Voici un petit résumé de ce que j' ai lu en juillet-août. Ces commentaires ont
été rédigés à brûle-pourpoint, je ne les ai pas modifiés ensuite.
BLASPHEME de Asia Bibi, je commence par celui-ci car si vous
n' allez pas jusqu' au bout de l' article il est important que vous ayiez lu au moins ce commentaire.
Du fond de son cachot nauséabond de 3mx2, Asia raconte comment elle a été condamnée à être pendue par les extrémistes pakistanais. C' est révoltant ! On ne peut qu'
être scandalisé devant tant de méchanceté. Il se passe en 2011, en ce moment même où vous lirez ces lignes, des choses aussi abominables que pendant la shoa ou du temps des goulags en Russie. Les
gouvernements qui soutiennent ces bourreaux ne sont pas dignes de sièger à l' ONU.
Asia, qui est chrétienne, est condamnée parce qu' elle a trempé sa timbale dans un baquet d' eau où se servaient des femmes musulmanes...Deux ministres qui la
défendaient devant le monde entier ont été exécutés par des extrémistes. Les droits de ce livre serviront à nourrir ses enfants et son mari, obligés de se réfugier pour survivre.
INTUITIONS de Dominique Dyens.
Ce livre est un suspens psychologique, presqu' un thriller. Nous sommes dans la grande bourgeoisie habitant ST Germain-en-Laye. Un couple, dont le mari, Philippe,
est avocat et la femme, Nathalie, agent immobilier. Une fille, Amélie, 15 ans, assez rebelle et un fils en stage aux USA. Le mari ne touche plus sa femme depuis quelques années. On sent que ça va
craquer mais Nathalie est très pieuse et ne se décide pas à franchir le pas de l' adultère ou du divorce.
Soudain arrive une nouvelle par SMS, simultanément sur les téléphones de Philippe et de Nathalie : le fils revient pour se marier avec Gala, une française.
Branle-bas de combat !!! Qui est cette fille ? Est-elle de leur niveau ? Comment se fait-il qu' elle ait vécu à St-Germain pendant son enfance ? Et surtout, pourquoi Nathalie tient fermée en
permanence une chambre, objet de toutes les interrogations d' Amélie ? Un bon suspens, le dénouement est un peu compliqué pour moi.
PISE de Dominique Fernandez (voir article 20)
HOMO ERECTUS de Tonino Benacquista .
Pas de quoi se relever la nuit, mais plaisant à lire et original.
Des hommes se réunissent tous les jeudis soirs pour raconter leurs histoires de couple ou leurs histoires tout court.
L' auteur a choisi 3 d' entre-eux qui ont des atomes crochus et qui finissent la soirée derrière un dernier verre. Il y a Denis, le serveur de restau, qui fait une
déprime et se retrouve au sortir de l' hôpital dans son appart, avec une femme qu' il ne connaît pas. Il lui a ouvert avec beaucoup de réticences et après force palabre sur le pas de la porte. On
saura seulement à la fin la causalité de cette intrusion énigmatique.
Il y a Yves, le poseur de fenêtre, qui se paye des prostitués plusieurs fois par semaine.
Et Philippe, le philosophe, qui vit avec une des plus belles femmes du monde, laquelle l' emmènera pour une scéance photos en Asie du sud-est au moment du
tsunami.
On suit ces trois hommes tour à tour. On finit par s' en lasser un peu sauf que l' intruse de Denis maintient un petit suspense.
C' est bien écrit. Benacquista nous avait habitué à mieux question humour.
LA JEUNE FILLE A LA PERLE de Tracy Chevalier.
Un des meilleurs romans concernant la vie d' un peintre. Le film qui a suivi, avec Scarlett Johanson, ne démérite pas.
L' auteur retrace 3 année de la vie d' une jeune fille, Griet, qui rentre, à 16 ans, au ser
vice du peintre hollandais Vermeer. Il n' était pas célèbre de son vivant, loin s' en faut. D' abord employée comme bonne à tout
faire, le maître ayant repéré chez elle une certaine attirance pour la beauté et spécialement les couleurs, va lui demander de préparer ses peintures. Ce qu' elle devra faire en cachette et en
plus de son travail habituel car la femme de Vermeer, la belle-mère et les grandes filles vont tout de suite la prendre en grippe et lui rendre la vie impossible. On se rend compte que l' artiste
et Griet, belle et pure, ont une attirance l' un vers l' autre mais il n' y a pas plus de deux ou trois phrases pour nous le suggérer, c' est tout l' art de Tracy Chevalier.
