne pas en parler.

Commencer le travail à 5 H n' était pas chose facile, mais ça permettait de bricoler sur des Karts l' après-midi. En fin de semaine, j' étais fatigué et blanc comme un linge (ma mère disait comme un mort). Le travail dans les odeurs d' encre et près des caractères en plomb n' était pas des plus sain. Heureusement, je ne fumais pas, ce qui n' était pas le cas de mes collègues de travail.

Quand j' étais d' après-midi, j' étais moins fatigué mais je ne faisais pas grand chose de mes matinées, à part les courses pour ma mère.

Durant ces 4 mois rien de grave ne nous est arrivé, les clients étaient toujours satisfaits, nous étions toujours dans les délais, pas de problème de qualité.

Mon père quelquefois m' emmenait faire une tournée des clients confiseurs dans le Nord, il commençait son opération de séduction pour que je pense sérieusement à travailler avec lui après l' armée.

Je savais bien que la cohabitation avec mon frère Alain, qui travaillait depuis un ou deux ans déjà, serait difficile. Ma mère, d' ailleurs me faisait de longs discours dans ce sens.

Du coup, je ne répondais pas à mon père, je le laissais faire des plans sur la comète. De toute façon, je n' aurais pas eu le dernier mot. Je gardais le secret espoir de pouvoir entrer dans un journal de sport auto grâce au coup de pouce de l' abbé Van Der. L' espoir fait vivre et 16 mois d' armée c' est long...

 

Sur le plan du travail donc, ces quatre mois se sont bien passés. En revanche, J' ai quand même beaucoup souffert des relations entre mes parents qui étaient loin d' être au beau fixe. Pour tout dire, c' était chien et chat , du soir au matin et du lundi au dimanche. Au Mans, il y avait parfois de la tension entre l' oncle et la tante, mais à Moreuil, cette constance dans la chamaillerie était épuisante. Mes parents sont tous les deux décédés, paix à leur âme, je ne vais  pas m' étendre sur le sujet. Ils se sont séparés dans les années 70.

Alain paraîssait plus détaché que moi par rapport à ce problème. Faut  dire qu' il était rodé, alors que moi, je débarquais dans ce conflit permanent. Trois autres frères étaient encore à Montalembert et les autres étaient beaucoup plus jeunes et faisaient avec...

Cette situation n' était pas pour m' inciter à revenir à Moreuil après mon service militaire. Il y avait aussi un autre point défavorable à mon retour au bercail, c' était la situation financière de l' entreprise. A en croire mon père, tout beignait dans l' huile, à en croire ma mère, nous étions au bord de la faillite. A en croire le comptable, qui me glissait quelques mots quand il venait, la situation était mauvaise, mais pas désespérée :" Si votre père voulait bien arrêter d' acheter des machines et vendre ses produits un peu plus cher, ce serait mieux " Mais allez donc faire entendre raison au père Morvillers ! Mission impossible !

 

Côté distractions, je pense que les seules sorties que j' ai faites, c' était pour servir de chauffeur à Alain et toute sa tribut. Nous empruntions le break ID de mon père qui ne refusait jamais. Nous pouvions tenir à 8.

C' était la grande époque des Yé-Yé, mais aussi de Jacques Brel qui passaient tous au cirque d' Amiens. C ' était l' époque des films qui attiraient les foules. Des queues interminables aux guichets. " Le jour le plus long" affichait complet pendant des semaines.

 

Côté coeur, ce fût le désert pendant 4 mois. Je suis parti seul à la gare de Moreuil avec ma petite valise en métal, le 3 janvier 1964. Personne ne m' a accompagné. Direction La Valbonne au sud de Lyon où je devais être le 4 au matin.

Par astondbr
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Mardi 21 septembre 2010 2 21 /09 /Sep /2010 14:23

Fin août 1963, je me retrouvais donc dans l' attente de ma feuille de route pour partir à l' armée.

Les jeunes de maintenant n' ont plus cette contrainte, mes fils, il y a15 ans, ont été parmi les derniers à effectuer leur service militaire. Le sursis permettait de terminer ses études, mais ensuite il fallait y passer, que l' on soit médecin, ingénieur ou ouvrier. Pour certains, c' était un douloureux épisode qu' ils vivaient très mal, pour d' autres c' était une partie de plaisir, pour les jeunes issus de milieux modestes, c' était l' occasion de voyager et d' apprendre la vie en société. Certains y apprenaient la propreté et l' ordre, ce qui n' était pas négligeable, j' aurai l' occasion d' en reparler.

Avant d' avoir sa feuille de route, il fallait satisfaire une obligation : se présenter (pour nous dans la Somme) à la caserne de Cambrai. Ce rendez-vous obligatoire permettait de faire des tests d' aptitude et de passer une visite médicale complète. C' était aussi l' occasion de se faire réformer pour les plus habiles ( Alain Souchon raconte des anecdotes croustillantes à ce sujet). Certains simulaient la folie, ni plus ni moins, d' autres marchaient avec des claudications pas possibles...Les médecins de l' armée étaient habitués à ces fantaisies et ne se laissaient pas facilement avoir, il fallait que l' individu y mette tout son coeur et tous ses talents de comédiens.

