Jeudi 2 août 2007 4 02 /08 /Août /2007 11:03
merci de votre fidélité

Je vous retrouverai à partir du 20 août pour de nouveaux articles et j' espère que vous ne m' oublierez pas pendant ces 15 jours.
Au programme : 
La moisson dans les années 46-47 à Lignières-Châtelain
Les "tantes Jeanne"
Monaco 1964
Reims 1966
Le Mans 1955 ( comment j' ai vécu la plus grande catastrophe du sport automobile)
La nouvelle ballade en barque à St Leu.
...et je vous dirai si l' eau était chaude au Touquet...

Je vous rappelle qu' un blog est fait pour dialoguer, vous avez la possiblité de mettre vos commentaires que je recevrai instantanément par mail. Vous pouvez aussi vous abonner comme certains l' on fait, vous serez donc tenu au courant dès qu' il y a un nouvel article.

PS: J' ai beau me relire, je sais qu' il subsiste quelques fautes d' ortographe, j' espère que vous êtes indulgents.

Par marc morvillers
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Mardi 31 juillet 2007 2 31 /07 /Juil /2007 15:59

Le tout premier souvenir. ligni--res.jpg

Vous ne me croirez pas, mais la première image que j' ai gravée dans ma mémoire, c' est celle de deux fantassins allemands fuyant devant les alliés. Ce devait être en Août 1944 et je n' avais pas 2 ans...

Je sais, c' est difficile à avaler, et pourtant...
Je revois toujours la scène depuis mon enfance, elle ne m' a jamais quitté.
Nous étions chez mes grands parents cultivateurs à Lignières-Châtelain. Quand je dis nous, c' est ma mère et moi, car mon père était prisonnier en Allemagne, nous vivions avec les grands-parents, ma mère Germaine, son frère Jacques et sa soeur (ma marraine) Jacqueline.
On m' a raconté par la suite le contexte : les allemands fuyaient car les alliés arrivaient à toute vitesse de GMC et de Jeep depuis la Normandie et filaient délivrer Amiens. Les fuyards  cherchaient partout des vélos et des chevaux. Les vélos étaient cachés sous le tas de fumier et mon grand-père s' est opposé à ce qu' ils prennent les chevaux, il leur a tenu tête, toute la famille a cru que son compte était bon. Devant son refus qui semblait le condamner, ma mère, avec moi dans ses bras, et ma marraine sont partis se réfugier dans une chambre . Elles étaient complètement terrorisées craignant pour elles et pour mon grand-pére.
Et c' est la fameuse image que je conserve dans la tête : ma mère et ma marraine s' aplatissant dans un angle mort par rapport à la fenêtre qui donnait sur le jardin, moi dans un lit  de bébé à barreaux et deux ombres en uniforme vert de gris, regardant par la fenêtre.
Mon grand-père a eu la vie sauve. Les allemands n' étaient pas tous mauvais.
C' est fou ce que de pareils évènements peuvent s' imprimer dans la mémoire des gosses. 
Quelques jours après, je me suspendais à la grille ( photo) pour voir passer les américains qui nous lançaient des biscuits et des plaquettes de chocolat.

 

Par marc morvillers
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Mardi 31 juillet 2007 2 31 /07 /Juil /2007 15:44
Qu'est-ce qu' une geisha ? geisha.jpg

Si vous avez canal+, ne loupez pas ce grand film (2 h25) qui a reçu 3 oscars.
le début est un peu emmélé...ces asiatiques se ressemblent tous...on a beau dire...mais après c' est un vrai bonheur et on ne voit pas le temps passer. Ce n' est pas un film pour petits coquins, l' histoire est très sentimentale, tout en finesse, comme les décors et les couleurs. Un dépaysement complet, on est immergé dans un monde qui nous est complètement étranger, nous qui nous croyons si raffinés. Malgré des images d' une chasteté sans pareil, l' atmosphère est "softement" érotique, et c' est bien ce que veulent les geishas et ce qu' elles apprennent dans leurs écoles spécialisées.
Par marc morvillers
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Vendredi 27 juillet 2007 5 27 /07 /Juil /2007 14:01