Un des principaux commanditaires de Vermeer lui demande avec insistance de prendre Griet comme modèle. Le maître s' éxécute et demande à Griet de poser mais cela
devra se faire en cachette de sa femme et de la maisonnée, ce qui occasionne pas mal de problème...
Ce que je n' arrive pas à savoir, c' est le degré d' authenticité de cette histoire. Le tableau existe, le fille a existé, la famille aussi, mais le reste ? C' est
tout le talent de l' auteur de nous avoir fait pénétrer comme des petites souris dans cette maison flamande où on été peints les plus beaux tableaux du monde.
UN IMMENSE ASILE DE FOUS de Louis de Bernières
Beaucoup de nostalgie dans ce livre qui raconte des anecdotes survenues dans un petit village campagnard de l' Angleterre. A part une des histoires qui traîne en
longueur, on trouve toujours de quoi sourire si ce n' est franchement rire. Dans sa postface l' auteur nous explique que toutes ne sont pas forcément vraies, mais qui l' en blâmerait ? Il est
beaucoup question d' animaux et d' automobiles anciennes. Mais ce qui domine par dessus tout , c' est le sentiment que ce passé révolu était bien plus intéressant à vivre que le présent monde
moderne. On a envie d' aller faire un tour dans le Surrey où se trouve ce petit village, les gens dont parle l' auteur ont bien sûr disparu mais il reste peut-être leur âme.
ARRETEZ-MOI LA de Iain Levison
Un roman bien construit, sans temps mort, qu' on lit d' une traite. Le narrateur et héros du roman est chauffeur de taxi. Une nuit, il monte une femme à l' aéroport
et la conduit chez elle. Cette dernière a une fille de 12 ans qui va disparaître et la police va tout de suite penser qu' elle est morte. Le chauffeur de taxi qui n' a rien à voir dans ce supposé
rapt, va être accusé à cause d' une succession d' éléments négatifs pour lui. C' est une proie facile pour l' enquêteur. L' auteur va nous montrer toutes les imperfections de la justice
américaine. Le lecteur va haïr le juge et le procureur qui vont maquiller la vérité pour que LEUR coupable soit condamné. On ne peut pas en dire plus sans anéantir le suspens.
C' est le roman le plus jubilatoire que j' ai lu cet été.
TU VERRAS de Nicolas Fargues
Les premières pages sont assez nébuleuses, mais heureusement on arrive très vite sur le fond de l' histoire à savoir la perte d' un garçon de 12 ans dans un
accident de métro. C' est son père le narrateur et un tour sur internet vous soulage le coeur : l' oeuvre n' est pas autobiographique sauf que lorqu' il avait 6 ans, ce garçon a failli passé sous
un autobus. De cette peur rétrospective, Fargues en a fait un livre qui vaut le coup d' être lu.
Beaucoup de remarques judicieuses sur les rapports père/fils dans un contexte tout ce qu' il y a de plus actuel. Il insiste lourdement sur les jeans "baggies" que
le jeunes portent au ras des fesses, il en parle à toutes les pages, mais je le comprends...La fin n' est pas banale car une amie de couleur (en fait une témoin de l' accident) lui conseille d'
aller en Afrique noire voir un gourou qui lui fera passer son chagrin. L' auteur connaît bien l' Afrique noire et ces dernières pages sont une très bonne façon de finir le livre.
Pas du tout mélo à partir du moment où l' on sait que c' est une fiction.
Lu encore : LA RIVIERE NOIRE de Analdur Indridason : j' ai de beaucoup préféré Hypothermie.
DU PLOMB DANS LE CASSETIN de Jean-Bernard Maugiron, un petit bijou que les gens qui connaissent un peu l' imprimerie ou la
Presse apprécieront encore plus que les autres.
L' ETE DE LA VIE de John-Maxwell Coetzee(prix nobel 2003)
Dans ce troisième volet de son autobiographie fictive, l' auteur sud-africain dévoile avec pudeur ses échecs et ses amertumes. Pas rigolo mais accessible.