 

En fait de trois jours, par mesure d' économie, ce stage d' orientation était réduit à une bonne journée et demie.

Je me souviens des tests de QI qui m' ont permis d' être selectionné pour être sous-officier. Je me souviens de la visite médicale dont on m' avait parlée en grossissant l' évènement : défilé en rang d' oignons complètement à poil, et je vous fait grâce du vocabulaire employé...En fait, ce fût beaucoup plus correct, nous gardions notre slip sauf devant le médecin major qui tenait absolument à voir la constitution des futurs conscrits jusque dans les moindres détails...

 

Nous mangions comme dans une bonne cantine scolaire dans un espace agréable à côté du Mess. Si je vous parle de ce Mess c' est qu' on y vendait des Bêtises de Cambrai de la marque Martin-Martine et je ne savais pas que quelques années après j' aurais maille à partir avec le patron de cette société. L' adjudant-chef qui commandait ces Bêtises en grosses quantités, car tous les appelés achetaient un coffret pour ramener dans leur famille,  demandait un "dessous de table" au confiseur. D' année en année, l' enveloppe devenait plus importante et notre pauvre confiseur, usait sa trésorerie qui n' était déjà pas bien fameuse. En plus de ce problème financier, il s' usait aussi la santé car il buvait force whisky avec le dit adjudant-chef. J' ai su tout ça quand, plus tard, fournissant de la cellophane au confiseur, j' étais souvent obligé d' aller quémander des chèques chez Martin-Martine, chèques que j' espérais provisionnés.

Pour ceux qui ne savent pas, Martin et Martine sont les deux personnages mobiles qui sonnent les heures au clocher de l' Hôtel de Ville da Cambrai. A cette époque, il y avait trois fabricants de Bêtises de Cambrai et , évidemment, tous les trois juraient leur grands dieux qu' ils étaient les seuls inventeurs...

 

Nous avons goûté aussi à la joie de dormir dans des pieux superposés de l' armée. Non, vraiment, ce n' était pas une joie, mais une expérience...La chambrée était calme, personne n' a chahuté. Nous étions glas-glas car des carreaux manquaient aux fenêtres et il gelait dehors.

 

Le lendemain, je rentrai vers Moreuil au volant de l' inusable Frégate. Je reprenais mon travail de conducteur de machine typographique en attendant ma feuille de route. Ce travail je devais y prendre beaucoup de plaisir. Pour la première fois, j' exerçais un emploi à temps plein, je touchais un salaire comme n' importe quel ouvrier, même si c' était mon père le patron. je dis pour la première fois car on ne peut pas considérer le travail de surveillant à Montalembert comme une tâche ordinaire d' ouvrier.

Je vous parlerai de ces quatre mois la semaine prochaine, je fus en effet appelé à l' armée le 3 janvier 1964. martin-martine.jpg

Par astondbr
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Mardi 14 septembre 2010 2 14 /09 /Sep /2010 14:32

Ce n' est pas un exploit que je vais vous conter, mais si les quelques lecteurs qui liront cet article pouvaient prendre davantage de précautions en jardinant , je n' aurai pas perdu mon temps.

 

Il y a trois semaines, les prunes étaient bonnes à cueillir. Certaines étaient tombées, d' autres ne demandaient qu' à le faire, mais 3 ou 4 prunes récalcitrantes et tenant à la vie plus que les autres, me narguaient tout en haut du prunier.

Hocher l' arbre ne servait à rien, il fallait me rendre à l' évidence : je devais aller chercher l' escabeau et tenter de les attraper. L' escabeau avait deux pattes sur le gazon et les deux autres sur la terre meuble d' un massif. J ' essayai les premières marches, tout allait bien, je montai petit à petit...pas de signe de faiblesse, j' arrivai sur la petite plate-forme finale, à 2 m 50 du sol environ quand d' un seul coup, l' escabeau , tel un cheval de rodéo voulant désarçonner son cavalier, se cabra en s' enfonçant dans la terre. Je n' ai rien pu faire. Cela s' est passé si vite que je n' ai pu saisir une branche pour me rattrapper. Je me suis retrouvé par terre en hurlant, j' ai essayé de me relever, j' ai entendu un craquement sinistre. Je me suis allongé tant bien que mal. Je n' ai pas perdu connaissance, mais peu s' en fallait. La douleur était intense. Ma femme, par bonheur jardinait non loin de là. Elle a tout de suite trouvé le téléphone pour appeler le SAMU. Sa présence était rassurante. Qu' aurais-je fait si elle n' avait pas été là ?