Cette année là, j' avais 15 ans. 
 Mon oncle nous avait obtenu des superbes places de tribune face aux stands. Je le suppliais de me permettre de passer la nuit complète, ce que je n' avais encore jamais fait. Nous étions dans la loge de son patron, en deuxième position.
"De toutes façons, quand "il" aura vu une heure de course, il partira et tu pourras te rapprocher" me dit mon oncle.
C' est exactement ce qui se passa.
Vers 19 h nous allâmes manger et je revins , seul, bien décidé à ne pas perdre une miette de la course (particulièrement humide cette année-là : 15 h de pluie).
En retrouvant la loge, je m' aperçu qu' elle était occupée (dame belette sûrement). C' est vrai que mon oncle 
m' avait dit en me ramenant au circuit "Il ya aura peut-être la secrétaire du patron, mais elle ne restera pas longtemps." Effectivement, je vis une superbe créature, 35 ans environ, habillée comme pour aller au théâtre,
 d' une robe en taffetas rouge framboise. Vraiment très classe avec ses cheveux blonds permanentés comme on les faisait à l' époque....et sa maman à côté. Je me suis placé derrière eux bien sagement, certain que ce spectacle n' était pas fait pour elles...
Peu de temps après, arrive, dans la loge voisine, un acteur américain : Alan Ladd, que j' avais vu peu de temps avant dans "Ombres sous la mer" avec Sophia Loren.
Pour ceux qui ne s' en souviennent pas: imaginer Gary Cooper en plus petit...le beau mec, quoi ...Pantalon crême et pull marin vert foncé.
Ce gaillard commence à jauger sa voisine, laquelle, il est vrai, ressemblait un peu à Sophia Loren. Puis, il attaque, genre "Corbeau et le renard", mais avec l' accent américain, ce qui ne gâchait rien.
- Je ne pensais pas me trouver en si bonne compagnie
- Vous êtes magnifique.
- Vous êtes la plus belle française que j' ai rencontrée depuis mon arrivée en France
- N' avez-vous pas envie de manger quelque chose ?

La belle ne répond pas, tout juste un sourire...
- Je pourrai aussi emmener votre maman...
Là, il faisait vraiment fort...
La belle daigne répondre que ce n' est pas possible, alors Alan sort sa botte secrète :" Et demain midi, accepteriez-vous de déjeuner avec moi...je pourrais vous prendre chez vous...ainsi que votre maman..."
Rien à faire, la belle, que je savais pourtant célibataire, resta impassible et finit par quitter la loge avec sa maman, mais sans chevalier servant.
Ouf ! Je pouvais enfin m' installer au premier rang, bien calé devant la ballustrade, tout en lorgnant Alan qui faisait une tronche pas possible. Il finit par partir sur le coup de minuit.
J' étais placé juste en face du stand de l' OSCA n° 42 de De Tomazo (le futur constructeur de voiture) et Colin Davis (pas le chef d' orchestre)
Ce petit bolide rouge tournait comme une horloge, si je puis dire. Malgré la pluie, son petit son cristallin ne faiblissait pas et elle alignait les tours avec une régularité exemplaire.
Le stand était vide sauf qu' une jeune femme, assise sur un pliant en bois, chronométrait et pointait tous les tours.Vêtue d' un imper et coiffé d' un foulard, on ne pouvait dire, même avec  des jumelles, si elle était belle.
mais j' avais 15 ans, c' était une italienne, j' étais certain qu' elle était mignonne...et quelle conscience professionnelle. Je ne la voyais jamais quitter son poste pour se détendre.
Ce n' est qu' au petit matin que quelqu' un vint la relever. L' horizon commençait à pâlir du côté de Mulsanne, les meccanos commençaient à revenir dans les stands...Le charme de la nuit était rompu entre ma petite italienne et moi.
L' OSCA n° 42 termina 11° au général et gagna l' indice énergétique.
P.Hill et Gendebien gagnèrent la course et Behra finit à la 3° place après avoir fait un festival sous la pluie avec sa Porsche 1500 cm3.
Après 18 heures passées au même endroit à entendre des moteurs tourner à pleine charge, il vous reste des séquelles dans les oreilles. Je crois me souvenir que toute la soirée du dimanche et toute la journée du lundi, j' ai cru entendre le bruit de voitures dans ma tête et particulièrement celui de l' OSCA.