 

Les pompiers sont dans notre rue, une chance...Je les ai entendus démarrer, puis venir se garer devant la maison. Ils sont arrivés à plusieurs, se sont inquiétés de ma pâleur et mon pouls très bas. J' ai réclamé une piqûre, mais en bons professionnels ils ont fait appel au médecin qui préféra différer cette intervention vers les urgences d' Amiens. Je n' en pouvais plus de souffrir. Je vous assure qu' une épaule cassée, ça fait très mal. Les pompiers m' ont mis sur une civière en prenant beaucoup de soins, pour me transporter jusqu' au fourgon. Je pleurais...Je n' avais pas peur, mais la souffrance m' arrachait des larmes. Mon coeur se faisait oublier,  je me sentais bien de ce côté mais il inquiétait les pompiers et le docteur car il battait à 32 pulsations/minutes, ce qui est très peu. J 'ai bien vu, pendant le voyage jusqu' à Amiens, que le pompier qui était à mes côtés avait autant que moi envie d' arriver vite. Il me décrivait le parcours pour me faire patienter. Il n' y a rien de plus inconfortable qu' un fourgon du SAMU...Je n' avais pour seul vêtement que mon affreux short de jardinage. Ce jour-là il faisait beau et chaud, cela aurait pu être une belle journée...

 

Moment de flottement en arrivant aux urgences à Amiens, ne pas se tromper dans l' aiguillage de la moitié de cadavre qui débarque à l' improviste...les pompiers ne m' abandonnent pas, d' autant plus qu' ils veulent récupérer leur civière et leur minerve...Ils attendent donc les instructions près de moi, je ne me sens pas seul.

Commencent à venir les infirmières, -"Qu' avez-vous fait là, c' est pas raisonnable, à votre âge, grimper aux arbres !"

On me met sur une file d' attente. Arrive ce que je crois être un médecin responsable qui me demande : "Où préférez-vous aller, Europe, Pauchet  ou Polyclinique ?", Je lui réponds "Europe" et j' ai donc été opéré à Pauchet...

Mais cela n' est pas grave car ce responsable à réussi à me faire opérer le soir même par un chirurgien qui était déjà dans les starting-block pour rentrer passer une bonne soirée avec sa tendre épouse...

Avec tout ça, j' avais une folle envie de faire pipi. Eh oui, il y a certaines fonctions qui continuent même si on a une épaule cassée...On m' installa un paravent et on me tendit une espèce d' enveloppe dont j' ai perdu le nom. Un truc pas possible avec lequel vous êtes obligés de vous pisser dessus. Certainement habitué au résultat, on vous tend après un grand bout d' essuie-tout. Malgré cet épisode inconfortable, je demanderai à nouveau à faire pipi avant l' opération, quand on aime, on ne compte pas...

L' avantage de ces grands centres hospitaliers, c' est que vous avez un tas de spécialistes sous la main. Mon cardiologue était à son cabinet, on l' a appelé pour lui faire part de l' inquiétude générale au sujet de mon palpitant un peu flaibard. Il est descendu me voir et a rassuré tout le monde, sûr de lui, le gaillard...prune.jpg

 

Le reste, c' est un peu de la routine et je n' ai pas vu grand chose.

A  22 heures 30, j' étais dans une chambre avec un goutte à goutte pour atténuer la douleur et le lendemain matin, le chirurgien m' indiquait que j' avais une broche à côté de mon humérus gauche cassé.

Je pris mon mal en patience. J' allais garder mon bras en écharpe pendant 3 semaines.

C' est la première fois que je tape avec mes deux mains depuis mon opération, mais la fatigue se fait sentir et je vais vite terminer cette article en vous disant à semaine prochaine avec un retour à 1963.

 

 

 

 

 

 

Par astondbr
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Mardi 7 septembre 2010 2 07 /09 /Sep /2010 14:39

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Nous avions visité Quimper il y a une vingtaine d' année.

En vacances à Loctudy avec nos ados d'  enfants, un jour de pluie, nous nous étions décidés à emprunter la route tortueuse qui nous reliait à la capitale du Sud-Finistère. Les jours de pluie, surtout celle de Bretagne, il vaut mieux rester sous la couette à dormir ou bouquiner que d ' excursionner. Tout était gris ce jour-là, la route, puis les maisons, le ciel, la cathédrale. Je me souviens juste d' avoir mangé une excellente crêpe, d' avoir acheté une poêle spéciale (qui n' a jamais servi...) et peut être une dentelle et  deux bols en faïence avec le prénom marqué sur le côté. Il s' en vend 15000 par an paraît-il. 

Cette fois-ci, cette funeste visite fût oubliée car nous avons vu Quimper sous un soleil magnifique, il aurait presque fait doux à l' abri du vent. Nos amis avaient bien fait les choses, une guide sympa nous attendait pour nous faire apprécier le quartier historique avec en premier lieu la cathédrale St-Corentin, joyau de l' art gothique.Nous nous sommes donc balladés dans ce quartier tout en écoutant la guide. Nous n' avons pas vu la même ville qu' il y a 20 ans.

Toutes les vieilles maisons ont été restaurées, repeintes dans leur couleur d' origine, avec de beaux encorbellements. On resterait des heures à les admirer. Beaucoup d' entre-elles sont des magasins de spécialités locales : pâtisseries, livres, faïences, joailleries, métiers anciens, vente de cidre A.O.C. etc ...

 

Dans les environs, vous trouverez de quoi satisfaire votre boulimie d' achats dans différents "outlet", ou magasins d' usine. Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Mais vous trouverez aussi de quoi fouiner à la recherche de bonnes affaires dans Concarneau "Ville close".

C' est un petit écrin à l' intérieur de la baie du port. Vous y accédez  par une petite porte, les maisons ou plutôt les magasins ont des murs qui sont bâtis pour des siècles, aucun tremblement de terre ne pourra en venir à bout et l' érosion s' y cassera ses dents de sable. Il y une rue principale bordée de commerces et de restaurants. Une petite place très mignonne se situe à mi-parcours. Quand on est à Concarneau, on se sent breton, alors si vous franchissez la porte d' une boutique, vous ressortirez avec un ciré jaune, une casquette de marin en feutre bleu et un pull en grosse laine à rayures...

Faites-en l' expérience...

Sur la petite place, bien à l' abri du vent, nous avons eu presque chaud...

 

La route du retour vers la Picardie passait près de Cabourg, pour un fan de Proust comme moi, une halte s' imposait.

La station presque voisine de Deauville était quasiment déserte. Elle resplendissait sous le soleil. Le Grand Hôtel notamment a dû avoir un lifting récent car il apparaît comme une majesté blanche au delà d' un parc qui le met bien en valeur. C' est dans ce cadre que Proust a écrit beaucoup de ses livres et surtout "A l' ombre des jeunes filles en fleurs."

Dans le parc, devant et à l' intérieur de l' hôtel, il y des petites stèles ou sont retranscrites des pages de "La recherche" qui se rapportent à l' endroit; c'est très bien fait. Je savais que les américains adoraient Proust, j' en ai eu la confirmation, car j' ai vu débarquer un car entier de vieilles dames ressemblant à de grosses sucreries roses et argentées, c ' étaient des américaines qui voulaient fouler le tapis rouge du "Grand Hôtel" cher à l' écrivain. Une anecdote qui me revient : pour être certain d 'être au calme pour écrire, Proust louait 3 chambres contiguës, il occupait celle du milieu, de cette façon, il était tranquille.

Il a écrit des milliers de pages, mais celles qui se rapportent au " Grand Hotel" de Cabourg sont les plus drôles.

 

De l' autre côté de l' hôtel, il y a la plage. Les vagues étaient déchaînées ce jour-là, le vent était glacial, et pourtant une femme, seule, se baignait... vvf35.jpgvvf33

Par astondbr
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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /Sep /2010 15:21

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A la mi-juin, nous nous sommes retrouvés avec un groupe d' amis dans le Finistère-Sud, à la FORËT-FOUESNANT exactement.

La date est importante car en juillet-août,  j' imagine que les nombreux touristes et vacanciers vous bouchent un peu les routes et le paysage. En parlant de route, en préparant notre voyage et en en discutant à droite et à gauche, nous étions persuadés que des autoroutes traversaient la Bretagne de part en part. Or, il n' en est rien, ce qu' ils appellent autoroutes ne sont, en fait, que des 4 voies. En effet De Gaulle avait promis aux bretons qu ' il n' y aurait jamais de péage en Bretagne...Effectivement, il n'y en a pas, mais walou les autoroutes !!

Cela dit on a découvert des routes et des paysages sauvages d' une grande beauté...mais aussi des files de poids lourds interminables.

Pendant 3 jours le temps est resté sec et ensoleillé mais d' une fraîcheur hivernale à cause d' un vent tenace. Nous avions une belle clarté pour les photos et c' est appréciable.

Notre hôtel était "L ' espérance" à La forêt-fouesnant, simple mais propre et calme, en plein centre du bourg. Ils proposent des suites avec kitchenette.

Il y a un superbe calvaire breton et un port. Pas loin de l' hôtel, une crêperie très renommée,"CHEZ MARIE", qui ferme à 19 H. Vous y mangez les meilleures crêpes du monde pour 3 francs 6 sous. Kersoson et Desjoayaux y ont leurs habitudes, ils ne manquent jamais d'y venir festoyer quand ils sont de retour à terre.

De ce port d' attache, nous avons rayonné vers Pont-Aven, Concarneau, Bénodet, Beg-meil, Quimper.

Tous ces sites avaient chacun leur charme et c' est difficile d' en aimer un plus que l' autre.

Il est bien évident que si vous aimez les tableaux d' artistes, Pont-Aven vous comblera. Il y a bien longtemps que j' avais vu d' aussi belles expositions, peut-être au Castellet ou à Aigues-Mortes. Il est très difficile de se garer,

c 'est pourquoi la période de visite est importante. Pour ceux qui n' aiment pas la peinture, ils peuvent aller discuter avec les passionnés qui refont des vieux gréements dans le petit port, ou bien faire une orgie de gâteaux dans une patisserie artisanale installée sur 5 étages, qui embaume le village.