ALAN LADD

ladd.jpg osca.jpg

Par marc morvillers
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Mardi 24 juillet 2007 2 24 /07 /Juil /2007 15:46
Quand revient l' été de Justin CRONIN chez Mercure de France 516 p. 2007

Un grand roman que vous lirez d' une traite. L' auteur est l' un des meilleurs romanciers américains du moment. La traduction est  faite par l' excellent Pierre Charasse (Bonne nuit, doux prince)
Le personnage principal est un site de pêche aux confins du Maine, endroit paradisiaque pour les amateurs de paysage d' une pureté sauvage. Quatre générations vont se succéder dans un motel qui accueille les touristes : Le grand-père Joe, défiguré à la guerre 39-45, son fils Joey sera contraint par son père de déserter pour éviter le Viet-Nam, la petite-fille Kate qui fait médecine et la dernière ligne du roman sera pour l' arrière-petite fille qui vient de naître. Un milliardaire qui vient passer ses vacances tous les ans au domaine aura une aventure avec Lucy, la femme de Joey. Beaucoup de drames, de maladies pour cette saga qui évite le mélo et met en valeur les grands sentiments humains.
Il ne faut pas passer à côté d' un tel livre, même si les quand-revient.jpg flash-back incessants peuvent perturber certains lecteurs.
Par marc morvillers
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Lundi 23 juillet 2007 1 23 /07 /Juil /2007 14:09
Si le GP d' Allemagne 2007 restera dans les mémoires, celui de 1968 y est encore bien gravé, du moins pour les gens de ma génération. Il figure d' ailleurs dans le top 3 des GP les plus mythiques classés récemment par Auto-Hebdo. 
Fort de mon expérience de 1963, je décidai ma femme à passer quelques jours dans le massif de l' Eiffel en lui vantant les mérites de la Forêt Noire, ses chalets perdus dans la montagne, ses petits lacs entourés de verdure, ses petits hôtels avec des couettes d' une douceur inavouable....
Notre budget étant très limité, l' hôtel réservé était loin de nos rêves, d' ailleurs il faisait aussi boîte de nuit et nous n' avons pas fermé l'oeil la veille de la course.
Vendredi, il pleuvait des cordes.
Samedi, il pleuvait  des longes et le haut du circuit était pris dans un brouillard épais. Nous avons déjeuné avec les pilotes et tout le cirque de la Formule 1 de l' époque qui était beaucoup plus accessible qu' aujourd'hui. Il y avait un seul restaurant sur le circuit ( genre  grande salle des fêtes), en face des stands, et l' on pouvait
 s' asseoir à une table à côté de Ickx ou de Stewart.
Le dimanche c' était l' apothéose, le brouillard, en plus de la pluie, étalait sa densité opaque sur les 22 km du circuit et les 200.000 spectateurs.
Nous pensions que le GP serait annulé. Au premier rang, penchés sur la balustrade, nous avions du mal à distinguer la piste. Les spectateurs pataugeaient dans une boue infâme. Il fallait bien tromper son impatience car le départ était retardé de minutes en minutes, les allemands mangeaient force saucisses et buvaient force bières. J' en vis un s' étaler dans la boue avec les bras chargés de victuailles, il ramassa les saucisses dans la boue, les remit sur le pain, la boue avait la couleur de la moutarde...
On nous annonça que Graham Hill ferait un tour pour voir et décider...Et l' on vit passer le moustachu dans sa Lotus rouge et or...Un quart d' heure après la course s' élança.
Stewart accomplit ce jour là l' exploit de sa vie de pilote. Il conduisit comme s' il avait des yeux "spécial brouillard", on a beaucoup écrit sur le fait que, tireur sélectionné aux JO, il avait effectivement une bonne vue. Je pense surtout qu' il s' est surpassé et qu' il était dans un jour faste. Il colla 1/2 tour à G.Hill et un tour à tous les autres.
Le lendemain matin au moment de payer la note de l' hôtel, nous eûmes la désagréable surprise de constater que le tarif sur lequel nous nous étions basés pour réserver était pour une personne et non pour deux...
Notre statut de jeunes mariés n' a pas amadoué le patron et nous sommes rentrés en Picardie directement, sans un sou en poche....
Par marc morvillers
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Mercredi 18 juillet 2007 3 18 /07 /Juil /2007 15:15
LE PERE ADOPTE  de Didier Van Cauwelaert chez Albin Michel mars 2007 280 p.

Beaucoup de tendresse dans ce livre qui ne se lit pas comme une biographie, mais comme un hymne à un être aimé. C 'est foisonnant et un peu brouillon parfois, cela n' empêche pas le lecteur de se régaler d' anecdotes savoureuses. L' auteur envoyait déjà des manuscrits aux éditeurs à l' âge de 9 ans, son père (le héros du livre) fût son seul supporter jusqu' au démarrage de sa carrière littéraire. On aborde plein de sujets graves, mais sous un angle positif et gai : les premières amours, la maladie incurable, les messages post-mortem des êtres disparus etc, etc...On y croise JP Sartre, Greta Garbo, Jacques Chancel et d' autres personnages moins célèbres, mais truculents. 
En refermant le livre, on se dit que le père de Didier est de la même veine que ceux de la famille Jardin.
Par marc morvillers
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Mardi 17 juillet 2007 2 17 /07 /Juil /2007 15:27
Il suffisait de demander quelque chose d' un peu fou à mon père pour qu' il dise oui. 
J' avais 20 ans, c' était les vacances, l' idée d' aller assister au GP d' Allemagne me passa par la tête. Comme j' aime bien partager mes plaisirs, emmener 4 frères avec moi me semblait une bonne idée.
Avec un break ID 19 et 2 tentes, nous partîmes le jeudi matin de bonne heure. D' Amiens, il faut gagner le Luxembourg ( pas d' autoroute à cette époque) et le massif de l' Eiffel se trouve au-delà du Luxembourg, pas trop loin. Nous ne nous sommes même pas posés la question du contrôle aux frontières, c' est dire la naïveté de cette opération. En fait, heureusement, nous n' avons pas été contrôlés. Personne n' avait la majorité et certains de mes frères n' avaient même pas de carte d' identité. 
Aux abords de circuit, nous nous sommes retrouvés derrière le camion BRM. Sans aucun complexe, nous nous sommes dits que si l' on arrivait à marquer BRM sur notre break, nous pourrions peut-être entrer au paddock.
Il y avait une trousse d' urgence dans la Citroën paternelle avec un rouleau de sparadrap. Cela fit notre affaire. Notre véhicule étiqueté BRM rattrapa sans peine le camion qui peinait dans le massif montagneux. Nous le suivîmes jusqu' au circuit et pénétrèrent derrière lui au Paddock sans aucun problème. Là, nous fîmes de superbes photos de Clark, Brabham, Surtees, Graham Hill etc...etc...
Le soir, nous ressortîmes facilement et allèrent installer nos tentes dans un recoin du circuit. Dormir avec les campeurs allemands qui font la fête à côté, relève de l' utopie. Mais bon, nous n' étions pas là pour dormir.
Lors de la scéance d' essais du vendredi, il se produisit un incident que nous avons gardé en mémoire et qui fût notre récompense pour ce voyage un peu fou. 
Dan Gurney qui pilotait pour Brabham tombe en panne juste devant nous. Nous étions quasiment au bord de la piste. Quelques minutes après, Jack Brabham, lui-même, arrive à 200 à l' heure, pile devant son coéquipier et vient voir se qui se passe. Il lui manque un tournevis pour dévisser le capot. Il nous demande si nous n' avons rien sur nous et plus précisément une pièce d' 1 pfennig qui pourra faire l' affaire, nous n' étions pas riche, mais 1 pfennig, ça, nous l' avions. Je ne me souviens plus si Jack nous a rendu la pièce, sinon, nous sommes en compte avec lui depuis 44 ans.
La course le dimanche, ne fût pas trop captivante : Clark finit deuxième avec 1 cylindre en moins, derrière Surtees et sa petite Ferrari. Attendre 9 minutes entre chaque passage (le circuit faisait 22 km) est assez barbant. Les allemands en profitaient pour boire une bière dans leur tente et revenaient au bord de la piste dès qu' ils entendaient la sirène hurlente du 8 cylindres Ferrari.
Il y avait un dénommé Collomb qui finit dixième, ce français était encore plus fou que nous. Il transportait sa Lotus perso derrière un break, il était seul pour faire la mécanique et tout le reste (entre autre le pilotage...) Après le GP, il mettait sa Formule 1 sur sa remorque et roulait toute la nuit pour être à son travail lundi matin. Il avait passé une annonce dans Sport-Auto pour trouver un chauffeur pour le break et faire de la mécanique éventuellement.
J' avais répondu évidemment, mais je pouvais faire chauffeur et non mécano. Il m' a écrit gentiment de continuer mes études.
Par marc morvillers
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Vendredi 13 juillet 2007 5 13 /07 /Juil /2007 13:52