La remontée de l' Odet en bateau est un moment privilégié. L'aller-retour dure environ 2 heures. Deux heures de calme et de bonheur à admirer les berges parsemées de châteaux, de gentilhommières et de villas de milliardaires. Pen-Duik III mouillait dans une crique en attendant son propriétaire.

Des bâtisses de milliardaires, vous en trouverez aussi à Beg-Meil, ce coin est à l' extrémité des terres, la pointe sableuse ou rocailleuse s' avance dans la mer. Le sable est d' une blondeur sans pareille et si vous êtes à l' abri du vent, vous bronzez en un après-midi. Les milliardaires du CAQ 40 arrivent par hélico le vendredi soir dans leurs châteaux un peu moyennageux mais sans nulle doute équipés comme les meilleurs palaces.

Je vous parleraisvvf4.jpg la semaine prochaine de Quimper, de Concarneau et de Cabourg sur la route du retour

Par astondbr
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Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /Août /2010 16:03

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Tous les français un peu sportifs ont vibré ces dernières semaines aux exploits de nos athlètes et nageurs.

Tout a été dit et écrit, mais je vais vous faire part de quelques réflexions personnelles.

Christophe et Myriam ont notamment crevé le petit écran. On aurait dit Hulke se mettant en route au 2/3 du parcours, rien ne semblait pouvoir les arrêter.

Ce qui les rapproche,  c'est qu'ils sont venus tous les deux un peu par hasard à la compétition, depuis 4 ans à peine. Peut-être ont-ils encore toutes leurs réserves, qu' ils ont à peine touché à leur immense potentiel, que les médias ne leur ont pas encore grignoté d' influx nerveux.

Je me souviens des J.O. de 1964 et du reportage de Paris-Match sur le champion de l' époque Bob Hayes, le premier homme à avoir couru le 100 m en 10 secondes.

Hayes était allé voir Jesse Owens avant la course pour lui demander des conseils : "Comment faire pour être dans une forme optimum pour la

course ?" Jesse Owens lui avait répondu : " Si c 'était possible il faudrait que tu dormes jusqu' au départ et que tu fasses amener ton lit sur la cendrée."

Bien sur, c' était une boutade, mais ça dit bien ce que ça veut dire au sujet de la préservation de l' influx nerveux.

 

A propos d' Owens, il y beaucoup de choses intéressantes sur Internet et je vous conseille d' y jeter un coup d' oeil.

Plutôt que les J.O. de 1936, revenons sur la journée du 25 mai 1935.

En l' espace d' une heure Owens bat 6 records du monde.

Quelques jours avant, après avoir chahuté avec des amis, Jesse tombe dans des escaliers et ressent des douleurs dorsales. Son dos le fait tellement souffrir qu' il doit se faire aider pour s' habiller...Le jour de la course, il prend un bain bouillant pour se décontracter et se rend avec difficulté au stade.

Malgré ses douleurs, il jaillira de la ligne de départ et égalera le record du monde du 100 yards en 9 s 4. Certains chronos s' arrêtent sur 9 s 3...

Il se présente ensuite au sautoir et bat le record du monde avec 8 m13, il est le premier homme à franchir 8 m.

Infatigable, il bat les records du monde du 220 yards, du 200 m, du 220 yards haies, du 200 m haies. Incroyable non ?

 

Après les fameux J.O. de 1936 à Berlin, il aura une version légèrement différente de la presse américaine au sujet du départ d' Hitler avant la remise des médailles en sa faveur . Mais bon, la nuance est subtile ! Jesse prétend que ce n 'était pas une preuve de racisme, mais tout simplement parce que son poulain Lutz Long avait été battu et qu' il était horriblement vexé.... 250px-Christophe_Lemaitre_Barcelone_2010.jpg pauvre chou !

Par astondbr
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Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 14:00

Le Tour,  si beau fût-il, nous laisse sur notre faim, nous les indéracinables chauvins.  Depuis 20 ans, nous voyons se pavaner au classement général les Hinduren , les Amstrong et les Contador, mais pas de petits français cabochards et teigneux.

Le premier Tour que je vis fut celui de 1948, j' avais 5 ans et demi. Les coureurs devaient arriver par la route d' Albert et repartir par Mailly-Raineval. Mon père, qui était passionné mais qui n' avait guère le temps ce jour-là, m' avait placé devant la menuiserie de mon oncle René, rue du 8 Août.

Il y avait une caravane publicitaire mais rien à côté de ce qu' il y aurait les années suivantes. Le Tour en était à sa seconde année de reprise après la guerre.

Je vis donc débouler, juché sur les épaules de mon oncle,  le peloton groupé avec le maillot jaune en plein milieu comme une fleur unique dans un champ. Ce qui me frappa c' est le bruit d' une centaine de vélo roulant ensemble, un magnifique bruit de chaînes bien huilées et de pédaliers bien ajustés. Nous qui n' avions toujours que des vélos rouillés qui grinçaient à faire peur, ce bruit m' avait paru une merveille. C' est Bartali, un italien qui avait le maillot jaune et qui gagna cette année-là avec 26 minutes d' avance, 10 ans après avoir gagné le Tour 1938. Pour mémoire, Bobet termina 4° à 32 minutes. On est loin des quelques secondes séparant Contador de Schleck...

Mon père, le soir, me raconta un épisode du Tour 1947. A la veille de la dernière étape, Brambilla, un autre italien avait le maillot avec  3 minutes d' avance sur le 3° Jean Robic, dit "Biquet" et bien d' autres sobriquets. Jean Robic était petit, laid et caractériel. Il était le seul à porter un casque à lanières de cuir, ce en quoi il était un précurseur. Au cours de la dernière étape, il décide d' attaquer et place un démarrage fulgurant dans la côte de Bonsecours à Rouen. Ses adversaires restent décontenancés et c' est avec 13 minutes d' avance qu' il arrive à Paris. Il est le seul gagnant d' un Tour de France à ne pas avoir porté le maillot jaune sauf sur le podium final. Brambilla en a cassé son vélo de rage après l' arrivée.

Avant la guerre tour-de-france.jpg , il y avait un autre français qui défrayait la chronique : René Vietto dit "le roi René". Seule la montagne l' intéressait. Il carburait au mélange : bière-cidre 50/50. Quant il était décidé, il partait seul dans les cols et  prenait des avances considérables...qu' il reperdait ensuite en attendant les autres...Pas facile d' imaginer ça aujourd' hui où tout est programmé à l' avance.

Il n' y avait pas vraiment de sponsors et les équipes étaient des équipes nationales ou, seulement pour la France, régionales (Ouest, Est, Ile-de-France, etc...).

 

Bien des années plus tard la France se passionna pour les duels Poulidor-Anquetil. Je me souviens particulièrement de celui de 1964.

Poulidor avait cumulé les chutes depuis le départ et fait en plus, une bourde monumentale à l' arrivée à Monaco.

Comme c' est souvent le cas quand on arrive sur un stadium, les coureurs ont un tour complet à faire après avoir passé la ligne. C' est bien pour le spectacle...Poulidor, qui avait lâché tout le monde, s' arrête sur la ligne au lieu de continuer pour un tour de piste. Anquetil, qui n' était pas très loin, le double, fait le parcours complet, gagne et empoche la bonification qui lui permettra de gagner le tour.

Dans l' ascension du Puy de Dôme, c' est le fameux "mano a mano" qui reste dans les annales comme un des hauts faits du Tour. Malgré un mauvais choix de braquet pour Poulidor, ce dernier finit par lâcher Anquetil et lui reprend 42".

La dernière étape Versailles-Paris est une étape contre la montre favorable à Anquetil, mais Poulidor n' est pas mauvais non plus et il sait qu' il a une opportunité, qui ne se présentera peut-être plus jamais, de gagner.

La médiatisation de l' évènement est au maximum. Toute la France va suivre cette étape au transistor ou a la télé.

Je peux témoigner qu' Europe n°1 a raconté n' importe quoi sur le déroulement de ce contre la montre. Ils nous ont indiqué que Poulidor reprenait du temps sur Anquetil alors que ce ne fût jamais le cas, tout ça pour nous faire trépigner de joie pendant une heure car chacun sait que la majorité des français préféraient l' éternel perdant Poulidor à l' élégant Anquetil...

Par astondbr
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Mercredi 21 juillet 2010 3 21 /07 /Juil /2010 14:21

Il me restait un obstacle à franchir avant de partir en vacances et  de prendre la route de Fréjus ( voir le chap 188).

Il me fallait passer le concours pour lequel je m' étais préparé, mal et même très mal préparé, le concours TPE (Travaux Publics de l' Etat). Ce concours avait, au début des années 60, la réputation d' être facile par rapport à son frère de lait, le concours ETP (Ecole des Travaux Publics).

Est-ce que je m' étais fait à l' idée de devenir ingénieur dans cette branche,  chère à mon oncle Albert ? Après tout, pourquoi pas. Travailler au grand air, sur des projets parfois grandioses, paraissait intéressant; Mais je ne rêvais pas. Les cours par correspondance ne m' avaient pas captivé et je doutais de pouvoir réussir avec si peu de préparation.

Néammoins, il fallait bien s' inscrire et le passer ce concours !

Cet été 1963 fût, au moins pour le mois de juillet, caniculaire. ( voir chap 188).

Il me fallait prendre une chambre près du lieu de l' examen, en banlieue parisienne. Je me revois, avec ma planche à dessin, mes équerres et mon té, arpentant les trottoirs sableux, le front dégoulinant de sueur, à la recherche d' un hôtel.