Tous les jeudi après-midi,  j' essaye de contribuer à l' intégration de personnes nouvellement arrivées en France, généralement pour y retrouver leur conjoint déjà installé, ou pour se faire soigner. Cela dans le cadre de l' association Cardan.
Nous sommes une soixantaine de bénévoles, la plupart retraités comme moi, souvent anciens enseignants.  

Actuellement, le cours est plutôt calme car un tiers de mes élèves est en vacances au pays, un autre tiers reste à la maison pour garder les enfants, avec le tiers restant, on fait des révisions.
La semaine dernière, surprise ! Une nouvelle s' est jointe à mon petit groupe.
En fait, il s' agit d' une vague cousine d' une fidèle élève qui est venue passer quelques jours en France. Pas belle, belle, mais un certain charme , très souriante et jeune, portant le voile, mais un voile de couleur bleu  clair assorti à ses vêtements. On aurait dit la Sainte-Vierge à Lourdes...
Elle est marocaine et s' exprime correctement en français. 
-As-tu été scolarisée au Maroc ?
-un peu.

quand elles disent un peu, cela veut dire qu' elles allaient à l' école quand leurs mères n' avaient pas besoin d' elles à la maison, au contraire des garçons qui  eux,  ont une scolarisation normale.
-As-tu appris le français à l' école où le parlais-tu avec ta famille.?
-non, pas du tout, uniquement l' arabe.

Nous commençons le cours et je m' aperçois vite qu' elle comprend tout avec rapidité, que son intelligence est bien supérieure à celle des autres (autant que je puisse en juger). Les mots difficiles sont , pour elle, vite assimilés et compris dans leur contexte.
Quand les autres élèves eurent fait la même constatation que moi, elles se sentirent en infériorité par rapport à cette nouvelle qui avait toutes les qualités. Non seulement, elle présentait bien, mais en plus elle était souriante et elle les enfonçait carrément au niveau de la compréhension. J' ai senti que les visages se fermaient, j' ai senti de la réticence à répondre aux questions. Même la meilleure des anciennes n' étaient pas à l' aise.

Ce phénomène existe partout, pas seulement dans l' enseignement. Faites venir une nouvelle secrétaire dans un bureau habitué à ronronner gentiment avec quelques anciennes...vous verrez les dégats...et ceci est valable aussi pour les hommes...

Cette semaine, la nouvelle n' est pas revenue, l' ambiance était plus détendue.

Par marc morvillers
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Jeudi 12 juillet 2007 4 12 /07 /Juil /2007 19:24
L' ELEGANCE DU HERISSON de Muriel BARBERY chez Gallimard  2007  350p.

A mon avis, c' est l' un des 3 meilleurs romans de l' année. 
L' histoire se passe dans un immeuble cossu d' un beau quartier de Paris. La concierge, veuve, est très cultivée, mais fait tout pour le cacher : dame, ce n' est qu' une concierge ! Elle raconte par petits chapitres la vie de ses "clients". Dans un des appartements, loge une petite fille Paloma, surdouée, qui veut mettre fin à ses jours, car, comme beaucoup d' enfants surdoués, elle a du mal à cohabiter avec son entourage.
Arrive un nouveau locataire, un japonais extrêmement cultivé lui aussi, qui va flairer ( presqu' en même temps que Paloma), le véritable "niveau" de la concierge. ce trio va former une trinité magique.
Ce livre est un festival de drôleries, de cultures (littérature, peinture, musique ) et...d' amour. la fin vous boulversera.
Dur pour l' auteur de faire aussi bien la prochaine fois !
Par marc morvillers
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