Hôtel de misère, s' il en fût. Je le trouvais sans trop de peine. Ce n' est pas le nombre d' étoiles qui le caractérisait, mais il y avait un lit et une table pour poser mes livres. Les ai-je ouverts pour réviser ? Je ne sais plus, et d' abord, réviser quoi ?

Après mon installation, je ressortais pour repérer le lieu de l' examen que je trouvais facilement.

Je n' ai aucun souvenir de la façon dont j' ai subsisté pendant 2 jours. Avec la chaleur et le stress, la faim n' était pas une priorité. Pas facile de trouver le sommeil la nuit à cause de la canicule, le soleil donnait toute sa force sur ma fenêtre 12 heures par jour...

Vous allez dire que je noircis le tableau...Pas du tout, rien ne jouait en ma faveur.

Et l' épreuve ? me direz vous. J' ai peut-être glané quelques points en français et en anglais, mais pour ce qui est des mathématiques, évidemment à coéfficient très elevé, j' ai rendu des copies presque blanches. Je ne comprenais même pas les questions.

Un des éléments d' explication me fût apporté plus tard par le Père Van der (encore lui... il ne me laissait pas tomber):

L' école TPE avait décidé de relever le niveau de son concours d' entrée cette année-là pour concurrencer le niveau d' ETP, l' école soeur mais néammoins concurrente. Est-ce que mes cours par correspondance se sont trouvés décalés par rapport à cette nouvelle donne ?

descriptive.JPG

De toute façon, durant cette année à Montalembert j' avais goûté à quelque chose de très bon : la paye à la fin du mois et l' indépendance financière, même si l' enveloppe était minime. Reprendre, à 21 ans, deux ou trois ans d' études, faire le service militaire ensuite, m' aurait été très difficile sur le plan psychologique. Sur le plan familial aussi : étant l' ainé de 9 enfants, il était temps que j' assure ma pitance.

Je ne regrette rien, mais sur le coup, cet échec fût "cuisant" au propre comme au figuré.

 

Je ne sais pas où est ma planche à dessin, mais j' ai toujours mes équerres et mon té.

Par astondbr
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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /Juil /2010 14:48

Le hasard fait bien les choses.

Je cherchais un titre pour cet article qui doit  être le dernier sur ma période à Montalembert lorsque j' ai eu envie de réécouter de la musique Klezmer et pourquoi pas la musique du film L' homme est une femme comme les autres.

Cette musique d' Europe centrale, principalement jouée dans les célébrations juives, est envoûtante et joyeuse au delà de tout. Dans ce film, la musique klezmer est omniprésente puisque l' acteur principal, Antoine de Caunes, est clarinettiste. Sa promise est Elsa Zylberstein dans toute sa beauté, sensuelle à souhait. Et elle a besoin de tous ses atouts pour faire changer de nature Antoine de Caunes plutôt homosexuel. Bref, je ne vais pas vous raconter le film, ce n' est pas l' objet de l' article, c' est simplement pour justifier le titre.

J' avais donc, à Montalembert la surveillance du dortoir  des 6° et 5°.

Après l' extinction des feux , vers 21 h 30, je rentrais dans ma piole, ou mon cagibi si vous préférez, et pratiquement je n' en ressortais jamais.

L' abbé Bray, lui ne se couchait pas si tôt et il lui arrivait d' effectuer une tournée d' inspection dans les différents dortoirs. Il passait donc dans le mien sans que je le sache, dormant à poings fermés dans mon premier sommeil. Quelquefois il s' allongeait dans le fond, sommeillant et guettant des déplacements d' élèves insomniaques.

Pour le cas qui nous concerne, je pense qu' il dû avoir un méchant flair ou que quelqu' un avait "caffeté",comme on disait .

L' abbé, tel Raminagrobis, a fini par surprendre un élève en train de se glisser dans le lit d' un autre. A cet âge là, c' était certainement un besoin de douceur et de chaleur humaine. L' affaire ne s' est pas ébruitée, mais l' élève a écoppé d' une prime jaune. J' étais de garde quand le papa est venu rechercher son fils le dimanche. L' abbé était avec moi pour recevoir le père. Ce dernier avait eu connaissance du motif : " collé pour indiscipline". Je le vois encore dire à l' abbé : "Je préfère qu' il soit collé pour avoir fait l' idiot que pour avoir mal travaillé, c' est plutôt bon signe qu' il soit indiscipliné..."

Là-dessus, l' abbé l' entraîna dans son bureau pour lui expliquer le véritable motif de la prime jaune.

Ca ne veut pas dire que le garçon soit devenu homosexuel plus tard, ça veut seulement dire qu' à 12 ans, il avait un côté féminin plus développé que la plupart de ses copains.


Dans la même classe, il y avait un garçon d' une extrême gentillesse qui avait des manières très féminines. Ses copains de classe le chambraient un peu, mais pas méchamment, fort heureusement. Ils parlaient  juste de lui au féminin.

Une fois, il est venu se confier : "Mais pourquoi suis-je un garçon ? J' aimerais tant être une fille". Il disait cela avec une telle souffrance dans la voix que

c'en était émouvant.

Dernièrement, des amis me parlaient d' un cas absolument similaire. Le jeune garçon ne semble pas en souffrir. Puisse cela durer ...


C' est bien connu que les profs ont toujours des chouchous. En tant que surveillants, c' était exclu d' avoir des préférences si l' on voulait garder sa crédibilité et son autorité. Cependant, on ne peut pas nier que vers la fin de l' année, il y a un peu de relâchement et quelques élèves sentent bien qu' ils peuvent se permettre quelques petites fautes que vous ferez semblant de ne pas remarquer. 

Pour les profs, qui enseignent aux mêmes élèves pendant 3 ou 4 ans parfois, il est bien difficile de rester neutres.  Que voulez-vous ? Il y a des élèves qui sont beaux, intelligents, toujours souriants et d' autres qui sont tout le contraire. Comment ne pas faire de différence ? La gageure des profs, c' est pourtantamities-particulieres-1964-05-g.jpg d' y arriver.


Et voilà, le grand livre de cette année scolaire 1962/63 est terminé. J' ai pris beaucoup de plaisir à rapporter les faits dont je me souviens et j' espère que ce plaisir a été partagé avec mes lecteurs.

Ce fût pour moi, je le répète encore, une année de délivrance après les deux années d' internat à St-Brieuc.

J' ai aimé le contact avec ce milieu, que ce soit les élèves ou les profs. Par la suite, ma femme et moi, avons eu beaucoup d' amis profs. J' aurais aimé être professeur....

Mais à mon époque...pas aujourd' hui.

 

 

Par astondbr
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Mardi 29 juin 2010 2 29 /06 /Juin /2010 14:34

J' avais prévu de clore le chapitre sur mon année à Montalembert, mais ce sera pour la semaine prochaine.

En effet j' ai lu ce week-end le dernier petit livre de Jean-Louis Fournier.

Je ne dis rien de méchant en parlant de petit livre car il se lit en une heure et c' est comme toujours un éclair au chocolat que l' on déguste. Celui-ci est particulièrement drôle dans les trois premiers quarts, un peu moins ensuite.

Il raconte à la première personne, les aventures d' un étudiant en art cinématographique qui abandonne ses études pour apprendre le métier d' agriculteur. Tout ça parce que les parents de sa bien-aimée, étudiante également, vont vendre leur ferme de 200 hectares dans le Pas-de-Calais faute de reprise par un des enfants.

Lui, qui n' y connaît absolument rien dans les travaux des champs et dans l' élevage d' un troupeau de 80 vaches, va s' atteler à la tâche, guidé très gentiment par les beaux-parents, mais cela ne va pas sans quelque délire...


Au cours de ma lecture, je suis tombé sur le passage suivant que je vous livre in extenso :

"Il y a les concerts de musique classique que j' écoute à la radio. La joie alors de deviner le nom du compositeur. C' est difficile quand il s' agit d' une oeuvre que je n' ai jamais entendue, il faut bien connaître le style du musicien. Je suis très fier quand j' arrive à faire la différence entre Haydn et Mozart, parce que cela se ressemble beaucoup. Je suis impatient, à la fin du morceau, quand j' entends la voix grave du speaker : "Depuis la salle Chopin-Pleyel à Paris, vous venez d' entendre...le Divertimento K 432..." Je l' avais deviné.

Je m' endors heureux. Je pense à tous les malheureux qui sont morts avant que Mozart ne naisse. Quel manque de pot."


Ce passage m' a tout de suite fait penser à un autre, écrit le 3 décembre 2008.


"Le déclic vînt avec l' écoute d' un 45 tours longue durée : La petite musique de nuit de Mozart. Cette musique divine m' enchanta et ce fût le début d' une passion. Je me suis mis à écouter de la musique classique dans ma chambre. J' ai vite trouvé les horaires et les stations qui diffusaient des concerts. Les lundis soirs, j' écoutais le concert de Radio-Luxembourg avant de m' endormir et j' apprenais beaucoup de choses intéressantes sur la vie des musiciens. Je ne suis pas devenu un puits de connaissances en quelques mois, c' est davantage mon oreille qui se formait. Très vite, il m' était possible de reconnaître une oeuvre au bout de quelques mesures, ou l' auteur. Ca n' amusait que moi certes. Je n' avais personne avec qui partager cette passion et cela m' a beaucoup manqué."


C' est un extrait de mon blog et je suis assez fier d' avoir au moins un point commun avec Jean-Louis Fournier.


Je suppose que lui aussi, quand il entend un fond musical dans un film,

il s' amuse à reconnaître l'oeuvre et qu' il attend le générique pour savoir s' il ne s'est pas trompé...

fournier9.jpg Maintenant, au moins, je peux partager ma victoire, et souvent ma défaite, il faut bien l' avouer,  avec ma femme ou mes enfants.

Par astondbr - Publié dans : littérature
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